25/04/2013

Après (7)

 

Non mais c’est quoi ce bordel ? 

La journée se passe super cool, encore qu’ennuyeuse à périr.  Puis, passage à la pharmacie chercher les médocs de Dam, pour lesquels je lui avance encore le fric, de même que pour son sandwich de midi.  Depuis notre rupture, en plus de ses cigarillos, nous en sommes à 107 € que j’entends bien récupérer dès la paie.  Le long de la route, je m’en explique : j’interviens dans tes frais de soins, de désintox, rien d’autre !  Bon, les cigarillos, je sais qu’il les paie plus cher à la pompe, et si ça peut lui éviter d’y passer, ben ce ne sera que mieux.

Puis, acheter ma dose de bière pour la soirée, puis, retour maison, les voisins d’en face qui l’interroge : samedi dernier :

-        Ça ne va plus avec madame ?

Aujourd’hui :

-        T’es de nouveau avec madame ?

Non mais de quoi je me mêle ?  Vas te faire voir pauvre type !, J’ai aucun compte à te rendre !  Si tu savais ce que madame à te dire, tu ne l’ouvrirais pas.

Bon, pas grave, pas de quoi me gaver.  Je vis dans un village, je dois en admettre les codes.

Mais nous reprenons la conversation d’hier au sujet de son (sa) doc, de jusqu’où je suis décidée à aller, de jusqu’à quand.  Je définis clairement, plus clairement que ça, c’est pas possible.  Il lui a encore menti, et disant qu’il voulait faire sa cure de désintox alcoolique, et que j’irais aussi dans le même sens, alors qu’avant qu’il n’y entre, je lui avais bien précisé qu’il devait lui avouer que nous étions séparés… J’interviendrai pour ne pas qu’il demande à sa mère, dans ses soins, dans sa cure, des avances de fric.  Il me remboursera au mois par mois ou je le lâche.  Le reste de ses envies, j’en ai rien à secouer !  Et ça ne marchera que le temps pendant lequel je croirai encore que notre relation n’est pas totalement morte.  Parce que j’ai encore la naïveté de croire que tout n’est pas mort, que ce n’est pas possible.  Je n’irai pas au-delà.  Si je décide de virer de bord, je le ferai, sans arrière-pensée.  Je veux ressentir de l’amour pour moi, et je n’en ai pas, de lui pour le moins, hors c’est là que je l’attends.  Je peux encore en donner un peu, mais juste le reste du reste. 

Soudainement, il voit le cul d’une écolière, en short.  Il en perd son latin, enfin, son français…  Il se trouble et démarre sur mon jean’s qui me fait un cul d’enfer.

-        Non, si j’ai un beau cul c’est pas à cause du jean’s, c’est parce que j’ai un beau cul !  c’est pas le pantalon qui fait le cul, c’est le cul qui fait le pantalon !

Voilà, j’ai semé le trouble dans son esprit…  Il me faut trouver un autre sujet de conversation, histoire de détourner l’envie soudaine, l’éveil des sens.  J’arrive encore à le troubler.  Bon, je wait and see hein !!!  Mais je suis super sur mes gardes !

Et puis toutes ces bonnes résolutions, jusqu’où iront-elles de part et d’autre.

Et puis, l’appel de Fabi.  Non, son opération n’a pas eu lieu !  Un urgence est arrivée en hélicoptère, et les chirurgiens se sont penchés sur ce problème.  On l’a fait attendre toute la journée, mais après 6 heures d’opération sur l’urgence, il n’était plus possible de la prendre en charge. Alors, elle est conviée à rentrer chez elle, en France.  Il faudra trouver une autre date…  Elle qui attendait, qui se préparait à cet instant, espérant souffrir physiquement pour oublier sa douleur de la perte de son chien, de Clovis, la voilà revenue au point zéro.  Encore sur une voie de garage.  Par bonheur elle a Johan, elle est épaulée, mais nous sommes, toutes les deux, des éclopées de la vie, c’est certainement pour ça que nous nous comprenons quand nous évoquons nos vies.  Vies de merde, vie de plaisir, selon l’instant.

Mais pourquoi enfantons-nous ?  Pauvres tarées de femmes que nous sommes devenues ?  Par chance, Fabi n’a pas d’enfant, mais elle n’a plus aucune famille non plus.

Et j’analyse les rapports de ex-belle-doche avec ses enfants : trois fils, castrés d’office, et une fille, sur le tard, l’inverse de chez moi.  Mais la fille, tellement inespérée, elle a choisi son bord, elle est homo, et sûre qu’elle tient le rôle du mâle dans le couple.  Elle manque tellement de féminité !

Sa mère m’a extrêmement choquée quand elle m’a annoncé qu’elle voulait que son enfant vienne au monde le jour qu’elle avait choisi, comme pour chacun de ses enfants !  Elle décidait d’accoucher à tel moment, il fallait que ce soit ce moment.  Pour sa dernière, qui devait encore couver deux semaines, elle est partie à l’hosto, prétendant que le travail avait commencé.  Il n’en était rien.  Mais en l’auscultant, les infirmières ont percé la poche des eaux et l’accouchement a dû être provoqué.  La mère voulait que sa fille vienne au monde à la même date que son troisième fils.  Qu’est-ce que la maternité sans respect pour ses enfants ?  J’aimerais tellement que Dam se rende compte de la manipulation dont il fait l’objet depuis près de 40 ans…

C’est une honte à laquelle je ne peux souscrire.  Je commence à haïr cette femme instable et autoritaire, castratrice et vindicative.

Pourquoi inscrire sa descendance dans sa déchéance personnelle, pourquoi se venger de la sorte sur des êtres sans défenses ?

Je suis outrée, scandalisée, et toujours en attente de reconnaissance.  Nous sommes tous en attente de reconnaissance, d’amour de nos ascendants, mais ça n’arrive pas souvent.  Et le Dam, il y a peu, il a appris la disparition d’un de ses demi-frère.  Il voyait sa photo à chaque fois qu’il allait à la pompe, sur « Child focus » et ce jeune gars portait le même prénom que mon fils.  Et il a été retrouvé, cadavre, dans un bois.  Et les obsèques ont eu lieu, et il n’y a pas été, pas envie de rencontrer son géniteur qui l’a tellement battu, maltraité, trompé et battu sa mère adorée.  Mais de ce demi-frère, jamais connu, il a souffert de sa fin tragique, de sa lâcheté de ne pas assister à ses obsèques.

Oui, je sais, je suis encore dans le maternage, loin de ma condition de femme.  Il faudrait que je retourne dans mes notes de ma dernière thérapie.

Bordel, je suis une femme avant d’être une mère !!!!  Ingérable confusion des genres.

Qui suis-je, où vais-je ?  Dans quel état j’erre ?  (Waf waf…)

20:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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