01/05/2013

Après (10)

1er mai passé !  Journée hors du temps seulement B&B, à comprendre  tels que Boire et Bêcher (pas la peine d’imaginer autre chose hein !).  Manger, c’est pour quand on aura envie de vivre, soit pas encore pour aujourd’hui.

Dam n’a pas apprécié mon dernier petit mot, devenu mot journalier, petit mot glissé dans sa poche, à lire en soirée, quand il est seul dans sa chambre, « chez lui » soit chez sa mère, une nouvelle tradition par laquelle je tente de le maintenir vivant, quotidienne, et il attend son petit mot du jour.  Et chaque jour, je lui déclare mon envie qu’il vive, qu’il tente de continuer, mais il ne vient me voir que pour son besoin de fric.  Quelques heures de boulot, et voilà la paie qui tombe !  Juste de quoi couvrir ses besoins quotidiens quoi !  Et le couac, encore et toujours :

-        Je vais à la pompe, je reviens tout de suite, je vais chercher de l’huile pour la tondeuse, si tu as du liquide…

-        50 € ça ira, on fera le décompte ce soir !

Il disparait deux heures, après deux heures de boulot.  Bon, OK, j’assume !  J’ai encore déconné.  Je tente de l’appeler au bout d’une heure 30 = répondeur !  Je rédige un SMS avec des guillemets quant aux « fournisseurs » à attendre, quant aux « rails » à prendre.  Mais il revient avant la fin de mon courriel.  J’écrase, en souplesse, discrétos.

Et nous finissons le bêchage du potager en devenir, avec le fils de la voisine, 6 ans, fils d’une psychologue, et très fin psychologue.

Je lui demande de se battre avec mes pissenlits, comme je le fais chaque jour.  Une fleur fleurie = une plante à couper.

Il part, il revient, oui, sa maman accepte qu’il travaille avec nous.  Me voilà entre le gamin et le gamin, il n’y a que l’âge qui change !

Et le petit qui me demande mon âge :

-        55 ans !

-        Oh, mais t’es jeune !  Et toi Dam ?

-        19 !

-        Non, 37 ans !

-        Mais t’es vieux toi !

Et tout l’après-midi à me balancer des mots que toutes les femmes ont envie d’entendre.  Quel gentil gamin !  Tout l’après-midi à casser le Dam, tout l’après-midi à dire les mots que je n’oserais prononcer.  Trop gentil le môme !  Et moi de me la jouer mamy, et de lui dire que je suis contente qu’il participe à cette pseudo vie, enfin avec d’autres mots.  Contente de croiser celui qui pourrait être mon petit-fils, de pouvoir jouer un pseudo rôle de mamy.

Trop adorable le gamin, blondinet de six ans, allié sans le vouloir, de ma détresse psychique.  Un petit bonheur sans partage, un bonheur à moi.

Mais aussi, un, deux messages de mon grand frère, et une invitation, pour nous revoir, pour tenter de parler de nos manques mutuels, et j’ai bien compris qu’en plus de ma sœur, il a d’autres manques.

Tous ces manques que nous avons envie de combler, tous ces retardateurs de vie…  Et mon annonce que je ne serai peut-être pas présente le prochain WE, à Dam.  Mais qu’arrive-t-il ?  Pourrait-elle ne pas être à ma disposition ?

Ben oui, il se pourrait que je ne sois pas là, mais tu as du boulot, je te dresse la liste, tu comptes tes heures hein !  Sauf qu’à partir de maintenant, tu ne toucheras plus que 50 % à l’heure, en liquide, le rester sera comptabilisé pour décompresser ta dette dépassant maintenant 5000 €…

Charogne moi ?

Ou pauvre conne ?

Je pourrais, aussi être enfermée en psychiatrie, à tenter de me sortir de la merde dans laquelle je vogue depuis près de trois semaines, merde dans laquelle le Dam m’a tapée, sans un mot, sans appui, sans rien, qu’une partie de jambes en l’air au moment qu’il lui a paru opportun, il y a peu, dans les jours précédents, envie que j’ai comblée, mais toujours à sa demande.  Comment ces moments ne peuvent-ils avoir qu’une source de demande ?  Suis-je condamnée à satisfaire des demandes n’émanant pas de moi ?  Est-ce que je n’existe que pour satisfaire ses besoins, soudains et imminents ?  Mon rôle se limite-t-il à ça ?  Peut-être, et dans ce cas, c’est ma faute de me limiter à ça, de me considérer comme ça.  C’est ma culpabilité qui rejaillit

Et moi, ce matin d’imaginer, regardant le jardin, carré, d’y implanter un prieuré, une colonnade autour de ce très beau carré, avec un puits au milieu, comme au bon vieux temps.  Une espèce de béguinage, dont je serais la mère supérieure ;  Pour finir, n’importe qui peut créer, inventer, une secte !  Pourquoi pas moi ?  Hein ?  Poussons le bouchon au bout des possibles.  Une secte de femmes, de femmes esseulées, de femmes rejetées, de femmes au bout de leur vie.  Et le Dam de m’envoyer promener !

-        Tu déconnes à fond !

-        OK, mais, pour finir je ne vois pas pourquoi pas…  Je n’ai d’autre réponse au « pourquoi ? » que « pourquoi pas ? ».

Et oui quoi !  Pourquoi pas ???

Journée productive, mais pas affective.

Journée remplie, c’est déjà ça.

Oui, grand frère je vis encore, pas par choix, parce qu’il en est ainsi, mais je t’assure que si la vie avait voulu partir, je ne l’aurais pas retenue. Plus d’intérêt à ce niveau.  Et là, je deviens dérangeante.  Pour tout le monde, pour tous ceux qui tentent de m’aimer, un peu, beaucoup, à la folie…Pas du tout !

Bonjour Margueritte !

 

 

20:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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