06/07/2013

Zosio (46)

 

Fin de semaine dans les larmes.  Pour pas grand-chose en fait : en sortant fumer une clope, à midi, j’ai vu Dam parler doucement au téléphone.  Evidemment, j’imagine qu’il lui parle à « elle », l’autre.  Lorsqu’il m’aperçoit, il part plus loin.  Et les larmes sont montées d’un coup.  Pourquoi a-t-elle droit au respect que je n’ai pas eu ?  Pourquoi a-t-il des petites attentions pour elle que je n’ai pas eues ?  Pourquoi, l’an dernier, alors que nous étions déjà ensemble depuis plus d’un mois, restait-il toutes les soirées avec les étudiants, alors que cette année, il quitte à la fin de son travail et elle vient le chercher pour rentrer « chez eux » ?  Pourquoi ai-je été privée de tout ce qu’il lui attribue ?  Est-ce les quinze années en moins par rapport à moi qui font la différence ?  Et oui, j’ai craqué…  Discrètement bien sûr !  Je sortais régulièrement noircir les verres de mes lunettes pour cacher mes yeux, et je marchais la tête basse.  Je me suis sauvée à 16 h pour aller chercher le fils à son institut.  Et là, pas de chance !  L’assistante sociale qui nous accueille était seule dans la pièce de réception des parents.  Et elle m’a demandé s’il m’était revenu !  Elle croyait qu’il reviendrait, moi aussi j’y ai cru.  Et les larmes à nouveau !  Elle s’est excusée et tentant de quitter le sujet, elle restait dessus et approfondissait mon désarroi… 

 

Que d’eau salée !  Pour un peu, je me serais crue à la côte !

 

Et encore un morceau de rêve : nous étions tout un groupe en partance pour une terre d’asile.  Sans doute qu’il y avait encore la guerre dans mon pays.  Nous avons embarqué sur un bateau, un grand bateau, et nous avons quitté le port.  En pleine mer, un immense bateau nous a heurtés.  Allions-nous couler ?  Allions-nous résister malgré l’intensité du choc ressenti ?  Réveil.  Est-ce que je sombre vraiment ????

 

Par bonheur, le fils m’a occupée durant la journée, et le beau temps nous a permis de travailler au jardin.  Je creuse, je dessouche, je suis moulue, c’est une bonne fatigue physique…  Même si la pensée reste braquée là où il ne faut pas et si mon fils africain continue de me harceler pour venir vivre ici et me rendre heureuse…  J’ai beau lui dire que je ne suis pas amoureuse de lui, il n’en a cure !  Il veut devenir mon homme, ou il veut se barrer de là-bas sans doute !  C’est au moins un piège dans lequel je n’ai pas l’intention de tomber !

 

17:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Je ne suis pas assistante sociale, ni sociologue ni autre truc sociologique du genre, mais ce qui m'interpelle dans ton blog c'est l'addiction de Dam. Je croyais que les drogues hard, on ne les rencontraient qu'en ville. Qu'à la campagne, c'était moins courant. D'accord, la bibine et autres trucs du genre, je peux comprendre, vu que dans les patelins du style rural ça doit pas être la joie tous les jours, tout le monde connaît tout le monde, le train-train quotidien doit pas être super excitant et donc le recours à la pompe à Jupiler, Maes et autres liquides houblonneux à mousse peut aider. Mais l'héro, là, je pige moins...

Écrit par : Un homme | 07/07/2013

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Ouh là ! Faudra que tu sortes un peu à la campagne, surtout en zone sinistrée économiquement ! Niveau culturel = zéro. Pas de loisir, trop cher, pas d'études, trop cher et démotivant, par contre les dealers ont encore de beaux jours devant eux. Ils vendent le rêve ! Ils ont un énorme marché dans ces zones, d'autant que l'addiction est très rapide et la volonté d'avancer est nulle. A chaque coin de rue, en roulant en voiture, Dam me montrait tous les défoncés du coin, des durs, pas des fumeurs de joints, des péteurs de câble ! Des fêlés, et de tous les âges, ravagés... Le tableau est plutôt sinistre. Je préfère rester enfermée chez moi, comme de plus en plus de mes voisins, nouveaux arrivants, séduits par le prix de l'immobilier et en recherche de vie un peu rurale. Et à la campagne, la sinistrose ambiante est encore plus criante, comme tu le dis, tout se sait, tout le monde se connait, et les ragots circulent plus vite que la lumière, d'autant que tout le monde achète au même endroit, et cherche sa dépanne chez l'un ou l'autre consommateur en cas de manque d'approvisionnement direct. Tout le monde deal et tout le monde consomme...

Écrit par : Zosio | 07/07/2013

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Tu m'inquiètes, là...

Écrit par : Un homme | 07/07/2013

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ben non tout le monde ne deal pas ni ne consomme : pas moi !

Écrit par : ambreneige | 08/07/2013

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