12/02/2015

Blog en pause

Le présent ne nourrit pas ma prose actuellement bien qu'il soit particulièrement empli de bonnes ondes.

 

Je prépare mon nid, mon bureau, et je reviendrai sous une autre forme, rééditant "Veuve en devenir" (pour ceux qui m'ont suivie à l'époque), mais tentant de le réécrire de manière plus stylée et châtiée.  Un exercice de style en quelque sorte, pour une histoire qui avait de nombreux amateurs.

 

A dans quelques mois donc !

 

N.B.: à destination de Serrurier de Paris, non, je n'autorise pas la publicité sur mon blog, même en terme de commentaire.  La publicité nous pourrit la vie à tous, elle est bannie de mon espace

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09/12/2014

Zosio (117)

Poser une question c’est déjà y répondre à moitié ?

L’attente ne fut pas longue avant que l’histoire Pablo-Charles ne s’effondre comme un château de cartes.

Un silence de deux jours, puis le mail qui dévoile l’objectif de l’individu :

 

J'espère que tu vas bien et que ton état de sante s’améliore.

Pour Mélodie, elle me manque beaucoup et je l'ai tous les soir au tel mais vu que j'ai promis être là avant noël.

En ce qui concerne le dossier de mon amis,la banque ne m'a pas fait de cadeau sur les frais d’entretien à payer.

Il me demande de m'acquitté de la somme de 15.000 euros avant de pouvoir débloqué les fonds et j'ai contacté mon ami mais connaissant s situation financière actuelle,c'est pas du tout gagné car il a pu réunir que la somme de 1000 euros.

Le soucis est que moi je dispose de la somme de 10.000 euros,j'ai tout expliqué à la banque d'attendre que je rentre en Belgique pour pouvoir leur faire parvenir le reste mais ils veulent pas entendre raison.

C'était une entreprise locale ,ils veulent faire pression pour que l'argent sois réinvestis dans le pays pourtant une fois les fonds débloqués selon les textes moi je bénéficie de la moitié ce qui m'amène vers toi entant qu'actionnaire pour te joindre à cette affaire.Il nous faut juste trouvé le montant restant et je prend l'engagement de signer et faire valoir tous les documents te reconnaissant entant que bénéficiaire de cette affaire.

En quelques ligne voilà ce qui me retiens encore ici concernant cette affaire.

 

Prends soins de toi et il me tarde de rentrer pour te voir ainsi que ma petite fille.

 

Pablo 

 

Et la lumière ce fit…

 

Avec l’aide de ma grande amie, j’ai visité les sites qui parlent de ces personnes (hommes et femmes confondus) appelées « brouteurs ».  Voilà un mot de plus à ajouter à mon vocabulaire, jusqu’à présent je ne l’associais qu’aux bovins et autres mangeurs d’herbe. 

Le schéma se répète à l’infini et les victimes sont légion, les témoignages pleuvent sur la toile, certain(e)s femmes (hommes) marchent très bien dans l’arnaque au point de s’endetter, de vendre tous leurs biens, de prendre tous les risques.

Je ne m’étendrai pas ici sur les techniques, elles se rejoignent toutes et ont de nombreux points communs, les sites spécialisés en « arnaques internet » s’étendent à suffisance  sur ce sujet.  J’en ai profité pour apporter mon témoignage, ajouter les photos de l’individu déjà fiché avec d’autres photos de la même personne (lui ?  Sans doute pas), avec d’autres identités.  J’y ai retrouvé d’autres photos de brouteurs reconnus aperçus sur le site de rencontres.

Sans doute suis-je une cible idéale, en recherche, sur le tard, après de longues années de solitude, mais cette solitude ne m’a pas affaiblie, que du contraire…

Je viens de retrouver un nouveau cheval de bataille, et là-dessus, je me suis réinscrite sur un site de rencontres (gratuit cette fois), et je guette, j’épie, je fouille, je trifouille la fange humaine.  Je me place en appât, je joue le jeu tout en en connaissant les tenants et les aboutissants.  Traître ?  Lequel des deux est traître ?  Le manipulateur ou la « victime » ?

