29/11/2013

Zosio (77)

 

Et alors ce rêve dont je parlais précédemment, et qui m’a tellement marquée, le voici.

 

Il se situe en 1989, et les faits rêvés se sont déroulés en 1990…

 

En 1989 donc, j’étais « chauffeur » à un festival du cinéma.  Je pilotais une grosse italienne très puissante et toute nouvelle.  Je vivais seule dans un studio minuscule situé dans un grenier de ferme très isolée dans la campagne namuroise.

 

Les journées comptaient 30 heures de travail, et par bonheur ce rythme ne dura que 10 ou 12 jours.  Mon propriétaire était célibataire, fermier du dimanche mais fonctionnaire européen en semaine.  De quatre ans mon aîné, il avait plein d’amis qui passaient sans cesse faire la fête avec lui, la plupart étaient largués par leur première femme, ils vivaient donc une seconde jeunesse post estudiantine.  Je me joignais parfois au groupe des largués et les fêtes étaient toujours très arrosées…  Au lieu de rêver et de dire « on va faire », on faisait !  C’est notamment ainsi que je me suis retrouvée par deux fois au fond d’une grotte, au beau milieu de la nuit avec mes potes spéléologues, sans équipement, sans prévenir personne, au risque de rester coincée là plusieurs jours.

 

Mais revenons à ce festival.  Le lendemain matin je devais chercher une personne à l’aéroport de Paris.  Je fus donc libérée suffisamment tôt pour avoir quelques heures de sommeil.  En rentrant dans la cour de la ferme avec ma bagnole de rêve, un ami de mon propriétaire, tout jeune gamin de presque 22 ans, que je connaissais vaguement, est sorti admirer l’engin.  Il m’a fait tout un plan pour que je la lui prête.  J’ai refusé.  Par contre, je lui ai passé mon badge du jour pour qu’il puisse participer à la soirée donnée dans une boîte du coin.

 

J’avais déjà 31 ans.  Mes collègues étaient évidemment plus jeunes d’une petite dizaine d’années, mais nous avions d’excellents rapports et nous retrouvions souvent ensemble à bavarder entre deux courses entre les hôtels, les gares, les aéroports, les salles de cinéma, etc.

 

Et une nuit de cette époque précisément, j’ai fait le rêve suivant :

 

J’étais attablée dans un endroit public sombre et bruyant, et je parlais avec l’un de mes collègues chauffeur que j’appréciais particulièrement, je lui expliquais que maintenant je vivais avec le jeunot ami de mon propriétaire.

 

Au réveil, j’ai repoussé ce rêve idiot.  Cela ne se pouvait, c’était tout à fait ridicule d’imaginer, même en rêve, que ce couple puisse exister !  10 ans d’écart !  Un gamin !  Je suis mère d’un enfant handicapé mental de 10 en plus !  Non, ça n’a vraiment aucun sens !

 

J’ai très vite oublié cette conversation rêvée, et j’ai retrouvé ma vie quotidienne et mon bureau de secrétaire.

 

Quelques fêtes plus tard, j’ai recroisé ce jeune gamin.  Il était marrant, il éclusait beaucoup, il tenait la distance avec la bande de vieux croûtons que nous étions, tous dans la trentaine et parents occasionnels (les gardes alternées, mon fils interne en institut spécialisé, les droits de visite).

 

De fil en aiguille je l’ai mieux connu, il m’a mieux connue, et…  au printemps suivant nous avons conclu !  Pire encore, nous avons immédiatement vécu ensemble, au grand dam de ses parents.

 

Les mois se passent, l’idylle prend de l’ampleur (elle durera quand même 13 ans), et nous sortons régulièrement le WE, notamment au piano bar de la ville…  Lieu très couru à l’époque par toutes les générations pour les concerts du samedi soir.

 

A l’automne suivant, j’y retrouve plusieurs de mes copains chauffeurs.  Mon jeune gamin en connaissait certains, c’est donc tout naturellement que nous avons passé la soirée ensemble, lui parlant avec ses connaissances, et moi avec mon préféré.  Il me questionne sur ma vie d’après festival, et c’est tout naturellement que lui annonce que je ne vis plus seule, le gamin partage ma vie depuis plusieurs mois…  Et là, le flash m’éblouit !  Je me tais, j’observe la scène et je me rends compte que je revis précisément ce rêve idiot, repoussé, expulsé de ma tête !

 

Tout y est, l’endroit, la position, les personnages, tout…

 

J’avais toujours ressenti mes rêves étrangement, mais depuis ce moment, chaque rêve me pousse à l’interrogation.  Cela est-il de l’ordre du possible ?  Evidemment selon les situations rêvées, certains s’excluent d’eux-mêmes.  Mais les autres ?

 

Lorsque je retrouve des morts, me glissent-ils un message de l’au-delà ? 

 

Il m’est alors difficile de rester « rationnelle »…

 

19:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

23/11/2013

Zosio (76)

 

Rare doit être le qualificatif de ma présence ici, pour deux raisons : la première est que je me penche sur le bouquin pratiquement tout le temps, la seconde est que je travaille beaucoup pour mon gagne-pain, mais également pour ma maison.  Il paraît que la frénésie du nettoyage est un symptôme secondaire de l’arrêt de la consommation de boissons alcoolisées, ce que je conçois facilement car les derniers temps, je commençais le rangement partout à la fois et je n’achevais rien !  Je laissais tout comme ça, au milieu de la danse !

