29/12/2013

Zosio (82)

 

Une de ces fêtes est derrière moi.  Le fils est reparti « chez lui », maintenant je dois m’habituer à ce que sa maison soit là-bas.  Ici c’est chez maman, sa vie est là-bas.  Et c’est mieux ainsi, c’est l’objectif de 35 ans d’éducation.

 

Le jour de Noël, il était très nerveux, criant sans cesse, et ses cris sont très irritants pour les oreilles.  Evidemment le repas choisi (pierrade) n’était pas vraiment opportun, il préfère remplir son assiette et la vider sans être contraint de cuire morceau par morceau, surveiller, etc.  Je m’y suis donc collée, autrement dit, j’ai mangé « après » lui. Et comme il ne cessait d’interpeler son père par ses cris, le papé s’est fâché, et le ton montait, montait, et le fils ne comprenait pas et en rajoutait, et pour finir je m’en suis mêlée :

 

  • Maintenant vous arrêtez tout de suite, tous les deux !

  • Mais c’est pas moi, c’est lui…

  • Stop !  ça suffit !

 

Vraiment pas la moindre envie de passer mon repas dans une telle tension, déjà que je n’avais pas le temps de manger, mais si en plus les deux hommes s’y mettaient et haussaient le ton, alors je devais intervenir, me faire respecter aussi.  J’étais chez moi et je ne tolère pas certains comportements à ma table !  Et si le plus jeune ne pouvait pas tout à fait comprendre, l’aîné pouvait ! 

 

Mon autorité a bien fonctionné, la fin du repas se déroula dans le silence…  Et le papé n’est revenu auprès de nous que pour les repas passant le reste de son temps devant sa télévision, ce qu’il fait d’ailleurs tout le temps.

 

Dam est passé deux fois à la maison.  Parler, dire bonjour au fils, boire un café.  Il cherche encore des motivations, des encouragements pour arrêter de boire de l’alcool.  Et dans ce cadre très strict, je lui accorde mon soutien, mais j’ai bien insisté sur le fait que je ne lui proposerai jamais la réunion du mercredi soir, la demande devra venir de lui.  Je lui en ai encore une fois décrit le déroulement.  Son beau-père, marin, fréquente les AA depuis près de 5 ans, il est sur le point d’être pensionné et ses séjours entre deux voyages se soldaient toujours par de la violence envers la maman de Dam.  Sur le bateau, il ne pouvait consommer, ceux-ci étant dépourvus de boissons alcoolisées, et le règlement de bord étant très strict à ce sujet.

 

Notre marin (que je connais un peu et que j’apprécie beaucoup), cuistot sur le bateau et aux restos du cœur lorsqu’il réside sur le plancher des vaches, serait vraiment très heureux que son beau-fils prenne le même chemin que lui.  Alors, de Dam projette de s’installer un « nid » dans sa chambre chez sa mère, pour y passer les premières journées de sevrage, éloigné des tentations.  Il a conscience que cette démarche va entraîner un tri dans ses relations, et comme tous les autres, moi y compris, il s’interroge sur le déroulement futur de sa vie.  Comment combler cette habitude ?  Comment surmonter « ça » alors que « ça » occupait tout l’espace, était obsessionnel ?  Pourra-t-il me contacter, me parler, m’envoyer des messages pour que je le soutienne ?  Evidemment que oui, mais je ne le porterai plus à bout de bras, comme l’an dernier lors de sa cure pour l’héro.  Non, le chemin, il le fera lui-même, je serai « à côté » s’il le souhaite, et je l’abandonnerai s’il rechute, sans lui chercher d’excuses.

 

Et mon frère de cœur…  Il a passé Noël à Paris, chez son officielle qui n’en a que le nom.  Ils rentrent en Belgique pour le Nouvel an que j’ai refusé de passer en leur compagnie avec les deux filles de mon frère.  Il est plongé dans les relectures du livre terminé, s’épanche sur mon génie, mon instinct d’écrivain, tout en corrigeant mes erreurs inévitables pour une autodidacte.  Mais lorsque je relis le texte final qu’il m’a fait parvenir, je n’y vois rien de génial de ma part.  Est-il sincère ?  Je préfère de loin sa manière d’écrire à la mienne.  Il aimerait que nous continuions à écrire ensemble, ma collaboration le stimule, il apprécie le mélange de nos mains sur le clavier.  Je ne demande que ça !  Quel plaisir que cette méthode de travail, mais je veux qu’il me corrige en direct, pas derrière mon dos.  Je dois apprendre !

