03/11/2013

Zosio (74)

 

Petit coup de cafard, j’ai assuré la permanence du 1er dimanche du mois avec Dam…

 

Bien sûr, il m’a parlé des problèmes qu’il rencontre avec sa Barbie (grosse paraît-il, par bonheur pour elle sans quoi elle ne pourrait tenir sur ses jambes).  Et de nouveaux mensonges se dégagent encore quant à sa consommation de médicaments, mais c’était à prévoir, il ne va devenir honnête d’un coup de baguette magique…

 

Ah oui, il m’a dit le pourquoi de sa relation avec moi, enfin, j’en déduis que c’était pour ça puisqu’il est inapte à l’amour :

 

-        Je te jure, je le dis tout haut parce qu’il n’y a personne, tu as le plus beau cul et les plus beaux seins que je connaisse !

 

Me voilà rassurée sur la base de notre relation !  Magnifique n’est-il pas ?

 

 

 

Et hier soir, mon frère de cœur est venu souper avec son amie qui se veut « sa femme » même s’ils ne vivent pas ensemble et ont stoppé toute relation sexuelle depuis des années.  Comme elle m’exècre, me craint, j’avais proposé qu’elle vienne à ma rencontre.  Je n’ai que des relations d’amitié avec lui ! 

 

Effectivement, il y a une connivence frappante entre nous, il y a ma sœur dans son cœur, une sœur que je découvre seulement en tant qu’humaine maintenant, à travers ses yeux.  Nous partageons un ressenti identique, une sentimentalité à fleur de peau, mais nous nous refusons à tout acte sexuel !  L’amour ne doit pas troubler nos relations, c’est alors que le déséquilibre s’installe, que la frustration nait.  Nous ne voulons vivre que du platonique qui s’appelle « forte amitié ».  Et celle qui se veut sa femme ne me pose aucun problème, il faut qu’elle le comprenne. 

 

Donc, ils sont venus au soir…  Et le papé s’est vraiment comporté comme Tatie Daniel !  La honte sur moi de voir ce clochard à notre table.  Elle, parisienne pincée, chaussures hyper pointues à hauts talons très fins, le buste moulé dans un T-shirt très décolleté, les seins (qu’elle a de très bonne taille) sortis de sa veste très cintrée, tenue par un seul bouton au niveau du nombril, les fesses et les cuisses rondes moulées dans un pantalon sombre, le maquillage au top, le tour des lèvres dessiné en brun foncé, l’intérieur nacré, elle arrive à manger et à boire sans l’abîmer…  Non, aucune retouche même sans passer par la salle de bains !  Non, trop la classe la nana !

 

Alors, le clochard qui se pointe avec le pantalon taché au derrière (il saigne encore malgré l’ablation des polypes), ses cheveux en broussaille qu’il refuse de couper depuis plus d’un an, la barbe de même, son verre de pastis à la main et son joint au coin des lèvres, le contraste est vraiment trop fort ! 

 

Bon, je pense qu’il a un cancer et que ça ne durera plus trop longtemps, mais il ne téléphone même pas à son docteur pour connaître le résultat de la biopsie, il s’en fiche royalement !  Seuls comptent ses joints et son pastis !

 

Il tente de prendre part à la conversation, mais bafouille et mélange tout, bref, je suis à bout ! 

 

Si je suis seule avec lui, je peux encore ôter mes lunettes pour le voir flou, et puis, je mange en 3 minutes et je quitte la table !  Mais là…  La honte !!!!

 

Et puis, le beauf, en Afrique, qui sombre dans la dépression et commence à s’exprimer sur ses interrogations à l’approche de la soixantaine, me disant que son mariage avec ma sœur reposait sur un « quiproquo ».  Oui, maintenant je sais qu’il est homosexuel, mais il ne l’a jamais dit ouvertement.  Il l’a soigneusement caché, avec la complicité de ma sœur.  Alors, je n’en parle pas ouvertement non plus, je le laisse venir.  Nos échanges de mails depuis sa rencontre avec mon frère de cœur, l’amoureux transis de feue sa femme, bien des années avant qu’elle ne croise la route de celui qu’elle a épousé, maintenant qu’il est rentré en Afrique, sont de plus en plus fouillés, psychanalysés de part et d’autre.  Il faut dire que j’ai passé tellement de temps dans le milieu que mon langage est proche de celui des thérapeutes, alors que mon frère parle comme un journaliste, comme un investigateur.  C’est pour cette raison que mon beauf ne s’est pas confié à lui au sujet de son couple.  Trop réservé, trop de choses à cacher encore…

 

Par contre, avec moi, depuis le décès de ma sœur (il y a 11 ans), nous échangeons des mails chaque semaine, parfois très analytiques quand il va mal, parfois d’une grande banalité, citant seulement nos occupations du moment.

 

Bon, il va falloir que je prenne de la distance par rapport à tout cela avant de m’avancer plus dans les tourments qui ne me concernent pas directement.

 

Lumière orange allumée !!!

 

Cafard, tu es prié de reculer !  Désirs de toutes sortes faites-en autant !  Je ne veux rien vouloir !  J’y arrive pour moi, je dois également l’appliquer « aux autres », ne rien souhaiter pour eux, ne pas intervenir pour tenter de leur rendre le bonheur…

 

20:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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