16/05/2013

Zosio (18)

 

Premier jour passé dans l’unité de soins.  Premier jour d’une sobriété absolue.  Pas trop de dégâts, seulement une certaine angoisse dans l’après-midi, mais parfaitement gérable.  Je vis ces heures dans une espèce de cellule, confortable, sans musique, sans télévision, seulement mes livres que je dévore, et entrecoupées de quelques entretiens et prises de paramètres.  Une vie monacale quoi !  Comme j’en rêvais !

 

Quelques sorties pour tirer une clope, suivies d’un retour au nid.

 

En soirée, on me propose une réunion AA qui a lieu au quatrième étage.  J’y ai déjà réfléchi, depuis un certain temps, et cela me tente, m’intéresse.  Oui, je vais y aller, il faut franchir le premier pas et constater de quoi il en retourne : gnagnan bêtifiant ou utile et réconfortant ?

 

Qui vais-je rencontrer là-bas ?

 

Simple : des gens comme moi !  Des gens qui luttent chaque jour pour tenir bon dans un combat qui sera sans merci et quotidien.  Un groupe de soutien qui a aidé tellement de personnes que je serais bête de ne pas l'utiliser pour ma propre sauvegarde, d’autant que j’y ai été magnifiquement accueillie, admirée, et félicitée pour avoir franchi le pas.

 

Je vais tester quelques groupes régionaux pour choisir celui dans lequel je me sentirai le mieux.

 

La nuit fut un peu chahutée, de nombreux réveils, malgré les somnifères que j’ai consommés, mais au réveil, après 8 h, je n’étais pas vaseuse, je me sentais même en forme, et puis tellement satisfaite d’avoir déjà tenu une journée.

 

Dam devait m’appeler hier, en fin de journée.  Il ne l’a pas fait, et n’a pas répondu lorsque je l’ai contacté.  J’ai reçu un SMS ce matin, me disant qu’il s’était endormi comme un sac après le boulot.  Sans doute était-il trop imbibé ?  Je me demande si ses bonnes résolutions de suivre le chemin que j’emprunte seront suivies d’effets.  Qu’importe, moi, je dois suivre mon chemin, être égoïste, ne plus penser qu’à mon bien-être qui se faufile à l’horizon.

 

Fabi (mon amie française) m’a envoyé un SMS, ce matin, me disant qu’elle pense à moi.  Mon grand frère de cœur aussi m’a envoyé un message mail, et mon fils africain également.  Alors, tout ce réconfort qui m’est destiné, et bien ça fait vraiment chaud au cœur et le sourire se dessine à nouveau sur mes lèvres, je ressens une nouvelle forme de liberté, et aussi beaucoup de chaleur humaine qui m’entoure.

 

Là-dessus, je reprends mon clavier, je reprends l’écriture salvatrice, et je vais me replonger dans mes histoires à écrire, dans la sobriété…

 

10:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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