19/05/2013

Zosio (21)

Voilà, le retour a eu lieu.  L’ami de Dam (qui a un permis) et Dam, sont venus me chercher à l’arrêt du bus devant l’entrée de l’hosto, avec ma voiture.  Dam s’était déguisé en « Man in black » avec des lunettes noires alors que le ciel était couvert.

Je me suis activée dans le jardin, même sous la pluie, même pas peur moi !  Tout allait bien.

Je me disais :

- Dam va bientôt arriver, il va me donner un coup de main pour ça et pour ça que je n’arrive pas à faire moi-même.

Et Dam n’est pas venu.  Mais je me disais :

- Tant pis, j’ai pas besoin de lui.  D’ailleurs il serait temps que je commence à regarder autour de moi, et si l’amour frappait à ma porte, j’en étudierais la possibilité, avec lucidité, tentant d’éviter ma méfiance innée.  Oui, c’est ça que je dois faire, tenter de vivre ma vie de femme sans plus rien attendre de Dam.  J’ai déjà trop attendu, vécu trop de déceptions, entendu tant de faux fuyants…  Il faut que j’arrête de l’admirer comme une icône sacrée, une étoile inaccessible.

Puis, bien fatiguée, vers la fin de l’après-midi, vers 17 h, une envie a commencé à me titiller.  Une envie prenante.  Mais je savais que je n’avais rien pour soulager mon envie, alors pas la peine d’y penser.  Et puis, ce genre d’envie va encore m’arriver souvent, surtout à une heure qui est généralement l’heure de la première bière du jour…

Non, ne pas céder à boire autre chose (il y a plein de trucs à la maison).  Aucune envie de ça.  Allez, bouteille d’eau !

Et si je demandais une taffe à Papy ?  Tiens, voilà justement le petit cul de pétard là, ça va me changer les idées plutôt que de bouffer un comprimé d’urgence que m’a confié la gentille infirmière à mon départ.

Boum !  Plus trop habituée à ça !

Une douche plus tard, je me dis que peut-être que mon cher Dam m’aurait laissé un message…  Mais non, rien.  Je commence à tourner en nœud de boudin, à me dire qu’il a vu mon nom sur l’écran quand je l’ai appelé et qu’il a décidé que je devais lui foutre la paix.

Un peu plus tard, je tente à nouveau l’expérience.  Non, toujours la boîte à messages, j’y dépose un message de type « professionnel » :

-        Puis-je compter sur toi demain ? (en résumé)

Puis, l’inquiétude monte encore d’un cran.  J’ai fait un truc qu’il ne fallait pas ?  J’ai dit un truc qu’il ne  fallait pas ?

Puis, quand même, une réponse écrite :

« Je dormais, tu peux compter sur moi demain ».

Soulagement !  Et puis, enfin, je peux profiter du Prosper qui me raconte des « Quaquoi », des « ça va mon Prosper ? », des « Voilà ! », tout en se blottissant dans mes bras et en émettant de petits ronronnements de satisfaction.

Enfin, le calme est revenu. 

J’ai, un moment, un geste de recul, alors que je voulais saisir la bouteille d’eau (je bois beaucoup d’eau), j’ai été surprise de ne pas voir une cannette devant mes yeux.  L’espace d’un instant.

La réalité remonte à la surface instantanément.  Ne pas oublier que maintenant, je vis dans la lucidité, que la petite taffe sur le pétard, elle ne peut servir qu’à m’ouvrir l’esprit sur ce qui est beau et vrai.  Tout à l’heure, ça a bien failli me faire flipper.  Alors gaffe hein, avec modération !  Je veux maintenant m’entourer de gaité, de beauté, de vérité, et d’actions.  J’ai tant de choses à reprendre en mains que deux mains n’y suffiront pas.

Objectif premier : terminer la cuisine.  Oh, rien que des finitions, ce qui prend, en général, le plus de temps.  Objectif second : entretenir le jardin, on est dans la pleine saison.

Autre objectif qu’on m’a recommandé ce matin : prendre un rendez-vous chez un cardiologue…  Alors là…  Je me tâte…

 

 

 

20:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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