09/08/2013

Zosio (57)

 

Mince alors !

 

Prise dans mon rythme stage, qui signifie la fin de mon congé du lundi pendant 5 semaines, voilà que je me trompe de jour, et là-dessus, je loupe ma réunion AA de mercredi…

 

Lundi, mon premier lundi calme après la tempête, j’ai reconduit le fils à son institut le matin, puis la glande totale jusqu’à mon rendez-vous chez le dentiste. 

 

Il me voit souvent le dentiste ces derniers mois.  Mon stress, ma tension font que je serre les dents en dormant, ainsi que toute la journée, mais je tentais de contrôler en mode veille.  Résultat, les dents explosent, un petit morceau par-ci, un petit morceau par-là, et des rendez-vous en cascade.  Je suis rentrée à la maison avec un quart de bouche endormie, et j’ai repris ma glande absolue.  Non, pas envie de faire quoi que ce soit, seulement me distraire avec le pc, repos ! 

 

Mardi, j’arrive au boulot à 8 h.  Je suis la première.  Je remarque la voiture que conduit Dam stationnée de l’autre côté de la route, un peu plus bas dans la rue.  Et effectivement, il sort du site en contournant la barrière, se glissant entre la végétation et le poteau.  Il porte un morceau de gouttière sous le bras.  Sa nouvelle femme a des fuites ?  Sans doute, ou alors c’est sa charmante mère ?  Quoi qu’il en soit, il pensait avoir le champ libre pour venir se servir dans le matériel du travail.  Je savais, il le faisait déjà quand il vivait avec moi alors que je pouvais acheter le nécessaire, mais c’est dans sa nature : ne pas acheter ce qu’on peut voler !

 

Sans doute a-t-il pensé que je me calquais sur les horaires des deux sous-lieutenants qui restent durant l’été, et que je commençais une heure plus tard…  Non, pas de bol !

 

Alors, il me sourit, comme si de rien n’était.  Me glisse qu’il vient de remettre l’alarme et que je devrai peut-être patienter un peu avant d’ouvrir.  Je reste muette.  Je n’ai rien à lui dire.  Je sors de la voiture pour ôter le cadenas de la grille, il vient me faire la bise pour me dire bonjour !  Il n’y a pourtant aucun collègue, il pourrait se passer des politesses.  Personnellement, c’est ce que je fais.  Quand je le croise en rue, je ne réponds plus à son salut.  Mon hypocrisie ne va pas encore jusque-là.  Bref, alors que je croyais en être débarrassée pour tout le mois, je l’ai encore croisé dimanche matin en sortant du petit magasin du village, toujours au volant, toujours seul, puis mardi matin, rebelote…  Mais quand sera-t-il hors de mon champ de vision ?  Il me pollue là !

 

Quand arrive mon premier collègue, mon préféré, je lui relate la rencontre du matin.  Il manifeste clairement sa contrariété, son étonnement.  Et non, il ne s’attendait pas à ce type d’attitude de la part de Dam.  Et pourtant, ils commencent tous à le voir sous son véritable jour.  Comme moi, il déplore son lourd handicap éducatif et social.  Ce type avait tout pour faire quelque chose de vraiment bien de sa vie.  Il aurait été parfaitement capable de mener des études universitaires, il a un flair sans pareil, et un réel don artistique, mais il gâche tout, sans arrêt.  Dès qu’il débute un truc, il l’abandonne, et préfère retourner dans sa fange.  Combien s’y sont cassés les dents à vouloir l’aider…  Moi, la dernière en date.

 

Je lui narre le scandale et les menaces qu’il a proférées dans ma rue, après avoir reçu ma dernière lettre, ainsi que l’intervention de sa mère 10 minutes plus tard.  Oui, c’est bien ce qu’il pensait du village, un paradis pour barakis…

 

Lorsqu’arrive le dernier collègue, lui aussi parle de Dam.  Il était à la pompe, avec la voiture de madame, de grand matin.  Evidemment, « pour faire des petites courses » ou commencer sa journée avec ses indispensables bières pour faire cesser son tremblement de manque ?

 

Président passe dans la matinée.  Je n’attends plus, je l’informe de ma situation et lui demande son aide pour soumettre à la signature de Dam sa demande de remboursement mensuel directement en la décomptant de son salaire net.  Président est estomaqué, ulcéré.  Non, lui non plus ne s’attendait pas à cela.  Dam a tellement bien appris à mentir qu’il a berné tout le monde.  Président va m’aider.  Je lui explique les cures de désintox, dont la mienne, mon suivi personnel son refus de suivi, le pillage affectif et financier, il n’en faut pas plus pour le révolter.

 

Le soir, mon grand frère de cœur passe à la maison, après son entrevue avec mon beauf qui est rentré d’Afrique pour trois semaines.  L’amoureux transi de ma défunte sœur et son veuf se rencontrent pour la première fois.  Oui, ils l’aiment tous les deux, chacun à sa façon, mais l’amoureux transi la connaissait aussi bien que le veuf qui a vécu 20 ans auprès d’elle.  Mais pourquoi ma sœur a-t-elle décidé de sacrifier sa vie de femme en se mariant avec un homosexuel ?  A-t-elle fait le choix du pouvoir au détriment de l’amour ?  S’agissait-il d’un marché tacite ?  Et grand frère reste avec ses regrets, son désespoir de n’avoir pas pris le temps de résoudre le malentendu de leur rupture, 43 ans plus tôt…  Il garde le goût amer d’un gâchis, d’une forme de lâcheté.  Il nous est terrible de découvrir cette femme, ma sœur, aujourd’hui, 11 ans après son assassinat. 

 

Le lendemain, c’est beauf qui s’annonce !  Bon, OK, restez souper avec nous alors !  Le Papé aura de la visite comme ça.  Il se plaint de sa solitude.  Et ainsi, le beauf et son fils adoptif verront les progrès de la maison depuis l’été dernier. 

 

J’improvise rapidement des petites courses pour le repas.  Faire facile !  Un rôti de porc fera l’affaire.  De retour à la maison je pense que le lendemain je serai encore en soirée prolongée par la réunion AA…  C’est alors que je me rends compte que nous sommes un jour plus tard, déjà !  Et que j’ai oublié mon GSM au bureau !  J’utilise celui du Papé pour m’excuser de mon absence.  C’est, d’abord, poli.  Ensuite, lorsqu’un habitué est absent sans prévenir, nous sommes toujours inquiets pour lui.  Nous avons remarqué que, souvent, c’est en raison d’une rechute.

 

Le repas est presque prêt, et soudain j’y pense : le fils adoptif de beauf est musulman !  J’ai l’air fin avec mon rôti de porc !  Mais où avais-je mis ma tête aujourd’hui ?  Blonde à fond !  Je lui propose du saumon fumé en remplacement.  Ouf, il aime !

 

J’ai personnellement mis en contact mon frère de cœur et le beauf.  Je ne tiens cependant pas à en parler, je ne souhaite pas provoquer de polémique, et comme mes relations avec mon nouveau frère sont proches (non, pas intimes), je me méfie, je ne parle pas ouvertement pour me préserver des critiques et des malentendus.

 

Finalement, à la fin de la semaine, je suis arrivée à me situer dans le temps !

 

Et le WE qui approche, on me trouvera chez mon frère, pour une grande fête dans sa petite ville !

 

14:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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