12/07/2013

Zosio (48)

 

Ouf, semaine finie !

 

En panne de médicaments, je dois passer chez mon toubib au matin.  Tension encore trop élevée, bien trop élevée, malgré les suppléments des suppléments déjà prescrits.  Alors ?  Encore un supplément !

 

Et le doc qui s’interroge quant à cette cocotte à pression, et il m’interroge, et rebelote, les larmes m’inondent à nouveau !  Mais c’est quoi cette histoire ?  Je vais me noyer tous les vendredis ou quoi ?  Il suffit qu’on me demande comment je vais autrement que l’éternel et poli « ça va ? » qui suit le bonjour et qui ne demande pas de réponse pour que la fontaine démarre !  Je veux que ça s’arrête !  Je veux retrouver le plaisir de vivre, même seule !  En fait, je ne supporte et n’aime plus que ma solitude, mon enfermement.  Il n’y a plus que là que j’arrive à ne pas flancher, je me contente de discuter avec mon pigeon, avec mon perroquet, avec les chats du quartier.  L’humain me désespère.  Je n’apprécie la compagnie que de mon grand frère de cœur, parce qu’il est dans le même état que moi (same, same comme on dit en Thaïlande), et les larmes sont seulement le reflet de nos ressentis et sont respectées, et comprises dans notre connivence.  Mais nos rires sont bien plus courants !  Quand on est dans l’état où nous sommes, la dérision devient notre mode de communication.  On se permet de passer par l’arc en ciel des sentiments, sans honte, sans retenue ni restriction.  Vivons-les !  Nous ne sommes pas encore des robots, gardons notre humanité même si elle prend des chemins que nous préférerions éviter.  Sans doute nous mènent-ils vers d’autres horizons, meilleurs (sûrement) ?

 

Au moins, lorsqu’il pleut, qu’il fait gris, qu’il fait froid, on a le droit de maugréer, on est comme tout le monde, mais s’il fait soleil et que les larmes pointent leur nez, c’est choquant, dérangeant.  Les larmes dérangent toujours, mais encore plus sous le soleil.  A moins d’être devant une tombe ouverte.  Pourtant, j’ai l’impression d’être en permanence dans un cimetière rempli de tombes ouvertes, avec tous les morceaux de moi, de ma vie qui sont morts, les uns après les autres…

 

Demain, j’irai au refuge animalier, un compagnon canin pourrait-il me sortir de ma torpeur ?  Je l’ignore, il se pourrait qu’il me fatigue encore plus, qu’il m’irrite, qu’il m’en demande trop.  Il se pourrait qu’il me guide vers d’autres horizons, m’incitant à sortir de ma coquille.  Je ne sais pas, je vais fonctionner aux sentiments, au flash.  Après 9 années de vie là-bas, je suis blindée, je ne me laisserai pas attendrir facilement, je prendrai le temps de la réflexion.  Il s’agit d’une responsabilité importante…

 

18:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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