27/08/2013

Zosio (61)

 

Les jours se sont enchaînés, vite, trop vite !

 

Evidemment, quand je me sens bien, la vie file à grande vitesse, quand je suis triste, le temps s’étire à l’infini…

 

Et là, quatre jours et trois nuits avec mon frère de cœur, le long d’une plage de la côte d’Opale, et c’est le paradis sur terre ! 

 

Comme si nous nous connaissions depuis toujours, comme un vieux couple après la passion, quand la tendresse a pris le dessus, le respect mutuel, le plaisir des instants partagés, le droit de parler de tout, absolument tout, sans tabou.  Le droit de nous tenir par la main avant de nous endormir dans le même lit, tout en gardant nos places bien éloignées dans ce king size confortable.  Une seule et même couette pour nous deux.  Le port d’une djellaba pour m’envelopper le corps et ne pas être provocatrice.  C’est encombrant ce truc pour dormir, je ne porte rien à la maison.  Et la question qui taraude les esprits : on le fait ou on le fait pas ?  Et nous ne l’avons pas fait ! 

 

On en parle…  Lui, le souvenir de ma sœur, l’impression de commettre un inceste, puis, notre amitié, notre complicité qui en souffrirait sans aucun doute.  Il serait idiot de casser ces sentiments.  Moi, me connaissant, l’acte sans l’amour profond qui va avec, ce ne sera que trois petits tours et puis s’en vont, et à nouveau le risque de casser ce qui marche trop bien entre nous.  Ou alors, sombrer dans l’ivresse amoureuse et risquer qu’elle ne soit pas partagée.  Et là, j’ai trop donné.  Entre tous ces risques, je préfère garder et cultiver l’amitié qui nous lie. 

 

Bien que je sois guérie de Dam, je ne suis pas encore prête à retenter l’expérience de l’amour, ni du désamour d’ailleurs.

 

Mon frère est merveilleux, il observe ce qui se passe autour de moi, me dit que les hommes me suivent des yeux lorsque je passe devant dans la rue, sur une terrasse…  Ah bon ? 

 

Bien sûr, nous sommes dans une station balnéaire de type familiale, donc pas à Saint Tropez non plus !  Pas beaucoup de corps dénudés, parfaits, bronzés, de jouvencelles, à se mettre dans les mirettes !  Alors, je conviens aux hommes d’âge mûr pour qui madame a perdu de son charme d’antan.

 

Il me dit que je suis belle, même plus belle que ma sœur qui portant était merveilleuse, on ne voyait qu’elle dans la fratrie, elle avait tout, le cerveau, la beauté, et un sacré caractère qui ne passait pas inaperçu.  Une répartie cinglante, de nombreuses références littéraires, une dominatrice qui cherchait son maître.  Elle l’a rencontré, mais il l’a abandonnée pour obéir à son père, il n’avait que seize ans…  C’est cet amour qu’il recherche, sans espoir de la retrouver, elle est morte, il y a onze années déjà…

 

Alors, nous échafaudons les suites de l’histoire, nous créons des scénarii, nous analysons le passé, nous tentons de comprendre son impact sur notre présent, et nous restons encore en communion d’esprits.

 

J’évoque souvent mon développement personnel depuis mon grand clash d’il y a dix ans, tout ce que la thérapie m’a apporté, et il me répond que je parle facilement de ma déviance psychologique alors que parmi ses connaissances il me considère comme la femme la plus équilibrée.

 

Alors, c’est sûr, en rentrant, je me sens forte, je me trouve belle, je retrouve la maison qui me bouffe depuis plus d’une année, et je la mate maintenant, ce n’est plus l’inverse.  J’ai le droit de la quitter (c’est la première fois que je ne dormais pas chez moi), c’est moi le maître, pas elle !  Le jardin me fait un clin d’œil.  Oui, je sais, les mauvaises herbes poussent !  Et je dois terminer mon living pour la mauvaise saison, mais je ne me sens plus dans l’urgence.  Chaque chose en son temps, et là, je viens de m’offrir un grand plaisir !  Depuis le temps que mes psys me le prescrivent :

 

-        Plaisir !  Faites-vous plaisir, vous le méritez bien !

 

Voilà, c’est fait !  Et le remède est magique !

