13/05/2013

Zosio (16)

 

Décidément, le 13 ne me convient pas !

Nuit de stress et de trac, éveillée de très bonne heure, tout bon pour aller reconduire le fils en pleine heures de pointes.

 

9 h : j’arrive chez mon toubib pour chercher mon ticket d’entrée à l’hosto.  La salle d’attente est bourrée, déjà beaucoup de personnes attendent sans même un siège où poser leurs fesses alors que la consultation est fixée entre 8 et 9 h.  J’y croise une patiente qui était là à 7 h.30 et qui sort seulement du cabinet du docteur !

 

Bon, j’ai bien le temps d’aller à la banque, au magasin, faire des provisions de plats à réchauffer pour tatie Daniel.

En rentrant à la maison, j’appelle le docteur, et lui demande s’il préfère que je passe à la consultation du soir, soit entre 17 et 18 h 30.  Effectivement…

Qu’à cela ne tienne, selon mon humeur, en sortant de chez lui, ce soir, je verrai si je force la porte des urgences ou pas.  En attendant, je vais préparer ma valise.

Et puis, le cuisiniste va sans doute venir achever ma cuisine, il est préférable qu’il me rencontre.  J’ai des questions à lui poser quant aux finitions, pour Dam…

Non, rien.  Il m’appelle dans l’après-midi, annonçant sa venue pour demain ou après-demain.  Il confirmera, et je ne serai sans doute pas là.

Je me colle au clavier, je lis, je joue, je me descends des cannettes.  Je suis à cran, dans l’attente. 

Puis, zut, marre, je vais m’offrir une sieste !  Dam passe durant sa pause du dîner.  Il ne me cherche même pas dans la maison, il passe dire bonjour à tatie et repart au bureau.

J’arrive au cabinet du doc à 16 h 20.  Je veux être la première à passer, pouvoir encore aviser de l’heure possible du départ.  La salle d’attente se remplit rapidement.  Ici, on vient chez le doc en famille !  Minimum trois personnes ensemble, et même une famille avec son chiot de 15 cm !  Serais-je chez le vétérinaire ?

Doc arrive un peu après 17 h, et reste dans son bureau durant encore ¼ d’heure avant de venir me chercher.  Je n’ai donc attendu qu’une heure !  Fantastique !

Il me regarde comme s’il ne me connaissait pas, me demande de lui rappeler mon nom, puis, plonge sur son écran.  Je lui rappelle que je viens chercher mon ticket d’entrée au CHR.  Il sort son carnet de prescription et y inscrit quelques lignes.

Dès qu’il a terminé, je lui tends un billet de 50 € pour la consultation.

-        C’est beaucoup trop !  Pour un papier, c’est 3.5 €…

-        Je vous ai déjà rencontrée, nous en avons discuté, c’est le prolongement de la visite précédente.

-        Pourriez-vous me rédiger un certificat médical pour la semaine ?

Je préfère avoir un certificat de mon doc traitant plutôt que de l’hosto, à remettre à mon patron.

-        Vous verrez demain, si l’hôpital vous refoule, revenez me voir et je vous le ferai pour la journée.  Mais c’est l’hôpital qui fera le certificat si vous y restez.

Bref, je ne trouve aucun sentiment dans cette rencontre, aucune empathie, aucun encouragement, mais plutôt un profond mépris pour ma personne.

Et en rentrant, j’ouvre le fameux ticket, et je lis :

-        Aux urgences, veuillez recevoir Mme M qui est alcoolique et qui nécessite une désintoxication par hospitalisation d’une semaine.

Daté, signé, cacheté…

La claque !!!!

Toute l’histoire est balayée d’un seul coup !  Je ne représente rien d’autre qu’une alcoolo qui se pisse dessus et bave sa déchéance.  Le contexte n’a plus rien à y voir, ne compte que le résultat.

Je me sens humiliée au plus haut point.  Déjà que j’avais honte de moi, là, il pousse le bouchon encore un cran plus bas et m’abaisse aux tréfonds de la déchéance humaine.

Et Dam qui me pousse à révéler à patron mon absence programmée…  Mais comment je pourrais, maintenant, tenir un discours qui m’épargne d’étaler mon problème, sachant très bien les ragots que ma confidence engendrera au sein du personnel ?

Je suis acculée dans mes derniers retranchements.

Demain est un autre jour, j’espère que l’hosto ne va pas me repousser, comme une clodo.  Comme je suis présentée sur ce mot qui est sensé me décrire.  Je ne suis rien d’autre qu’une « alcoolique », et ça ne peut que faire les choux gras des ragots villageois et professionnels…

Je viens de m’en prendre plein la tronche pour pas un balle !

De quoi sera fait demain ????

Si ça tombe, je vais prendre un taxi au matin, et un autre au soir, pour revenir à la consultation de ce médecin qui me méprise prodigieusement, histoire d’avoir une couverture au niveau professionnel, pour la journée, en attendant qu’une place se libère…  Et attendre, attendre encore…  Espérer trouver l’aide, l’assistance dont j’ai besoin, mais qui n’est pas là…

Non, il n’y a rien, rien que moi qui tente de m’en sortir, et qui retarde l’entrée dans le service de Dam.  Là, il vient de perdre une journée, de ma faute…

 

18:47 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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