14/06/2013

Zosio (32)

 

Je repense à un truc pour lequel Dam m’en veut : ma « jalousie » vis-à-vis de sa mère.  Mais bon sang, il m’a quand même quittée pour retourner chez elle !  Faut croire que tout ce dont il se plaignait lorsqu’il comparait, en vivant avec moi, a eu le dessus sur le couple.  Ce serait donc parce que je serais encore pire que sa mère…  Ou alors, à trop en faire pour son plaisir, je l’ai gavé, comme je l’ai été d’un « partenaire » bourré de tunes qui ne m’utilisait que comme faire valoir, et exigeait mon mutisme et mon pseudonyme pour me présenter…

 

Mais comment pourrais-je ne pas être jalouse de tout et de tous au vu des trahisons que j’ai vécues avec pratiquement chacun de mes « conjoints » ?

 

Bien sûr, la jalousie est un sentiment négatif, la jalousie entraîne la crainte, la suspicion, ou est-ce l’inverse ? 

 

La jalousie vient également de la confiance que l’on s’accorde à soi, et effectivement, je n’ai plus confiance en moi.  Tout ce que j’entreprends, avec bonne foi, convaincue de faire le bien, se retourne contre moi.  Alors je vis dans le doute permanent, dans l’immobilisme tétanisant.  Je tente de garder mes acquis, mais ils s’effilochent les uns après les autres.

 

Il ne me reste que le papy, le papy dont on me dit qu’il pourrait aussi être la cause de mon incapacité à bâtir une vie satisfaisante pour moi.  Le papy, il partage toujours mon avis !  Même quand je vire à 180° ! 

 

C’est étrange, dans un passé pas très lointain et dans de nombreuses civilisations aujourd’hui, les familles se composaient des aïeux, des enfants, des petits-enfants.  Et c’était normal !  L’avantage de cette situation était que le couple clé de cette association devait régler ses comptes privés dans son antre privé, sans s’étaler devant les enfants et les grands-parents.  L’intimité se vivait dans le respect de la vie des autres membres de la communauté.

 

De nos jours, les parents règlent leurs comptes devant les enfants, les prennent à parti, les impliquent, les responsabilisent avant même qu’ils aient atteint la maturité pour comprendre. 

 

Le papy est comme mon papa.  Tout le monde le considère ainsi avant que je ne rectifie le tir.  Nous vivons comme un père avec sa fille, comme une fille avec son père, dans le respect (enfin, parfois des mises au point sont inévitables).  Alors, qu’il soit mon premier mari, le père de mon fils ou mon propre père, où est la différence ?  L’importance doit-elle se situer sur un acte de mariage révolu ou sur un rapport vécu au quotidien ?  Les parents n’ont-ils plus le droit de vivre avec leur descendance ?  Ils ne sont plus bons qu’à placer dans les hospices ?  Si des soins particuliers l’exigent, et si la descendance ne peut assurer, c’est un peu l’inévitable placement, mais quand il reste une forme d’indépendance, qu’ils peuvent encore rendre de petits services, tels que simplement ouvrir la porte quand arrive un visiteur, que l’entente règne, pourquoi ne pas accepter de partager l’espace ?

 

Oui, celui qui veut me trouver des poux dans la tête en trouvera, et ma confiance en moi en sera d’autant plus mise à mal.  Et ma jalousie n'en prendra que plus d’ampleur.

 

Décidément, je réapprends à vivre seule maître à bord.  Je n’aurai jamais personne avec moi, je n’aurai jamais la possibilité de déléguer à l’autre.  Je suis condamnée à assumer seule ma manière de vivre avec mes deux handicapés (physique et mental).  Mon Zosio, avec son handicap social a pris le large, et je dois bien avouer qu’il était le plus lourd de mon cheptel, d’autant que je comptais sur lui pour m’assister…

 

Si, je rêve encore de tolérance, de compréhension, d’amour inconditionnel, et je me trompe sur toute la ligne !

 

09:08 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Il me semble que l'unique amour inconditionnel qui existe sur cette Terre, est l'amour des mères. De certaines mères, bref, l'amour maternel est inconditionnel. Je n'en vois pas d'autre et pourtant, j'y ai aussi cru !

"Bien sûr, la jalousie est un sentiment négatif, la jalousie entraîne la crainte, la suspicion, ou est-ce l’inverse ?". Très bonne question. M'est avis que c'est d'abord l'inverse. D'abord. Ensuite, le reste...

J'ai adoré et surtout compris ce dicton de je ne sais plus qui : "En amour ne faire qu'UN ? Reste à savoir lequel !!"... ou quelque chose dans le genre.

Après tant d'échecs et de souffrances, je confirme que le plus difficile est de retrouver confiance en soi, si tant est que cela soit possible encore, mais ça l'est, ça doit l'être, c'est l'une des clés de la... "guérison", pour lâcher prise.

Je n'ai pas compris : qui est Papy ? (d'accord, oui, bon, quelle importance !? je suis curieuse, c'est tout ^^).

Sois plus douce avec toi-même (autrement dit : ne fais pas comme j'ai fait...).

Je t'embrasse.

Écrit par : Khayaa | 15/06/2013

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