03/05/2013

Après (12)

Fin de semaine, et encore une journée « OUT ».  Hier soir, le Dam est passé, nous avons dressé la liste des accessoires à acheter, dont nous aurons besoin pour prévoir l’arrivée de la cuisine, une cuisine digne de ce nom, cuisine offerte presqu’en totalité par tatie Daniel…  Non, tout n’est pas mauvais en lui, il est généreux parfois.  Et puis, il sait que je vis mal ces dernières semaines, il connaît mon projet que je n’arrive plus à mener.

Discussion avec Dam, au sujet de mon ressenti vis-à-vis de lui, le choc aussi : je lui ai dit qu’il me faisait penser à son père qui le battait, qui battait sa mère, petit garçon qui tentait de la protéger, petit garçon qui s’en prenait plein la tronche.  Je lui ai dit qu’il était pareil à son père, mais qu’il n’usait pas de ses mains et de ses pieds pour faire mal.  Il utilise la souffrance psychologique pour donner le même résultat, et le résultat, il est là…  Je suis en souffrance sans même que l’on me touche !  Peut-être aussi, justement, parce qu’on ne me touche pas, parce que je ressens tellement de manques, manques pour lesquels j’espérais sa contribution.  Elle ne fut pas…

J’ignore de quoi sera fait demain.  Je continue de tenir mes comptes, financiers.  Au niveau du sentimental, c’est une autre affaire.  Je pense avoir recueilli quelques confidences intimes tout à l’heure, de sa part, après ma bombe au sujet de son père.  Je pense que mes courriers quotidiens, que j’ai interrompus depuis deux jours, faute d’avoir un éventuel retour, ne sont pas vains.  Il en connait le contenu, c’est déjà ça.  Mais je suis déterminée à stopper mon rôle d’assistante sociale.  Je veux un échange, un réel échange.

J’en profite pour lui faire remarquer que ses fringues, que je lui ai offermais que j’ai reçues d’autre part), sont super mal entretenues.  Avant, il avait l’air d’un milord, aujourd’hui, portant les mêmes vêtements, il ressemble à un clodo.  Je préfère me coltiner la lessive, pour le repassage, ça fait longtemps qu’il doit le faire lui-même, mais qu’il garde un minimum de dignité.

Et puis, c’est presque marrant, mais depuis son départ de la maison, quand il me parle de « chez lui », il ne dit plus « chez moi », mais « chez ma mère ».  Aurais-je influencé sa perception de la vie ?  Non, il ne faut pas rêver non plus !  Il est seulement attentif aux mots qu’il utilise.

Etant fumeuse, et n’ayant plus le droit de tirer ma clope à l’intérieur du bâtiment, je sors souvent, et je me retrouve au sein des hommes de terrain, qui font tout, sauf du terrain.  Je suis là, j’entends leurs conversations, toujours limite comparaison de la longueur du zizi quoi !  Mais quelle place ces machos accordent-ils à leurs femmes, qu’elle est notre considération ?  Et le plus jeune de se gausser d’avoir sauté, avec trois de ses potes, une fille dans un sentier.

-        Oh, c’est cool, on était à 4 dessus !  J’ai pu tout lui enfiler dans le vagin !  Des bombes d’AXE, des cannettes de whisky !  Que tu bonheur quoi !  Et puis, le labrador que nous avons violé, à deux (bruit qui court dans tout le village).

 - Non mais c’est quoi ce tripot ?

 

Et au matin, en attendant que patron arrive, plus tard que nous tous, je feuillette un mensuel de la région wallonne, des bâtiments classés, restaurés.  Quand il entre, il me demande si je cherche une maison.

-        Oui, je cherche une Abbaye !

-        Oh, tu sais comment se reproduisent les nonnes ?  En couvant !

Ensuite, il commence encore sa crise au sujet de la cuisine du stage (qui débutera durant les premiers jours de juillet), et quand il entame son discours au sujet des épices à couscous, je quitte la pièce, occupée, d’autre part, par deux collègues, hommes de terrain.  Il se fâche et leur lâche :

-        Si je dérange, je retourne à mon pc !

Oui patron, tu me gaves à fond !  J’en ai rien à cirer de savoir le nombre de grammes d’épices spéciales nécessaires pour confectionner un couscous pour 45 personnes.  Rien à foutre !  Et je me débine !  Je ne peux plus supporter cette ambiance tordue, mesquine.

Une coalition prend forme au sein du personnel.  Il déconne avec tout le monde.  2015 pourrait bien être notre terme à tous, de la manière dont il gère le truc, on ne va pas y couper.  Nos subsides éparpillés dans n’importe quoi vont se réduire, il y aura des coupes budgétaires inévitables, et les salaires vont en pâtir, il faudra licencier, d’abord les plus onéreux, les diplômés, les « docteur es »…  Puis, c’est mon tour, et quand je tombe, les hommes de terrain suivront puisque plus personne pour gérer le personnel d’un point de vue financier.  Les docteurs es vont s’en sortir, ils auront des portes.  Nous, les petits, nous allons devoir nous recycler, et à mon âge, je n’ai guère d’espoir de retrouver un espace professionnel, comme beaucoup d’entre nous, les petits.

Alors si on vient m’emmerder avec le compte des bols ou verres disponibles pour le stage, ben je dis MERDE !

J’ai d’autres chats à fouetter !  Vous vous démerdez !  Vous n’avez qu’à faire la vaisselle au fur et à mesure que vous la salissez !

Zut, flute, crotte !!!!

 

19:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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