04/07/2013

Zosio (45)

 

Une allergie vient de me frapper.  Pas commune, surtout à un endroit significatif : je porte une grosse bague en or, une bague de fin d’études d’une université allemande, avec une date : 195… le dernier chiffre n’est plus lisible.  Ce bijou a été déposé « au clou » (préteur sur gages) et n’a jamais été racheté par son propriétaire.  Mon grand-père, déporté de Hongrie en Allemagne, après la dernière guerre, investissait dans l’or, la valeur sûre de l’époque, et se fournissait là-bas en achetant des bijoux oubliés.  Cette bague représente la façade d’un gros bâtiment.  Avec tous les décès de proches que j’ai vécu ces dernières années, et pour ne pas porter un souvenir de chacun, au risque de me déguiser en sapin de Noël, je les rassemble tous dans « la maison » de ma bague.  Symbole des gens que j’aime et qui sont partis à tout jamais.

 

Habituellement, je la porte à l’auriculaire gauche, mais mon amaigrissement lui fait prendre des risques, je l’ai donc déplacée à l’annulaire gauche.  Et pour conjurer le sort, pour m’entourer des bonnes grâces de mes défunts, je la garde jour et nuit sur moi.

 

Voilà que soudainement des chatouillements se manifestent, et lorsque je retire la bague, j’aperçois un anneau de boutons !  Si, un anneau, pas la forme évasée du décor, juste un anneau rougi et boutonneux…  Symptomatique ?  Peut-être bien, je prends bonne note du message : pas d’alliance possible !

 

Et mes rêves, ma série américaine se poursuit, et j’ai enfin trouvé ma voie pour poursuivre des études supérieures ! 

 

Toujours subsistant plus ou moins minablement dans un appartement, studio, endroit peu probable, sans confort et en désordre, j’ai pris la décision d’aller frapper à la porte d’un professeur de dessin.  En fait, le nom de ce professeur m’indique plutôt un professeur de français que je n’ai même pas eu dans ma scolarité.  Mais il se fait que de poète reconnu dans sa région, il est devenu artiste !  Et j’ai un projet très précis, un truc plissé, en relief.  Je viens vers lui pour qu’il me donne des cours de dessin !  Mes humanités artistiques n’ont pas été à la hauteur de mes attentes, on ne m’a rien appris, on m’a juste dit de laisser mon esprit vagabonder, qu’il ne fallait pas apprendre la technique, seulement suivre son instinct, et j’en ai retiré de la frustration parce que mon esprit restait muet.  Alors, je veux de la technique !  Et c’est là que je viens la chercher !  Et le prof accepte de me prendre parmi ses élèves !  Voilà, j’ai trouvé ma voie !  Avec la technique je vais pouvoir développer mon instinct !

 

Je m’éveille satisfaite, contente de moi, de mon choix, comme une révélation qui me saute aux yeux après tant d’hésitations.

 

Où mes rêves vont-ils encore me mener ?  Demain c’est vendredi, et pour la superstitieuse que je suis, maman disait que les rêves du vendredi se réalisent…  Encore faudra-t-il que je m’en souvienne !

 

La journée n’a pas été à la hauteur de ce rêve plaisant.  J’ai pioché dans mes écrits de la dernière année, comme ça, un peu n’importe où, mais pas n’importe comment.  J’y ai retrouvé le même état d’esprit qu’actuellement : lassitude, fatigue, frustration.  Je n’ai pas approfondi la lecture trop démoralisante.  J’y ai retrouvé des signes d’espoir vis-à-vis de ma relation avec Dam.  Il avait le don de me fléchir l’échine, de me pousser à des remises en question de mes projets.  Il a très bien réussi, je n’ai plus mes grands projets, je suis dans le renoncement général, quant à ma maison communautaire, quant à ma vie affective, quant à mes idéaux.  Table rase du passé, le temps est à la reconstruction d’un édifice solide.  Mais je n’en ai pas encore creusé les fondations, je n’ai pas encore le plan… 

 

Cherche architecte apte à me guider pour reconstruire ma vie !  Ma tête est vide, autant que mon lit !

 

18:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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