02/05/2013

Après (11)

Bon, je reprends le combat, et je vais consulter mon nouveau docteur traitant, reprenant l’histoire là où je l’avais laissée, il y a trois semaines, juste avant le départ de Dam.  A notre dernière « consultation », je lui avais parlé de notre nouvelle vie commune.  Il s’en souvenait…  Il ne semble même pas étonné du résultat, aujourd’hui…  Il a aussi suivi Dam dans ses différentes cures.

Alors, il m’écoute, il entend mon désarroi, et m’aide à trouver une porte ouverte pour réaliser ce sevrage qui me fait peur d’une part, qui me gonfle d’espoirs d’autre part.  Faut goupiller les dates pour ne pas chambouler le fils.  Je n’aurai d’autre alternative que de forcer la porte des urgences, munie de mon mot d’entrée, qu’il me fera le prochain lundi matin du retour du fils, soit le 13 !!!

Puis, débarquer là-bas et forcer le passage.  S’il y a un lit dans l’assuétude, je serai sans doute prise, sinon, je devrai attendre qu’un lit se libère, soit quelques jours encore.  Il faut également savoir que nous ne pourrons pas être ensemble dans le même service, Dam et moi.  Et s’il a, depuis deux semaines, son ticket d’entrée dans le service, il n’a pas encore décidé de sa date d’entrée.  Je l’informe donc de mes dates à moi. 

-        Tu passes avant ou après.

Evidemment, il choisit de passer après, à la fin du mois…

Mon docteur m’a encore rappelé que je ne devais plus m’occuper que de moi, plus de lui.  Et je sais qu’il a raison, je sais que c’est ma seule porte de sortie, mais, mais… 

Alors, je ne vais plus lui donner ces petits mots réconfortants de chaque jour, glissés dans sa poche.  Qu’ai-je comme mot réconfortants, de mots d’amour de sa part ?  C’est à peine s’il me parle de mes messages, sauf quand ils sont dérangeants parce qu’ils lui parlent de ma disparition qui se profile à l’horizon tellement je n’en ai plus rien à cirer de ma vie.

Doc me demande si j’ai des « idées suicidaires ».

-        Mais docteur, j’ai une assurance vie sur la maison, je n’ai pas droit au suicide !  Tout retomberait sur le dos du fils !  Cela n’est pas dans mes projets !

-        Oui, mais quand on part, on est parti et on s’en fout des autres.

-        Evidemment, si un malaise imprévu se présentait, je n’aurais, sans doute, pas envie d’en parler, mais il ne s’agirait pas d’un suicide !  Je me dois d’avoir une mort naturelle !

Et notre conversation dévie, évidemment, sur le Dam. 

-        J’ai voulu le prendre en charge, l’aider à avancer, à se sortir de sa toxicomanie, et il m’a entraînée avec lui, dans une situation que je ne sais pas vivre.  Tenter de tirer un looser vers haut, c’est prendre le risque de chuter avec lui.  Et oui, je me suis plantée !  Toujours le coup de l’orange pourrie au milieu d’un panier d’oranges fraîches et saines, même si défraîchies (putain d’éducation judéo-chrétienne).

Ces images me ramène à l’enfance, à la morale apportée, sur base religieuse chrétienne, mais la morale, elle est là, qu’importe qu’elle soit portée par telle ou telle religion, il y a des règles invariables, inhérentes à la vie en société, au respect de ceux qui nous entourent, desquels nous exigeons le respect en retour.

Bon, j’avais espéré m’aérer l’esprit, un peu, ce prochain WE.  Je crains que ce ne soit pas vraiment possible.  Je ne veux pas empiéter sur les territoires qui ne sont pas les miens.

Doc m’a proposé des « médicaments » pour me calmer quand je rentre à la maison.  J’ai refusé.  C’est pas la peine de cumuler les dépendances.  Déjà que Dam m’a proposé un morceau de ses bromas, histoire de me saouler, de m’abattre, de me mettre hors d’état de nuire.  Non, ça c’est le truc de sa mère, pas le mien.

J’en reviens encore à mon besoin de vivre mes sentiments, qu’ils soient positifs ou négatifs, et je me souviens trop bien de l’état zombie dans lequel j’ai passé des mois, il y a dix ans, avant, petit à petit, de refaire surface.  On n’endort pas la douleur, il faut la vivre, la déguster.  Non, pas s’y vautrer !  Il faut la passer, et reprendre la courbe.  C‘est juste un moment « courbe basse ».  Ainsi va la vie, sur le dessin du symbole de l’infini…

Haut, bas, milieu, monter, descendre, chaque moment a sa place dans l’existence.  Le problème est de rester calé sur un escalier, s’y perdre, à en perdre la raison.

Bon, la suite au prochain épisode, j’irai à l’hosto avec mon portable, je sais déjà qu’il fera partie de ma guérison… Parce que j’ai bien l’intention de guérir !!!

 

17:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.