 

Et son officielle qui insiste pour que j’assiste à leur réveillon…  Elle a demandé mon adresse mail…  Je n’ai rien reçu de sa part, c’est lui qui m’en a parlé.  Je continue de refuser, mais je crois comprendre sa démarche : lorsque je suis chez lui pour le travail, nous partageons le même lit, comme durant nos quelques jours en France, comme lorsqu’il passe quelques jours chez moi, mais comme des frères, comme des amis, sans la moindre connotation sexuelle.  Et je crois que le nœud du problème, pour elle, se situe là !  Ses relations avec lui, qu’elle voudrait amoureuses, sont identiques aux nôtres.  Donc, si je viens passer le réveillon avec eux, ce sera elle qui dormira dans son lit, pas moi !

 

Depuis que nous nous connaissons, que nous nous fréquentons, elle se positionne en rivale vis-à-vis de moi.  Et moi je m’en tape royalement !  Notre projet d’origine était un hommage à ma sœur, il est presque abouti, un nouveau projet va voir le jour, nous sommes toujours dans son métier pour lui, et dans mon loisir préféré pour moi, et une amitié puissante nous lie.

 

Son agressivité envers moi, lors de notre première rencontre m’a permis de saisir que nos rapports risquaient de ne jamais être très sains, et je n’ai pas à gaspiller mon temps dans une auto-surveillance constante de mes faits et gestes.  Ces situations sont « à risques » dans une démarche d’abstinence.

 

Comme dit mon frère pour se moquer, je suis devenue Jehova !  Bonne messe hein !

 

Allez, sur ce, je vous souhaite quand même à tous une belle année !!!

 

16:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

Commentaires

Moi, je te souhaite un bel instant présent ! ( car c'est cet instant présent qui nous accompagne tout au long des ans...) ;-)

Écrit par : Cédric | 30/12/2013

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Merci Cedric, et je sais que tu cultiveras tous les instants à venir avec le même optimisme !!!

Écrit par : Zosio | 30/12/2013

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Amen ! ;-)
Ton attitude de retrait pour éviter le conflit et (surtout) ne pas entrer dans le jeu pervers (si mauvais pour le teint !) de "l'officielle-non-officielle", est tout à ton honneur, Zosio !
Eh bien, j'espère un jour avoir l'occasion de livre ce livre... :-) !?!
Pour tout le reste, ah que de patience, gné ?! Saintes mères que nous sommes, hihi ! ;-)
Je te fais de gros zoubis bien amicaux et, ma foi, que tout s'arrange pour toi, que tes rêves et voeux se concrétisent, bref, porte-toi bien et prends soin de toi, surtout !!
Elsa ^^

Écrit par : Khayaa | 31/12/2013

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Merci Elsa ! Que tout aille au mieux pour toi aussi !
Bisous !

Écrit par : Zosio | 31/12/2013

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Je te souhaite plein plein plein de belles choses et de "gros mieux" à venir ! Prends bien soin de toi, je t'embrasse xoxooxox

Écrit par : Khayaa | 04/01/2014

très bonne année à toi!
j'ai l'impression que tout va quand même de mieux en mieux pour toi...
et j'espère que ce n'est pas juste une impression ;-)

Écrit par : Adrienne | 03/01/2014

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Oui Adrienne, ça va de mieux en mieux pour moi. Des priorités doivent prendre place pour que la vie se mette en ordre. Il en sera toujours ainsi.

Écrit par : Zosio | 03/01/2014

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Juste quelques petits mots pour te souhaiter une très bonne année 2014, je suis dans les temps, nan? ;), des moments de répit, de joie et de bonheur! La vie en douce, quoi! Bisous!

Écrit par : Angele | 03/01/2014

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à toi aussi Angèle ! Je te souhaite une belle et douce année !
Bisous

Écrit par : Zosio | 04/01/2014

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