 

De plus, mes rêves nocturnes me poursuivent toute la journée, et en ce moment, ils sont troublants, envahis de personnes que je ne vois plus, ou très occasionnellement, comme une ancienne collègue dont je rêve sans arrêt, mais avec son premier mari !  Et elle y apparait telle que je l’ai connue, très conventionnelle, très polie, très gentille, mais ne se rendant compte de rien de ce qui se trame derrière son dos.  Il est vrai que j’ai vécu son divorce avec elle, et je l’ai décelé bien avant elle.

 

Et je suis toujours dans une école très rigide, mais pas en tant qu’élève, j’ignore d’ailleurs ce que je fais là…  Ensuite, il y a ces déménagements que je continue d’entreprendre, dans le quartier de la première maison que nous avions achetée avec mon premier mari, actuellement mon locataire, le papé.  Pire encore, je continue de partager sa vie, j’arrête mes comptes puisque je reviens dans la vie de couple !  Tout cela sans amour pour lui, mais je reviens à la maison conjugale et nous partons vivre à peu de distance de là.  J’ai encore ma vieille voiture, ma Visa, complètement déglinguée, et je ne sais plus où je dois aller chercher le fils.  Dans quel institut est-il cette semaine ?

 

Je ne vis pas une histoire cohérente dans mes rêves.  Cela doit ressembler à ma vie actuelle qui me semble bien vide d’éléments essentiels à mon bien être.

 

Puis, je rêve aussi de mes parents, de mon père dont je pleure la disparition, et je me vois avancer dans la rue, semant des couverts de table, comme le petit Poucet semait ses cailloux, errant dans le village voisin de mon enfance…

 

Un certain malaise existentiel encombre mon esprit pour l’instant…

 

20:47 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11)

08/11/2013

Zosio (75)

 

La tension de la semaine dernière, au bureau, est retombée.  Patron est beaucoup plus calme même si l’annonce de la diminution drastique d’un de nos subside a été annoncée sans préambule.  Il fallait s’y attendre…

 

Mais, il pense maintenant s’attaquer sérieusement à la consommation alcoolique de Dam sur les lieux du travail.  Ses présences deviennent chaotiques, ses factures en attente ne cessent de monter, il arrive au fond du trou. 

 

C’est pour lui l’occasion de me draguer, il a même été jusqu’à citer sa mère, elle lui a dit :

 

-        Pour finir tu étais mieux avec Zosio !

 

Le voilà donc prêt à envisager de reprendre sa place dans ma vie, dans mon compte bancaire, et accessoirement dans mon lit…

 

Il souhaite que nous en parlions un jour…

 

J’ai dit qu’on en parlerait quand il serait un HOMME !  Il s’est esclaffé et m’a annoncé que dans ce cas, je serais morte bien avant, et lui aussi sans doute.

 

Je tente encore de parler, d’écouter, de guider, mais je sais que c’est vain.  La volonté ne vient pas de lui.

 

Il en arrive à mettre son emploi en péril, c’est lamentable, tout se déroule comme je le prévoyais il a des mois, lorsqu’il m’a quittée…

 

La cicatrice est encore douloureuse, je me remémore ma difficulté à me redresser après cet échec cuisant, et je me tiens sur mes gardes plus que jamais.  Je suis déjà tombée dans ses filets une fois, maintenant je sais ce qui m’attend si je replongeais.

 

 

 

D’ailleurs, je pense avoir découvert le pourquoi de mes rêves lesbiens.  Je suis devenue incapable d’érotiser en rêve avec un mâle !  D’abord inquiète quant à ce revirement de situation (inconscient), je pense qu’il s’agit en fait de l’interprétation de ma peur consciente de partager une quelconque intimité avec un homme.  Une peur tellement vive que j’arrive à partager un lit avec mon frère de coeur adoré sans entreprendre la moindre tentative de rapprochement.  Ce qui est plutôt facile parce qu’il vit le même sentiment que moi : la peur de l’amour qui tue l’envie !  Nous nous sommes trop brûlés les ailes que pour imaginer un instant qu’il puisse y avoir un avenir autre qu’amical entre nous.

 

Et je me pose une question, je vous la pose à vous, lecteurs quinqua ou plus.

 

L’amour entre un homme et une femme peut-il encore exister au-delà de la cinquantaine ?  Vous, les couples, comment vivez-vous votre histoire amoureuse, quels sentiments éprouvez-vous pour votre conjoint ?  Que reste-t-il de vos premières années de couple.  Etrangement, presque qu’aucune femme ne s’exprime à ce sujet, les femmes parlent de leurs passions, de leurs enfants, de leurs petits-enfants, des sujets qui les interpellent, mais pas de leur vie de couple, comme si l’autre était une ombre…

 

Etrangement les hommes ont une plus grande facilité à exprimer leurs sentiments, leurs envies, les femmes sont trop discrètes ou elles ont oubliés qu’elles étaient encore des femmes ?

 

Je m’interroge, je vous interroge…  Eclairez-moi !!!

 

20:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)