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02/12/2014

Zosio (116)

 

Pas envie de raconter mes râteaux successifs, alors j’ai pris le temps de vivre les événements au jour le jour, d’expérimenter, de m’endurcir, de tenter de comprendre, et soudain, mon amie Kat est venue m’assister pour ma seconde opération du canal carpien (hier) et comme je lui exposais mes rencontres et tous les points d’interrogations qu’elles soulevaient, elle a levé le voile sur une pratique qu’elle a elle-même expérimentée…

 

Deux cas typiques.  D’abord JM.  Croisé sur le site de rencontres.  Mon profil l’intéresse, il prend contact.  Je réponds et la conversation débute.  Il habite au-delà de Liège, son profil FB ne révélant qu’une photo (qui correspond) et les infos de base : originaire de Rennes, habitant Bruxelles…  Bon, pas de quoi fouetter un chat.  Il veut correspondre via le programme de conversation liant image et son, mais ne finit sa journée (import-export de matériel informatique) qu’après 22 h.  Etant encore en repos après ma première opération, j’en arrive à céder après de multiples refus à d’autres.  Mais l’image ne fonctionne pas, le son non plus, bref, c’est un vulgaire chat !  Il est séparé de la mère de sa fille.  Cette dernière a 16 ans et vit en France, ils se rencontrent via sky… tous les soirs avant qu’elle aille dormir…

 

Pour faire ma connaissance, il me pose des questions d’un intérêt évident : quelles sont mes couleurs préférées, qu’ai-je mangé au repas précédent, bref, ce qui va vraiment révéler ma personnalité.  Le chat dure des heures, je vois son crayon qui écrit, puis il se pose, puis il écrit à nouveau, puis se pose, puis écrit à nouveau, et entre chacune de mes lignes, il en écrit 5 ou 6.  Je lui fais très vite remarquer qu’il discute avec beaucoup de monde en même temps, mais ne relève pas l’allusion.  Vu que je découvre le programme de « dialogue », je ne me formalise pas.  Ne soyons pas suspicieuse tout le temps !

 

Au bout de deux semaines, il me propose une rencontre le dimanche suivant dans l’après-midi.  Bien sûr ses messages se terminent déjà par ses baisers langoureux et la manifestation de son désir impatient !

 

Le jeudi précédent, il m’informe de son départ imminent pour le Maroc.  Son frère y est décédé il y a quelques mois, et le notaire réclame sa présence de toute urgence.  Il part le vendredi.  Bien sûr, notre rendez-vous est compromis, mais il espère être de retour pour dimanche !

 

Il ne me parle pratiquement jamais de lui, de ce qu’il vit, même dans le moment, mais continue de me poser des questions sans intérêt.  Et oui, la composition de mes repas est un élément capital de ma personnalité !

 

Mais les administrations sont closes le WE, son séjour se prolongera au-delà de dimanche.

 

Et soudain, le samedi soir, ouvrant mon espace sur le site de rencontres, j’y découvre un message de sa part, presque en tous points identique à celui qui a conduit à notre prise de contact…

 

Mais c’est quoi ça ?  Je compare avec le premier message, non, il est un peu différent.  Je vérifie bien la date : effectivement, il date du jour.  Je lui envoie ma réponse via le site de rencontres, lui recommandant de noter sur un pense-bête les noms réels et les pseudos afin d’éviter ce type d’erreurs lamentables qui le trahissent !

 

Je reçois encore un mail dans ma boîte privée, toujours ce sirupeux « Ma douce » (tu parles d’une Douce, il ne me connait vraiment pas).  J’insiste pour qu’il me fournisse des détails sur son séjour au Maroc.  Sa réponse est édifiante : « le vol a duré autant d’heures, à mon arrivée j’ai été à l’hôtel, en soirée j’ai été chez ma belle-sœur qui m’a invité à dîner, elle avait préparé un couscous qui était délicieux, puis je suis rentré à mon hôtel ».  Mais tout cela est rempli d’imprévu !  C’est magnifique ce voyage !

 

Je suis très sèche dans mes réponses et lui conseille d’aller lire mon mail sur le site de rencontres.  Oh, ce n’est rien, m’écrit-il, c’est son premier message qui m’a été ré-envoyé par erreur, sans son intervention (of course).  Sur nos adresses mails privées j’insiste pour avoir plus de détails de son emploi du temps, et là, soudainement, il me dit qu’il va voir le notaire lundi pour les préparatifs du mariage !  Curieux, d’un décès et d’une succession on passe au mariage maintenant…  Sur le site de rencontres, très sèchement, je l’informe qu’il s’agit d’une nouvelle demande de prise de contact, et que la date est plus récente de deux semaines.  Lui ne revient jamais sur cette fenêtre et continue de me bercer sur mon adresse privée.

