26/09/2013

Zosio (68)

 

Entre deux luttes fratricides entre Faustine et Gribouille, je me pose devant la machine.  Je voudrais enfin rédiger ce qu’on attend de moi !

 

Non, je n’irai pas gratter au jardin non plus !

 

Hier soir : la réunion AA, banale, je suis même partie dans les premiers, et n’ai pas traîné en fumant pour continuer les discussions entamées.

 

J’étais arrivée bien en avance afin d’avoir le temps de passer au service « assuétude » et accompagner l’un ou l’autre « client » potentiellement intéressé par l’aide que peut apporter l’association.

 

Effectivement, il y avait une « cliente », mais elle ne voulait pas y aller ce jour-là, en pleine hospitalisation.  Et puis, j’ai surtout rencontré ma gentille infirmière avec laquelle je discute toujours beaucoup lorsque je la rencontre.  Il y avait pratiquement trois mois que je ne l’avais vue.

 

Alors, je leur ai expliqué mon parcours, le soutien qui m’a été apporté, les mots qui m’ont frappée aux réunions, les mises en garde, les situations délicates à affronter dès la sortie du service…

 

J’ai donc fait ma propre réunion 4 étages plus bas !

 

J’ignore si cette patiente viendra l’une ou l’autre fois se joindre à nous, accrochera.  Oui, je sais, seuls deux à trois pour cent des « curistes » maintiennent le cap…  Personnellement, j’éprouve de la déception lorsque j’en croise l’un ou l’autre (surtout Dam) quand il replonge.  Le personnel infirmier doit sans doute prendre ces échecs avec fatalisme, encore que bon nombre d’entre eux demandent une autre affectation au bout d’un certain laps de temps.

 

Et cette soirée a provoqué un mauvais rêve :

 

Je nettoyais chez une ancienne voisine d’une autre vie (et qui était mon aide-ménagère).  Comme toujours, sa maison était assez bordélique, je pestais, je savais que je n’aurais pas le temps de mettre de l’ordre d’autant plus que sa maison tombait en ruine, le sol s’ouvrait, les murs étaient éventrés, les portes bancales…

 

J’étais avec un homme, mon homme (mais lequel ?), et comme d’habitude, elle nous proposait de boire une bière.  Tout à mon travail, j’ai accepté, et j’ai bu une gorgée avant de m’écrier que j’avais oublié, l’espace d’un instant, que je ne consommais plus d’alcool !  Je rageais d’avoir failli à ma détermination, d’une part, et d’autre part, j’avais envie de terminer la cannette.  Mais le pire, je savais, dès la première gorgée que tout était à recommencer !

 

Par bonheur, le réveil radio m’a rappelée à l’ordre.

 

Non, il ne s’était rien passé, non, je n’avais pas failli à ma volonté.  Tout allait bien.  Il n’empêche que ce rappel de la fragilité d’une décision choisie m’interpelle.  La vigilance s’impose, à chaque instant, surtout lorsqu’on pense que la partie est gagnée.  C’est une partie qui ne se gagne jamais, l’envie reste, latente, traîtresse, c’est la volonté qui fait la différence.

 

Et puis, le Dam… 

 

Nos rapports ne sont donc plus que professionnels et polis. 

 

Il n’allait plus du tout chez sa mère, ma voisine, mais depuis le début de la semaine, il a repris son vélo qu’il n’utilise pas lorsqu’il est chez sa « copine » puisqu’elle le véhicule ou lui prête carrément sa voiture.

 

Et là, en revenant des courses, je le vois devant la maison maternelle, rentrant en traînant la patte, en longeant les murs, déconfit.  Bien sûr, il tente de m’éviter, mais c’est impossible.  Il passe sur le côté de la maison pour atteindre une autre porte à l’arrière.  Il revient tout de suite en façade.  Il sonne, il frappe à la porte.  La voiture maternelle est là, mais elle n’ouvre pas la porte.  De mon temps, il avait la clé de sa maison.  Elle a dû la lui reprendre.  Gêné d’afficher son désarroi, il est reparti sur le côté de la maison, et moi, j’avais rentré mes sacs dans la maison, je fermais toutes les portes.

 

Ce matin, il a prévenu Patron qu’il prenait sa journée en récupération.  Bon, sans doute qu’il est tellement fauché qu’il ne sait matériellement plus acheter ce dont il a besoin pour pouvoir fonctionner. 

 

La pompe a sans doute supprimé sa ligne de crédit, sans quoi il pouvait y passer ses fins de journées à boire de la bière.

 

Je parie qu’il est dans une de ses crises de manque que je connais tellement bien !  Ses sueurs qui trempent un lit, son seau à disposition pour y vomir ses tripes, et la douleur qui lui tord l’intérieur du bide exigeant son dû d’héroïne…

 

Et sa nana dans tout ça ?  Elle l’a jeté comme un déchet humain qu’il est ?

 

Alors, des paris ?  Quand va-t-il avoir le culot de sonner à ma porte pour me supplier de l’aider ?

 

A moins que « maman » n’ai encore une fois cédé pour ne pas qu’il devienne clochard, ça ferait tâche dans le village, pour la réputation de sa famille quoi !

 

Mais je garde, là aussi, ma détermination…

 

17:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Toujours un plaisir de te lire. :-)

Écrit par : Cédric | 26/09/2013

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Merci !
Tu vois, nos vies, enfin, nos écrits, n'expriment pas du tout la même chose, sans pour autant être contradictoires. J'admire ton optimisme, je te souhaite de le conserver ta vie durant !

Écrit par : Zosio | 27/09/2013

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Après avoir arrêté de fumer, j' ai fait des cauchemars pendant plusieurs années comme quoi je repiquais au truc. Et le réveil était un vrai soulagement.
On n' efface pas les choses de notre inconscient si facilement mais le principal, c'est que le conscient s' y tienne, s'pas ?
Allez, matelot ! Va de l' avant dans TON chemin !
Je t' embrasse.

Écrit par : Pierrot Bâton | 27/09/2013

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J'espère que je ne vais pas trop faire ce genre de rêve, c'est vraiment l'angoisse au réveil !
Et le chemin se poursuit, avec détermination...
Bizzz à toi !

Écrit par : Zosio | 27/09/2013

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Coucou la Miss ! Je suis très en retard sur tes posts, faut que je me remette à jour pour voir l'évolution de tes infos et puisque je t'écris ce commentaire avant de te lire (oui bon, au moins je l'avoue ^^ !), j'espère que tu vas bien, que tout s'arrange. Je t'embrasse et m'en vais voir ce qu'il en est de tout ça...
Bon dimanche ;-)

Écrit par : Khayaa | 29/09/2013

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Oui eh ben hein ? S'il revient frapper à ta porte, moi j'ose parier que tu vas la lui flanquer sur le nez !? Pas vrai ? Promis ? Nan mais !!! :(
Pour le rêve, c'est normal... les rêves nous servent (aussi) à compenser les manques, les vides, etc. de notre vie réelle. Le tout est que tu continues à t'accrocher en état de "réveil".
Et donc, oui, continue sur ta lancée et bonne route ^^
Bisous xoxoox

Écrit par : Khayaa | 29/09/2013

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