21/12/2013

Zosio (80)

 

Me voilà enfin en congé pour 3 semaines, notre fermeture annuelle incontournable.  Et les « fêtes » qui se profilent à l’horizon, horribles moments que je tente de zapper au mieux.  Je n’ai pratiquement aucun bon souvenir s’y rapportant ou alors dans la toute petite enfance.  Je ressens ces moments avec beaucoup de lourdeur, d’obligations diverses.  Maintenant que la famille est complètement amputée de ses aïeuls, que les quelques membres survivants ne se parlent plus, je peux enfin les oublier, en fait tenter de le faire parce que la radio me gave avec ses horribles chants désuets, même à la sauce rock.

 

Le livre hommage à ma sœur est terminé, il est expurgé des révélations tardives telles que l’homosexualité de son mari.  Si elle nous l’a tu, ce n’est pas à nous de le divulguer.  Il me l’a avoué il y a quelques mois, maintenant mes doutes ne sont plus permis.  Je suis contente, nous pouvons enfin échanger des mails en toute confiance, en toute connaissance de cause.  Il a été très mal dans sa peau, dans sa tête durant cette « confession » qui a duré quelques semaines.  Il a maintenant retrouvé sa dignité, son envie de vivre et de défendre sa cause en pleine lumière.  Son deuil s’achève après 11 années de larmes.

 

Nous pensons, mon frère de cœur et moi, que notre travail de recherche pour le livre n’est pas innocent dans son cheminement.

 

Et lui, mon frère de cœur, il arrive dans sa phase d’acceptation de la disparition de son amour de jeunesse.  Il est dans sa déprime post partum de fin d’écriture du livre.  Il boit énormément d’alcool, il ne sait plus vraiment ce qu’il raconte.  Je suis désarçonnée face à cette situation, je préfère prendre du recul, d’autant qu’il souhaitait que je participe au réveillon du nouvel an, chez lui, avec ses filles et sa régulière dont il ne partage même plus le lit depuis des années, mais elle continue à lui offrir ses voyages au pays du sexe monnayé, elle lui choisit même ses « filles » qu’elle lui paie.  Il trouve ça outrageant !  Non mais il peut quand même choisir lui-même quoi !!!!

 

Décidément, je pense bien que je finirai ma vie en face de moi-même, tout est frelaté.

 

Mon fils a beaucoup changé depuis que je suis sobre.  Il ne souhaite plus venir à la maison !  Puisque sa mère va bien, que pourrait-il faire pour elle ?  Il a sa vie ailleurs, dans son établissement de soins.  La voir une journée suffit à son bonheur, ensuite il me demande de le reconduire, mais je ne peux pas, les jours sont les jours, et là, il est à la maison pour une semaine !  Déjà ce soir il m’a demandé de partir, après 24 heures…

 

Je me sens inutile, juste présente pour ouvrir la cage de Prosper, la porte à Faustine et Gribouille, préparer des repas pour le papé et payer des ouvriers qui se foutent bien de leur travail dans la maison et ont dépensé l’argent pour les matériaux à faire la fête.

 

Sur qui m’appuyer un peu, histoire de souffler quoi !

 

Rien ni personne.  Ma tension artérielle joue encore sur le fil de l’hypertension.  Chaque semaine je consulte, on change mes médicaments, on en teste de nouveaux…

 

J’ai rédigé mes dernières volontés organisationnelles et prévenu quelques personnes plus proches.  Il reste si peu de choses qui me rattachent à la vie !

 

20:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

Commentaires

Continue. Continue chaque jour un jour de plus. Il n'y a rien à perdre à vivre, même la douleur et la souffrance. Personne ne peut prédire de quel soleil demain sera fait, laisse-toi la chance de ce soleil. Ce qui est sûr c'est que ce soleil n'est pas le fruit d'une volonté, il ne faut même pas faire d'effort, il vient quand il le décide, ce soleil n'est pas entre nos mains, il ne dépend de personne.

Il n'y a rien à perdre à vivre.

Je t'aime. :-)

Écrit par : Cédric | 22/12/2013

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Oui, comme tu dis, chaque jour est un jour de plus... ou de moins ?
J'ai choisi de vivre, et dans la sobriété, ce qui rend le tableau de l'existence encore plus terne à certains moments où tout le monde doit s'enivrer pour tenter d'afficher le sourire de circonstance. La fête est à ce point artificielle qu'elle contraint à la griserie. Quelle joie peut-on ressentir à finir une année, à en commencer une autre ? Qu'y a-t-il de changé si ce n'est un jour de plus, un jour de moins ? Il en va ainsi chaque jour.
Belles fêtes à toi si elles t'importent !
Bises !