 

Je coupe les ponts.  Le lundi soir je reçois un dernier mail : « Ma douce, tu es là ? »

 

Et je pense sans l’écrire : « Pauvre con !  Tu sais ce qu’elle te dit TA DOUCE ?  Tu sais où tu peux te la carrer ?  Vas te faire voir, ma pause dinde a duré deux semaines, c’est bon ! »

 

Plus que quelques jours d’abonnement.

 

Vite contacter une ou deux personnes et leur donner mon adresse privée, une dernière chance d’amortir cet abonnement bidon.  Apparait un S qui me contacte spontanément et souhaite entreprendre un dialogue : 48 ans (8 ans plus jeune que moi).  Je me méfie et consulte google à son sujet.  Déjà, il existe vraiment et les renseignements concordent.  Il me communique son numéro de GSM sans demande de ma part.  Je suis donc plus en confiance.  Et la conversation mail s’installe, reste courtoise, l’échange est réel, il vit avec son fils de 14 ans, est fraîchement divorcé, et souffre d’un burn out profond depuis près d’une année.  Il est en dépression quoi !  Je suggère une rencontre, il accepte et la rencontre a lieu, elle se passe bien, nous restons attablés tout l’après-midi à parler.  Nous continuons nos échanges ensuite, mais je constate qu’il traîne maintenant la patte.  Pour le soulager je lui écris qu’il ne me doit rien et qu’il peut arrêter si c’est cela qu’il souhaite.  Je lui ai enlevé ses scrupules et depuis, il a disparu.  C’était son droit…  Et ça m’endurcit !  Même plus de déception, c’est normal…

 

Simultanément, Pablo est apparu.  Même avec son nom, google ne trouve rien à son sujet.  Les photos me conviennent, il se dit fiscaliste, a 58 ans, vit seul avec sa fille de 9 ans dont la mère est morte.  Il a engagé une nounou pour s’occuper d’elle et habite les beaux quartiers de Namur, soit la Citadelle !

 

Il veut absolument me connaître, échanger des mails, je compte beaucoup pour lui, c’est avec une femme telle que moi qu’il souhaite refaire sa vie, etc…  Je le tempère : je ne veux pas me retrouver mère de substitution d’une gamine de 9 ans, j’ai passé l’âge !  C’est pas maintenant que je suis libre de mes mouvements que je vais m’aliéner dans un rôle que je ne souhaite pas assumer.  Et puis, je préfère ma relation avec S qui poursuit, parallèlement, son chemin.

 

S ayant disparu, il me reste Pablo. 

 

Pablo se dit fils d’un napolitain et d’une française.  Mais il ne connait pas vraiment le français, ses fautes d’orthographe sont graves…  Mais est-ce un problème pour manipuler les chiffres ?

 

Lorsque j’ai proposé une rencontre réelle, il m’a invitée pour le réveillon de Noël !  Je lui ai pourtant bien spécifié que je ne supportais pas les fêtes commerciales programmées, et de plus je serai avec mon fils.  Cette rencontre est impossible !  Je veux d’abord le rencontrer seul dans un endroit neutre !

 

Il accepte, je le laisse aménager son temps.

 

Et voilà soudain qu’il quitte la Belgique, va au Mali pour tenter de régler un problème financier d’un de ses amis !  C’est dingue ça, il y a vraiment des amis en or, qui partent dans le nord du Mali sans peur d’enlèvement, qui mettent leur vie en jeu alors qu’ils ont la charge d’une enfant déjà orpheline de mère, qui obtiennent leur visa d’un claquement de doigts et qui sont sans doute déjà vacciné contre toutes les maladies dont il faut se prémunir pour entrer sur le territoire.

 

Pourtant, il me dit qu’il ne connait pas l’Afrique et sollicite mes conseils.  Ceux-ci lui serviront pour me gaver de ses mails qui parlent… de ce que je lui ai au sujet du pays !  La manœuvre est belle, mieux gérée que celle de JM !  Il est plus finaud le Pablo, même s’il ne connait pas bien l’orthographe.