 

20:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

19/08/2013

Zosio (60)

 

Journée à l’hôpital !  Un retour huit mois après la thérapie de janvier.  Deux femmes du groupe manquaient à l’appel.  Vacances ?  Désintérêt ?  Qu’importe, c’est leur histoire.  On nous a déménagés !  Le service que j’ai toujours connu au même endroit, depuis 10 ans, a changé d’étage et de situation.  Notre salle de réunion est une chambre à quatre lits encore à aménager, mais elle bénéficie de l’éclairage naturel et d’une vue superbe sur la vallée mosane.  Encore des feuillets informatisés à remplir, uniquement pour les statistiques de l’INAMI qui se demande bien si elle va poursuivre la subvention de ces soins particuliers.  Actuellement, la thérapie est en test, et le remboursement n’a été attribué que pour trois années consécutives.  Les pontes semblent estimer que la méthode ne porte pas suffisamment ses fruits…  Je dois bien reconnaître que le fait de sortir du groupe et de l'encadrement constant des psys est un moins évident.  Certains sont revenus comme au premier jour, moulins à paroles, geignant sur leur pauvre sort, pratiquement négatifs.  C’est un peu l’attente de la guérison, du mieux-être, par la seule force des autres.  Eux, ils n’y peuvent rien !  Certains sont victimes de la maladie (douleur chronique qu’on appelle ça), de l’incompréhension de l’entourage, de la routine qui s’est réinstallée, enfin, tous les prétextes sont valables pour justifier un immobilisme personnel.  Car c’est bien de cela qu’il s’agit.  Une « thérapie » demande, exige une mise en question de son propre fonctionnement, et c’est à cette condition que l’interlocuteur, en face, changera d’attitude.  Que le cliché routinier s’adaptera aux changements de la personne.

 

Les quatre femmes présentent sont en meilleure posture, plus constructives, même si trois d’entre elles sont maintenant célibataires alors qu’elles vivaient en couple en janvier.  Nous avons bien ri des questions idiotes qui nous étaient posées, du genre : combien de fois avez-vous eu des rapports sexuels ces deux derniers mois ?  Facile !  Zéro pointé !  Ils auraient pu spécifier si c’était avec ou sans partenaire, peut-être auraient-ils pu affiner les résultats des statistiques…

 

Puis, notre infirmière assistante, que j’ai toujours connue, nous apprend qu’elle sera pensionnée en octobre.  Nous ne la verrons donc plus à notre dernier retour, en janvier, un an plus tard.  Elle m’encourage particulièrement en me quittant.  C’est vrai que nous avons partagé beaucoup de temps de parole, et je l’écoutais aussi me parler de sa vie, une grande confiance réciproque et un grand respect nous liaient.

 

En bons petits soldats, nous avons repris notre chemin.  La journée devait durer jusqu’à 16 h, mais elle se termina à 12 h.  Alors, que faire en attendant mon rendez-vous de 17 h 15 ?

 

Donner du sang !  Il n’y a que deux mois que j’y suis passée, mais il manque de donneurs l’été.  Autant essayer…  Et on m’a acceptée !  Alors, j’ai eu droit à mon Cécémel !!!

 

Lecture dans le parc, j’avais emmené mon bouquin du moment.  De gros nuages menaçants sont arrivés, j’ai opté pour la cafétéria !  Aux abris !  Et j’ai mangé un gâteau, un merveilleux. 

 

Et là, en voyageant dans l’immense bâtiment, je me suis vraiment sentie « chez moi ».  Comme un retour aux sources, une évidence d’être là, de voyager partout, sans me poser la moindre question, simplement en me faisant plaisir.  C’est le lieu dans lequel j’évolue rien que pour mon plaisir.  Ma caverne d’Ali Baba…

 

Et la journée s’est achevée par ma consultation, avec trois quart d’heure de retard, mais encore une charmante doctoresse,  Même si c’était dans un autre service…

 

22:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

17/08/2013

Zosio (59)

 

Mes vacances débutent par une cure de sommeil !  Je dors jusqu’à 12 heures par nuit !

 

C’est que j’en avais besoin !

 

Et je rate encore un rendez-vous chez le gyné, juste un dépistage.  Je croyais que c’était l’après-midi, je me suis levée à 10 h 45, j’étais prête à partir à 13 heures, et quand j’ai posé mes lunettes sur mon nez pour lire les notes du calendrier, j’ai lu 11 h !

 

Vite appeler !

 

C’est bon, comme je passe toute ma journée de lundi au CHU, je pourrai passer après 17 h aux consultations.

 

Je décide de tenter l’aventure vers le garage sans rendez-vous pour l’entretien annuel de ma petite auto : surbooké !  Toujours lorsqu’un jour férié tombe au milieu de la semaine.  Ce sera donc pour la semaine prochaine, ou plus tard. 

