15/12/2013

Zosio (79)

 

Prosper…

 

Mon pépère va avoir 4 ans l’an prochain, en avril.  Il est rose et gris avec une houppette presque blanche qu’il dresse au sommet de son crâne dès qu’il est interpellé d’une manière ou d’une autre.

 

Il parle un peu :

 

  • Ça va mon pépère ?

  • Caco Prosper !

  • Voilà !

 

Il miaule surtout !  Et il crie très fort lorsqu’il est fâché, frustré, contrarié….  Et il rit !  Exactement comme moi !

 

D’accord, ses mots  ne sont que de l’écholalie, mais il est craquant !

 

Il comprend aussi, surtout le « NON » !  Interpellation qui a pour réponse un baragouinage discret comme un doux juron, et un hochement de la tête, crête relevée, en signe de « OUI ».  Lorsque j’ai été très fâchée et que j’ai fait claquer un essuie de vaisselle à sa proximité, il va se planquer dans un coin sous la table bar de la cuisine comme si je l’avais envoyé « au coin ».

 

Ses occupations favorites sont la destruction des coins de murs, de la tablette en bois massif de ma toute nouvelle cuisine, des feuilles du ficus fraîchement acquis, sans compter ses jouets qu’il exècre au  point de les lancer le plus loin possible, la terre du pot des plantes qui est beaucoup mieux sur le sol, et mes épluchures de légumes qu’il balance du plan de travail de la cuisine sur le sol.  C’est tellement plus joli !  Quand il ne s’attaque pas aux pommes de terre directement, qu’il sculpte soigneusement avant de les lancer.

 

Bref, Prosper c’est tout un poème !

 

Comme tous perroquets qui se respectent, il vit dans une grande cage et a ses heures de sortie qu’il rappelle à grands cris lorsque l’heure est arrivée, soit, vers 17 h 30, 18 h.  L’heure de la préparation du souper…

 

Et j’ai eu un faible il y a une dizaine de jours.

 

Alors que j’ai toujours imposé que le repas commence après son retour dans sa cage, j’ai toléré qu’il reste libre…

 

Il a très bien compris chez qui aller solliciter un petit morceau.  Le Papé ?  Que nenni !  La mamy c’est mieux !  Tant qu’il ne m’agresse pas, je le laisse découvrir l’univers qui l’entoure, en le surveillant quand même.

 

Et le voilà qui arrive sur ses petites pattes, vers ma chaise.  Qu’il s’agrippe aux barreaux, qu’il atteint mon polar du soir, s’y accroche, grimpe sur mes épaules et redescend sur mon bras gauche posé sur la table.  Discrètement il s’approche de mon assiette et trouve les pommes de terre cuites à l’eau.  Oh, se dit-il, c’est bien meilleur lorsque c’est cuit !  Il se bat alors avec ma fourchette, cette intruse qui lui pique sa pitance !  Ma main gauche est maintenant immobile, supportant l’animal affamé !

 

Oh, un œuf !  Le jaune est encore meilleur !  Hum…

 

Le blanc ?  Je le jette par terre et pour être sûr qu’il tombe sur le sol, je remonte vers le coude de la mamy !  Des petits pois ?  Beurk !  J’aime pas ça !  Zou, par terre !

 

De la salade ?  Non, pas tous ces trucs verts !  Pas mon truc !

 

De menu en menu, je découvre les mets qui ont ses faveurs : les féculents d’abord, les produits issus de la volaille (il est cannibale), mais maintenant, la viande commence à s’imposer. 

 

Hier soir, je prépare une grosse casserole de lentilles avec des saucissons polonais et un jambonneau fumé. 

 

Les lentilles ?  Qu’est-ce que c’est que ce truc gluant ?  Au diable !  Par contre, le saucisson polonais…  Un gros morceau est tiré sur le bord de l’assiette, et par peur que j’en prélève un bout, il le glisse sur la table.  Je le récupère et ma fourchette subit une belle agression de mécontentement.  J’ai eu le malheur d’éloigner mon bras de l’assiette, et le voilà qui la tire vers lui !

 

Je lui rappelle brièvement qu’il est mon invité et pas l’inverse, rien n’y fait !

 

Quand il est enfin rassasié, il quitte mon bras, se dirige vers un petit panier à brols qui occupe un espace sur la table, mordille le tissu pour s’essuyer le bec, et grimpe sur un dossier de chaise libre pour se nettoyer l’intérieur du bec.  Et là, crise de rires : il tord sa petite langue rose dans tous les sens pour récupérer les petits morceaux installés dans les creux du bec, observant de l’œil gauche le Papé, de l’œil droit la mamy, et que personne ne se moque sinon… !!!

 

Voilà, j’en ai fait une rosse de mon cacatoès rose albin !  Plus aucun souper ne pourra se dérouler sans sa participation…

 

14:09 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Savoureux ! :-)

Toujours un régal de te lire.

Une petite remarque à propos du mot "anthropophage", "cannibale" ne conviendrait-il pas mieux ? Car l'anthropophage est celui qui mange de la chair humaine. Le cannibale, lui est "celui, celle, animal ou humain, qui mange la chair de ses congénères."

Tant que j'y suis, vers la fin du texte, un petit 's' en trop à 'tissu'.

Au plaisir. :-)

Écrit par : Cédric | 16/12/2013

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Merci Cédric pour ces précisions, je m'empresse de corriger. Prosper fait tellement partie de la famille que je le traite comme un humain à part entière, mais dans la mesure où je parle d'oeuf et de poulet, je le resitue dans son monde animal...
Belle journée, biz !

Écrit par : Zosio | 16/12/2013

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Hé bé ! Hé bé !
Quelle aventure...
Un récit savoureux en plus. On s'y croirait !!

Je crois que je vais renoncer au Perroquet !!
:-)

Écrit par : alainx | 19/12/2013

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Oh non, ne renonce pas, c'est tellement gai ! S'il est bien élevé (donc ne pas suivre mon exemple), c'est un merveilleux compagnon plein d'humour.
Belle soirée !

Écrit par : Zosio | 19/12/2013

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