07/06/2013

Zosio (29)

 

Bonsoir mon Grand Frère,

 

Etrange journée vécue, émue aux larmes à certains moments.

 

Dam, en super forme, est sorti de l’hôpital cet après-midi.  J’ai été le chercher, je devais quand même quitter le boulot plus tôt pour aller chez ma psy.

 

Et le choc est terrible, je ne retrouve pas la même personne, j’ai devant moi un être humain de 37 ans qui a décidé de faire en sorte que sa vie se passe, dorénavant, sans son arsenal de drogues en tous genres, de regarder la vie en face, et de sonder son passé, tout en se confiant aux bons soins des docteurs spécialisés…

 

Voilà, l’oiseau quitte le nid !  Il est prêt maintenant.

 

Dès que nous sommes arrivés sur la route, il m’a de suite dit qu’il allait se chercher un appartement, un truc, il doit, il veut quitter la maison de sa mère.  En fait, il a un gros compte à régler avec sa mère.  Il a d’abord mis des gants pour me l’annoncer. 

Et comme je suis sa maman de substitution, ben mon rôle s’arrête là, aussi…

Alors, oui, je suis émue, triste, contente, satisfaite de ce que j’ai fait pour lui.  Je crois qu’il m’en sera reconnaissant…

Et la psy de me questionner sur le type de relations que j’entretiens toujours avec les hommes qui ont partagé ma vie, ceux que j’ai aimé le plus, ils étaient tous dans une relation de maternage, de dépendance, j’assumais tout, ou presque.

Mais ai-je déjà lié une relation affective avec un mec où l’échange est plus équitable ?

Mais oui, avec des mecs qui me faisaient changer de nom, qui m’interdisaient de parler de ma vie, qui voulaient seulement une distraction, mais dans le non-respect, et jamais avec un projet d’avenir !  Non, surtout jamais !

Puis, elle me parle de toi, elle me demande où nous en sommes dans notre projet, je lui explique, et aussi que j’ai été chez toi le WE dernier, que nous partageons, effectivement quelque chose : un projet et une mémoire.

Elle constate donc que je suis capable d’avoir d’autres rapports, avec des gens qui ne sont ni dans la domination, ni dans le besoin d’être porté à bout de bras.  Tout espoir n’est donc pas encore perdu.  Même si les contraires s’attirent, et si les paumés me repèrent toujours, je dois quand même lui poser la question :

 

-        Dites-moi, montrez-moi où est mon tatouage que j’efface la mention d’offre de mère de substitution.

 

Bon, voilà, mon grand garçon prend la route.  Je reste sur le bas-côté, émue.  C’est une page du livre qui se tourne.  C’est ainsi que ça devait aller.  Je suis seulement satisfaite d’avoir réussi à lui faire admettre qu’une autre vie existait, et pour lui aussi.

Il me reste mon autre grand garçon, le mien, celui que j’ai mis au monde, mon fils de 34 ans, autiste…  Et si c’était pour ça que je suis attirée par les hommes paumés, ou qu’ils sont attirés par moi, parce que j’ai tellement appris à communiquer avec une personne qui ne communique pas, que je décrypte, que je mets les bons mots, aux bonnes places ?

Je ne sais.  Je suis seulement sûre d’une chose : de ce que je veux plus !  Et je ne veux plus jamais tomber amoureuse !  Décidemment, ce n’est plus de mon âge.  Les galipettes, ok, mais surtout sans l’amour !

T’as vu ça Grand Frère, toi tu vis dans un amour fou qui te bouffe, l’amour d’un cercueil, et moi, je suis bonne pour rentrer au couvent…

 

21:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je me dis qu'il est de bon ton que je revienne à Zisio(1) et que je suive ta vague épistolaire jusqu'à ici, pour saisir ce qu'il y a à saisir et bien que je n'aime pas trop "l'ordre" ;-)
C'est ce que je vais faire dans quelques minutes.

Ce que je viens de lire ici est touchant et me laisse deviner tant de situations et d'émotions, de celles qui me "parlent", probablement est-ce pour cela que je suis intriguée et que je reviens fureter chez toi...

Écrit par : Khayaa | 08/06/2013

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