 

Bien sûr, il espère rentrer très rapidement pour me rencontrer, il regrette de ne pas être là au moment de mon opération, c’est un malheureux concours de circonstance quoi !

 

Dimanche, avec mon amie Kat, j’évoque mes « aventures »…  Arrive un mail du « Mali », Pablo me souhaite le meilleur pour mon opération et signe… CHARLES !!!!!

 

Kat s’esclaffe !  Et me révèle ce qu’elle a elle-même fait à une époque de sa vie…

 

Sa fille avait quitté le nid, elle vivait déjà seule, et avait seulement son travail pour distraction principale (enseignante).  En jouant en ligne une espèce de scrabble, elle a fait la connaissance d’un homme qu’elle ne verra jamais, et s’est faite passer pour ce qu’elle aurait toujours voulu être : une jeune africaine de toute beauté.  Elle s’invente un nom, une histoire, précise qu’elle ne cherche pas de mariage, de papiers, elle a un permis de séjour en règle, est étudiante, etc…  Le soir, elle retourne à l’école qui est proche de son appartement et entretien le dialogue.  Elle se sent bien, épanouie, elle vit enfin, virtuellement, sa vie rêvée…

 

Quand la rencontre est programmée avec l’homme, elle invente n’importe quel prétexte plausible pour la reporter.  Elle doit précipitamment rentrer en Afrique !  Et comme elle n’arrive pas à se dépêtrer de ses mensonges, Kat est contrainte de tuer son héroïne !  Et la vraie Kat annonce à l’homme le décès de sa double africaine, car elles étaient très amies, la doublure utilisait la boîte mail de Kat, occasionnellement, Kat connaissait leur histoire virtuelle…  Bref, elle s’en sort avec une pirouette ! 

 

Kat m’assure que Pablo va m’inventer n’importe quoi pour justifier son lapsus : CHARLES.

 

Bien sûr ma réponse à Pablo ne comporte qu’un seul mot : « CHARLES ????? »

 

Et le lendemain, la réponse tombe : « C’était l’anniversaire du décès de mon père qui s’appelait Charles, et je pensais tellement fort à lui que j’ai signé Charles au lieu de Pablo. »

 

Ma réponse : « Charles n’est pas vraiment un prénom napolitain. »

 

Lui : « Oui, mais il s’appelait Charles. »

 

Je profite de mon plâtre pour justifier mon silence et mes mails très brefs.  J’attendrai son « retour » et notre « rencontre » pour laquelle il brûle d’impatience…

 

 

 

Mon interrogation est simple et légitime sans doute : quels sont les personnes qui jouent à ce jeu ?  De quel mal souffrent-elles ?  Je ne pourrais jamais entrer dans la peau d’une autre pour le plaisir de risquer faire souffrir un inconnu, éveiller des espoirs de perfection.  Que cache ce machiavélisme ?  Quelle sournoise vengeance cherche-t-ils (elles) à satisfaire ?

 

 

 

J’interroge Kat à ce sujet.  J’ignore si elle se sent coupable, je sais que c’est l’unique fois qu’elle l’a fait…  Voici ce qu’elle en dit :

 

 

 

« Alors, moi, j'ai arrêté le jeu pour plusieurs raisons. Le fait que le gars voulait venir à Bxl pour me voir, mais j'avais déjà décidé d'arrêter puisque je faisais repartir Awa en Afrique ( là, moins d'internet > peu de possibilité de continuer à entretenir la "liaison") et puis aussi, je me rendais compte que j'ai aussi eu peur d'entrer dans la folie, de ne plus vouloir que devenir cette Awa à la peau noire... Je n'ai pas trop  pensé au gars puisque il était virtuel, je ne connaissais pas sa peau, même pas son image (il ne m'a jamais envoyé de photo > lui aussi avait peut-être des choses à cacher...ou il jouait aussi un jeu, j'en sais rien). Mais le fait de faire mourir Awa, tuée par un mari jaloux...( > "me" faire mourir), j'aurais dû sans doute le travailler en psychothérapie, était-ce un suicide virtuel?un déni de moi? ...?  Tout cela s'est passé en 2000 et ça n'a duré "que" un ou deux mois. Le virtuel, c'est dangereux, c'est faussé. Fais gaffe, ne fais pas confiance aux relations virtuelles, prends cela au deuxième degré, comme si tu jouais dans un film. »

 

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