19/08/2013

Zosio (60)

 

Journée à l’hôpital !  Un retour huit mois après la thérapie de janvier.  Deux femmes du groupe manquaient à l’appel.  Vacances ?  Désintérêt ?  Qu’importe, c’est leur histoire.  On nous a déménagés !  Le service que j’ai toujours connu au même endroit, depuis 10 ans, a changé d’étage et de situation.  Notre salle de réunion est une chambre à quatre lits encore à aménager, mais elle bénéficie de l’éclairage naturel et d’une vue superbe sur la vallée mosane.  Encore des feuillets informatisés à remplir, uniquement pour les statistiques de l’INAMI qui se demande bien si elle va poursuivre la subvention de ces soins particuliers.  Actuellement, la thérapie est en test, et le remboursement n’a été attribué que pour trois années consécutives.  Les pontes semblent estimer que la méthode ne porte pas suffisamment ses fruits…  Je dois bien reconnaître que le fait de sortir du groupe et de l'encadrement constant des psys est un moins évident.  Certains sont revenus comme au premier jour, moulins à paroles, geignant sur leur pauvre sort, pratiquement négatifs.  C’est un peu l’attente de la guérison, du mieux-être, par la seule force des autres.  Eux, ils n’y peuvent rien !  Certains sont victimes de la maladie (douleur chronique qu’on appelle ça), de l’incompréhension de l’entourage, de la routine qui s’est réinstallée, enfin, tous les prétextes sont valables pour justifier un immobilisme personnel.  Car c’est bien de cela qu’il s’agit.  Une « thérapie » demande, exige une mise en question de son propre fonctionnement, et c’est à cette condition que l’interlocuteur, en face, changera d’attitude.  Que le cliché routinier s’adaptera aux changements de la personne.

 

Les quatre femmes présentent sont en meilleure posture, plus constructives, même si trois d’entre elles sont maintenant célibataires alors qu’elles vivaient en couple en janvier.  Nous avons bien ri des questions idiotes qui nous étaient posées, du genre : combien de fois avez-vous eu des rapports sexuels ces deux derniers mois ?  Facile !  Zéro pointé !  Ils auraient pu spécifier si c’était avec ou sans partenaire, peut-être auraient-ils pu affiner les résultats des statistiques…

 

Puis, notre infirmière assistante, que j’ai toujours connue, nous apprend qu’elle sera pensionnée en octobre.  Nous ne la verrons donc plus à notre dernier retour, en janvier, un an plus tard.  Elle m’encourage particulièrement en me quittant.  C’est vrai que nous avons partagé beaucoup de temps de parole, et je l’écoutais aussi me parler de sa vie, une grande confiance réciproque et un grand respect nous liaient.

 

En bons petits soldats, nous avons repris notre chemin.  La journée devait durer jusqu’à 16 h, mais elle se termina à 12 h.  Alors, que faire en attendant mon rendez-vous de 17 h 15 ?

 

Donner du sang !  Il n’y a que deux mois que j’y suis passée, mais il manque de donneurs l’été.  Autant essayer…  Et on m’a acceptée !  Alors, j’ai eu droit à mon Cécémel !!!

 

Lecture dans le parc, j’avais emmené mon bouquin du moment.  De gros nuages menaçants sont arrivés, j’ai opté pour la cafétéria !  Aux abris !  Et j’ai mangé un gâteau, un merveilleux. 

 

Et là, en voyageant dans l’immense bâtiment, je me suis vraiment sentie « chez moi ».  Comme un retour aux sources, une évidence d’être là, de voyager partout, sans me poser la moindre question, simplement en me faisant plaisir.  C’est le lieu dans lequel j’évolue rien que pour mon plaisir.  Ma caverne d’Ali Baba…

 

Et la journée s’est achevée par ma consultation, avec trois quart d’heure de retard, mais encore une charmante doctoresse,  Même si c’était dans un autre service…

 

22:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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