 

Un Brico sur la route ?  Encore une fortune dépensée en peintures, outils, je suis en chantier moi !  Je veux que mon living ressemble à une véritable pièce de séjour, finie et tout !  Et j’en ai du boulot !  Des moulures à fixer au plafond, un faux plat à poser au-dessus de ma fenêtre, nettoyer toutes les bavures de silicone que Dam m’a laissée, et encore un peu de plafonnage de finition, bref, pas de quoi m’ennuyer !  Sans compter les portes à démonter, à poncer, trouver une astuce pour les rendre plus présentables, déplacer les meubles, dont le très fragile « meuble noir »…  Sur le coup, je passe au bureau et je demande l’assistance de mon collègue et d’un étudiant qui travaille sur son mémoire.  Ils me font ça les doigts dans le nez, en 5 minutes, après leur journée !  Même pas le temps de boire un pot, ils reprennent la route !

 

De mur en mur, j’avance, je suis fière du résultat obtenu !  Les moments de pause, entre deux couches de peinture, sont consacrés au jardin.

 

Je suis une souillon de la tête aux pieds !  Chaque coin et recoin est visité, lavé, remis à neuf !  Et j’aime ça !  Je m’occupe de moi, je me fais plaisir, je sais que j’éprouverai du plaisir et de la fierté lorsque je regarderai mon séjour dans l’ordre que j’imaginais, avec les quelques surprises qui surgissent en cours de travail.

 

Comme je m’y attendais, Dam n’a pas versé sa mensualité pour le prêt que je lui ai accordé.  Le 14, je lui ai envoyé un SMS : 14 août.  Mes 100 euros ?  Bien sûr, je n’ai pas eu de réponse.

 

Et là, le fils m’épaule dans mon travail.  Il est adorable d’attention, de patience.  Je change toutes nos habitudes, et il accepte avec le sourire.

 

Mon amie française plaquée me tient au courant de ses aléas, par téléphone.  La recherche d’un autre logement pour poursuivre sa formation lui a causé bien des tracas.  Mais elle a quand même réussi !  Quand tout ça sera derrière elle, elle viendra passer un WE à la maison, me faire le rapport de tout ce branle-bas de combat !  Elle non plus n’a plus de famille, elle vit seule et s’assume.  Je sais que ça lui fera du bien d’avoir une oreille attentive pour se raconter : sa déception, son désarroi, son incompréhension.  Comment ?  Elle est encore tombée sur un taré ?  Et bien oui, et c’est le deuxième d’affilée !

 

Je voudrais trouver un stage de « flair ».  Il nous faudrait bien ça pour tenter de repérer les escrocs des sentiments…

 

Et comme je l’ai annoncé, je vais partir à la côte d’Opale, pendant trois jours, avec mon frère de cœur !  Et nos pc…  Nous y allons quand même pour écrire !  Notre projet doit voir le jour.

 

Voilà, l’aventure nous attend !  Je n’arrive pas à réserver un truc en ligne parce que je n’ai pas de carte visa !  On trouvera bien quelque chose, et si c’est désastreux, ça nous fera un truc à raconter, un souvenir pour plaisanter…

 

Et comme je dors beaucoup, je rêve aussi !  Et il semble que l’état de guerre dans lequel je voguais ces dernières semaines, s’estompe !  J’ai même vu des trains qui revenaient d’exode avec des familles.  Et un homme qui retrouvait sa femme, sur le quai, après cinq ans de séparation, et elle avait plusieurs enfants de moins de 5 ans…  Il trouvait ça assez banal.  Il disait seulement qu’elle n’était pas restée seule pendant le conflit…

 

Et la nuit dernière, j’ai rêvé que ma sœur hébergeait, dans sa chambre de la maison familiale, Lenny Kravitz !  Rien que ça !  Sur le coup, j’avoue que je l’admirais !    Non, mais Lenny, c’est pas n’importe qui hein !  J’ai pratiquement tous ses CD !

 

Par contre, ma sœur, je crois qu’elle ne connait même pas son nom, et elle détesterait sans doute ce qu’il fait.  Elle me confiait, en outre, qu’ils ne faisaient que dormir ensemble, il était crevé quand il rentrait se coucher…  Bon, moi, si Lenny occupait mon lit, je ne pense pas que je le laisserais dormir quand même !

 

Et vive les vacances !!!!

 

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