14/09/2013

Zosio (65)

 

Le lendemain, le Dam vient quand même au boulot, mais avec une heure de retard.  Comme la veille, il m’ignore totalement quant au simple « Bonjour » et entre directement dans le bureau qu’il partage avec Patron et les deux sous-chefs, absents pour la semaine.

 

Ni une ni deux, je vais dans le bureau où il se planque derrière les étagères, et je lance un tonitruant :

 

-        Bonjour !

 

Il me répond un timide et discret « bonjour », je continue ma route vers la cuisine.

 

La journée, se déroule sans que nous nous croisions, l’évitement est sa tactique du moment.

 

Vers 15 h 15, Président sonne :

 

-        Alors ?  Où en sommes-nous ?

 

-        Rien, pas un seul mot !

 

-        Passe-moi Patron.

 

Patron prend le relais, il quitte le bureau avec le sans fil pour discuter loin de Dam.  Lorsqu’il revient, il ferme la porte.  J’imagine qu’ils vont parler…

 

16 h.  Les hommes de terrain sont descendus, aucun message ne filtre, d’aucun côté.  Je traîne à dessein, mais Patron ne fait pas mine de vouloir me parler de l’échange verbal entre eux.

 

Tout le monde quitte le bureau, et le Dam vient me faire une bise en me saluant !

 

Ah bon ?  Trêve ?

 

Dernier jour de la semaine, toujours une heure de retard.  Sa « copine » commence sans doute à 9 h, alors il n’a pas de moyen de locomotion pour arriver avant.

 

Il vient me dire bonjour.  C’est vrai quoi, il ne faudrait pas ajouter l’impolitesse à la malhonnêteté !

 

Je calcule le désert de travail qui m’attend, et je décide de prendre congé la semaine prochaine, je dois utiliser mes VA avant la fin de l’année, et surtout, j’ai du travail à la maison, toujours ma cuisine à finir de peindre.

 

En présentant le signataire de Président pour sa prochaine visite, je glisse à Patron que les documents soumis à la signature de Dam cette semaine y sont toujours, en attente de sa décision.  Et là, j’apprends qu’il aurait versé de l’argent sur mon compte…

 

Oui, en rentrant, je vérifie mes extraits : 100 € !  Cool !  Le versement du mois d’août sans doute ?  Et septembre, ce sera quand ?  Et chaque mois, je devrai contrôler, m’inquiéter, prévenir Président et Patron ?  Non, mais on rigole là !  Je connais le loustic !  Et je vois bien, sans aucune difficulté, qu’il va de mal en pis.  Il se néglige de plus en plus, au point de dégager des odeurs peu plaisantes.  Comme je lui avais écrit, dans ma dernière lettre, celle de la mise au point finale, « où en seras-tu en septembre ? ».  Je ne voulais pas faire dans le prémonitoire, force m’est de constater que je voyais juste.  Je vais donc bientôt prendre contact avec un avocat, je ne vais pas supplier mes supérieurs d’intervenir sans cesse dans un problème personnel qui doit m’emmener jusqu’en décembre 2017 (+ 1 mois déjà).

 

Avant de chercher le fils, j’ai rendez-vous avec ma psychologue.  La dernière fois que je l’ai vue, c’était fin juin.

 

Que d’événements à lui conter !

 

Quel plaisir d’en être sortie pour les narrer avec force et fierté.  Elle est sciée de savoir que je n’ai pas rechuté dans l’alcool malgré tous ces tourments.

 

Oui, je suis forte, je me sens forte, et le duel que je livre à Dam me renforce encore plus.  Effectivement, comme elle le souligne, ma colère me permet de lutter contre ma tristesse.

 

Nous évoquons mes doutes quant à la possibilité, pour moi, d’arriver un jour, à partager ma vie avec un homme…

 

Elle pense que si, que je me pose les bonnes questions qui me permettraient de pouvoir partager le reste de mes jours avec un conjoint, mais pour autant que je ne choisisse pas, encore et toujours, en fonction de ma large propension à materner.  Si l’occasion m’est donnée de rencontrer un homme avec lequel je pourrais me poser en tant qu’adulte plutôt qu’en tant que mère, j’aurais de grandes chances d’y arriver.

 

Il ne tient plus qu’à moi de ne plus fondre devant les lamentations qu’on me confie avec une facilité déconcertante.

 

Dans l’analyse de ma relation avec Dam, je me suis bien rendue compte qu’il n’avait pas choisi le moment de me séduire par hasard, nous nous connaissions depuis de longues années.  Ma grande faiblesse due aux circonstances dramatiques de 2012 lui a donné l’occasion de prendre place dans ma vie, autrement qu’en simple collègue sympathique…

 

Il n’est pas facile de garder la tête froide en toutes circonstances…

 

21:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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