20/04/2013

Après (1)

Voilà, l’histoire est finie, les notes anciennes s’effacent.

Tirer un trait, admettre ma peine, ma frustration d’amour, de reconnaissance, de respect des engagements pris.  Il devait être écrit quelque part que je n’avais pas droit à avoir ça.

Les larmes sont presque taries, la peine reste maîtresse de moi et me paralysie.

Il sait, il savait que notre durée était compromise, ça s’est passé comme ça pour chacun de ses couples entrepris.  Il en connait la cause : incapable d’aimer parce qu’il ne sait pas s’aimer lui-même.  Mais il cultive son désamour, il refuse toute assistance, même s’il est capable de mettre le doigt dessus.  Ça s’appelle du masochisme, teinté d’une bonne part de sadisme, parce qu’il m’a entraînée dans son sillage, et poussée au fond du désespoir, sans remord, sans inquiétude.

Il est passé ce matin, me signer une reconnaissance de dette et emporter quelques sacs et machines. 

Non, il n’a rien lu de mes messages qu’il me permettait de lui écrire, il n’a pas ouvert son pc depuis qu’il m’a quittée, ni ses sacs, non, rien.  Il se lamente sur lui-même et repousse ses responsabilités sur les autres, sur son patron, sur son entourage immédiat, mais pas sur lui, lui c’est la victime immortelle d’une vie qui lui en veut.

Quel que soit l’endroit où il vivra, il vivra comme ça.  Se victimisant. 

J’avais ma journée pour le tri des outils.  Il n’a pas su, il est tout de suite disparu.  Non, impossible pour lui de nettoyer ses traces.  Demain…  Oui, demain…  Ou jamais comme pour le reste qui est toujours remis à demain, un demain qui n’existe pas.  Un demain qui devrait lui être salvateur, qui devrait effacer tous ses manques, d’un simple coup de baguette magique.  Demain il refera de la musique, demain, il refera de la sculpture, demain il sera heureux, il s’épanouira, il se réalisera.  Demain, si son charme ne se fane pas trop vite, il pourra séduire une autre dinde pour me remplacer et qui lui assurera un hiver au chaud.

Ce n’est sans doute pas un hasard que le clash arrive maintenant, c’est les premiers beaux jours, la cigale recommence à chanter pour l’été…

Je lui ai demandé pourquoi il n’était même pas passé pour prendre de mes nouvelles, et bien simplement parce que lui n’allait pas bien !  Normal, évidemment.  C’est moi qui suis larguée, et c’est lui qui ne va pas bien.  Je crois avoir déjà entendu ça quelque part…  La tête dans le sable…

Et moi, je n’ai qu’à apprendre à gérer ma peine.  Je peux lui envoyer des messages, il ne les lira pas.  Je suis dénuée d’intérêt.  Alors, à qui parler si ce n’est à cette page blanche ?  A qui confier tout ça ?

Si j’ai des amis, peu, mais des gens qui m’épaulent et qui entendent ma peine.  L’un d’eux vient me chercher ce soir, il me sort, le temps d’une soirée, le temps de souffler un peu, le temps de parler d’autre chose, de me distraire, sans faire de vague, je ne veux provoquer aucun dégâts collatéraux, mais il m’a assuré qu’il n’y en aurait pas.  Il vit seul et est libre de ses mouvements.  C’est mon grand frère d’adoption, un homme solide, une épaule sur laquelle épancher ma peine, et tenter de reprendre pieds.

Non, je ne crois pas qu’il me reviendra, comme aucun des hommes qui m’ont quittée ne me sont revenus, même si parfois ils ont connu le remord. 

Non, je n’ai droit qu’à la clandestinité et au silence…

Il ne me reste que mon clavier…

 

11:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Ton message, son sujet, me renvoies 8 ans en arrière...
Aujourd'hui, je pourrais juste dire qu'"il ne me reste plus une larme, juste une douleur".

Oui, le clavier et un blog, peuvent être des sas de décompression, des bouées... ce fut mon cas en ouvrant mon blog il y a 4 ans ( http://khayaa.canalblog.com/archives/2009/08/07/14674146.html ) et c'est le cas de tant d'autres.

Je te souhaite de trouver du réconfort à t'épancher ici et tu es la bienvenue ailleurs ; je souhaite, surtout, que ton coeur se rétablisse plus vite et mieux que le mien.

Tu as la chance d'être bien entourée (ou simplement entourée, c'est déjà pas si mal et c'est une bénédiction... je n'ai pas eu cette chance à l'époque).

Prends soin de toi...
Bises.

Écrit par : Khayaa | 08/06/2013

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Bonjour Khayaa, et d'abord, merci pour ton intérêt. Et oui, les ruptures, les chagrins, les sentiments que personne ne veut entendre trouvent leur place ici, dans l'anonymat, pour ne pas faire de vague et malgré tout, trouver des oreilles ou des yeux qui nous sont indispensables.
Bises

Écrit par : Zosio | 09/06/2013

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