Écrit par : Zosio | 23/12/2013

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Oh Zosio! Comme je voudrais te prendre dans mes bras , là, maintenant.
Tu as achevé un livre dont je devine le poids, tu as tourné le dos à un esclavage alcoolique : ce sont de grandes et belles choses qui prouvent que tu es une belle personne.
On s' en fout des dates :25 décembre, 1er janvier ...
Je t' embrasse fort.

Écrit par : Pierrot Bâton | 23/12/2013

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Zosio... je comprends tes ressentis (ô combien !), si bien que je n'ai aucun mal à compatir avec ton mal-être et tes questionnements... cela ne va pas t'apporter grand chose mais je te le dis quand même et j'espère, du fond du coeur, que tu vas "continuer", un jour à la fois, un pas après l'autre, continue, stp !
Cédric a raison : il n'y a rien à perdre à vivre, au contraire, tout à gagner ! Et pourquoi pas ?
Je ne sais comment terminer ce commentaire, je suis interdite et à la fois j'aurais tant à dire ; je suis triste de te savoir si mal, je t'embrasse et, stp, prends soin de toi, le jour finira par se lever et le soleil par revenir, même timidement...
Amitiés,
Elsa

Écrit par : Khayaa | 23/12/2013

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Merci Elsa, je viens de passer chez toi, et j'ai adoré ton expérience de "visite", ça doit vraiment faire beaucoup de bien. Nous sommes dans des phases de transition, c'est toujours bon de se sentir épaulé. Je n'étais pas suffisamment proche de ma sœur pour l'avoir vécu personnellement, c'est seulement en écrivant le livre que je l'ai découverte et que j'ai pensé que nous aurions pu nous aimer sincèrement. Les différences nous ont éloignées alors qu'elles auraient pu nous enrichir.
Je t'embrasse, toi aussi, prends bien soin de toi ! Nous le valons bien !

Écrit par : Zosio | 23/12/2013

Merci Pierrot, c'est que du réconfort comme j'en ai besoin. Je dois aussi être en post partum du bouquin. C'est par lui que j'ai connu mon frère de cœur, que va-t-il rester de cette belle complicité maintenant que la tombe est refermée ? Va-t-il, comme il me l'a promis, m'aider à apprendre le métier d'écrivain ? J'ai des milliers de pages de blogs plus anciens à reprendre, et j'ai envie de le faire bien. Je vis un creux sans perspective définie devant moi...
Les jours recommencent à allonger, ça va aller mieux !
Merci et bises !

Écrit par : Zosio | 23/12/2013

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Ce que je voulais dire c'est : continue chaque jour un jour de plus.

Pour moi les "fêtes" n'ont aucune importance, je ne fais pas de cadeaux et je ne veux en recevoir de personne. Il est très probable que je passe le nouvel-an seul, sans que ça ne me pose aucun problème ! ;-) Pour moi, c'est une soirée comme une autre, un jour comme un autre.

Je ne bois pas, j'ai du mal à me rappeler la dernière fois que j'ai trempé mes lèvres dans de l'alcool, je refuse tous les "artifices", je ne veux pas fuir la réalité, même si elle est douloureuse, je préfère une vraie souffrance à un plaisir artificiel.

Bises. :-)

Écrit par : Cédric | 23/12/2013

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Tu as bien raison Cédric, c'est également comme ça que je vis ces moments habituellement, mais cette année, je me sens agressée par ce rappel permanent, je le vis comme un manque de respect des gens qui refusent une obligation qui n'a plus rien de culturelle. La tradition a été totalement détournée pour le mercantilisme. En ces temps difficiles c'est injurieux et ça me révolte.
Tu sais, dans les "soirées festives", les gens qu'on remarque ce sont les avinés, pas les sobres. Je sortais très peu et toujours sobrement ! Du coup personne ne s'est rendu compte que ça commençait à me poser un problème !
Le premier de l'an, je coupe mon téléphone et je vais dormir comme chaque soir, avec un bon bouquin !
Mais oui, je continue chaque jour, l'un après l'autre, j'ai conscience de les remplir, de les meubler. Je me sens libre, je n'attends rien de particulier, ce qui évite les frustrations !
Belle soirée, bises !

Écrit par : Zosio | 23/12/2013

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