30/05/2013

Zosio (27)

 

D’aucun se poseront la question suivante :

 

-        Mais pourquoi le petit chien attend-il derrière la porte au lieu de la franchir et de descendre deux maisons plus bas, à la rencontre de son « maître » ? 

 

Cette distance n’est quand même pas inabordable, il saurait aboyer discrètement pour signaler sa présence, qu’on lui ouvre la porte…

 

Mais non, le petit chien a été bien dressé !  Son « Maître » lui a bien dit que la maison de sa maman était interdite à toutes ses connaissances, soient-elles canines !

 

L’été dernier, au début de notre vie commune, lorsque la belle-doche se la jouait complice, j’ai tenté l’expérience de la rencontrer, au milieu d’un après-midi ensoleillé.  J’ai sonné, deux fois.  La chienne de la maison a aboyé tous ses poumons, la voiture était là, le volet du bureau de la mère à peine relevé, je savais qu’elle m’avait vue et que délibérément, elle refusait d’ouvrir la porte.

 

Voilà pourquoi le petit chien est docile et obéissant…

 

 

 

Cependant, je continue mes réunions, je continue ma vie.  Je suis juste troublée quand Dam ne vient pas se faire consoler, c’est vrai qu’il n’y plus de bière à la maison depuis dimanche.  Il était sensé entrer à l’assuétude lundi.  Fin de semaine, il ne sait pas encore…  Tous les jours, on lui dit :

 

-        Peut-être demain, ça dépend…  C’est la troisième fois que vous venez !

 

Alors qu’à sa dernière sortie, ils lui avaient tous dit qu’au moindre problème, il devait revenir le plus tôt possible !

 

Je lui rappelle son refus du suivi.  Il a annulé deux RDV que le service lui avait fixés…  Et on lui a bien rappelé là-bas (aussi)…

 

Et puis, il débarque avec une boite encore habillée de carton : une nouvelle machine !  Ben oui quoi !  Il vient d’avoir ses VA.  Et bardaf !  Sa mère l’emmène à la banque pour lui soutirer le maximum, il règle ses dettes de boissons « à la pompe », ses dettes envers moi, qui lui procure ses cigares à moindre prix, ses visites chez le toubib et ses médicaments, sans compter ses jus de fruits, ses biscuits au chocolat, son noir de noir à manger en soirée, avant de s’endormir.  Bref, il aura un mois de septembre très dur.  Le système de l’ONVA est une connerie magistrale.  Les ouvriers n’auront plus rien comme revenu au moment où ils prendront, effectivement leurs 20 jours…

Et voilà qu’il commence à déballer sa merveilleuse trouvaille, qui a une puissance de autant, qu’il compare avec toutes les autres machines qu’il a déjà ramenées à la maison, et celles du boulot, etc… 

Bon, c’est bien beau d’acheter des machines tout le temps, mais il faudrait parfois les rentabiliser.  Et pour l’instant, les deux chantiers qu’il a entrepris se sont soldés par : pas une tune ! Et non !  Les gens d’ici demandent le service, définissent le coût, mais quand on leur demande une avance avant la dernière journée, histoire de ne pas laisser un chantier nickel avant d’avoir une petite garantie, et bien, tout à coup, le client disparaît !  Il doit attendre ses allocations de chômage hein, et puis les mois passent, les menaces fusent les premières semaines, mais au bout de deux mois, c’est perdu, oublié…

Tatie Daniel nous a rejoint, avec un joint, et quelques tafs plus tard, j’observe Dam, avec une distance que je ne me suis jamais connue.  C’était pathétique !  Comme un petit garçon qui vient montrer son nouveau wagon de train électrique…

Et le voilà qui se détend, retrouve un peu l’envie de jouer avec Prosper, refait des gestes que je lui connaissais lorsqu’il vivait avec moi.  Et je me demande pourquoi cet excès de puérilité ne m’a jamais paru excessif.  Si, je savais, mais tout à coup, je me suis demandée s’il comblerait, un jour, son besoin de reconnaissance maternelle.  Mon fils a plus de maturité que le Dam.

Et oui, je retrouve aussi, peu à peu, une certaine forme de lucidité…

 

19:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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