10/02/2014

Zosio (85)

 

La vie au sein d’une communauté villageoise a ses charmes, je dois en convenir. 

 

J’avais pour habitude de rester isolée dans mes différents logements que je choisissais autant que possible éloignés de la civilisation.  Encore que lorsqu’on veut vivre en ermite, c’est tout à fait réalisable même en appartement.  Le handicap du fils m’a tenue éloignée des questionnements de l’entourage géographique, et puis, les plantations de cannabis du paternel se devaient d’être discrètes.  Marre de répondre sans cesse aux interrogations concernant le fils: comment ça se fait ?  Il comprend ce qu’on dit ?  C’est bizarre qu’il ne parle pas.  Mais comment faites-vous pour le comprendre ?  Et toute la série traditionnelle et irritante défilait à chaque déménagement, me poussant à me tenir coite à l’intérieur de ma maison ou de mon jardin soigneusement barricadé.

 

Lorsque j’ai acheté ma maison, il y a presque deux ans, je n’ai pas eu peur de m’installer dans un quartier rural où toutes les maisons sont mitoyennes d’un côté ou de l’autre, voire des deux, comme la mienne.  Mon jardin est entouré de grands murs en pierres du pays dans lequel je me sens chez moi, comme s’il s’agissait d’une pièce supplémentaire de mon habitat.

 

Les voisins saluent, je les salue également.  Nous échangeons des petits mots de courtoisie, et plus parfois, mais chacun reste chez soi.  Je distribue mes légumes lorsque je suis noyée comme ce fut le cas pour mes courgettes l’été dernier, le fils de la voisine (psychologue en milieu carcéral) aime venir jardiner avec moi, il a six ans et parle beaucoup, pose de nombreuses questions et me rafraîchit l’esprit par sa spontanéité.

 

Et l’été dernier, la maison du coin de la rue, mitoyenne avec la mienne, est achetée et habitée par une femme seule qui semble avoir approximativement mon âge.  Une voiture vite identifiée vient régulièrement chez elle et se gare sur un minuscule morceau de trottoir devant la porte principale de la maison, empêchant le stationnement de l’autre côté de la route alors que depuis toujours c’est de ce côté que l’on s’arrête.  Les coups de klaxons commencent à résonner.

 

Ensuite, la porte latérale de la maison voisine se pare de diverses plantations : tomates, herbes aromatiques, quelques fleurs, sur le minuscule trottoir de cette route à sens unique, étroite, gênant le stationnement régulier des clients des deux commerces du village ainsi que des riverains.  La grogne individuelle se fait plus pressante d’autant que des mots griffonnés apparaissent sur la porte, du genre : « Veuillez ne pas vous garer devant cette porte », ou à une autre occasion, alors que ses cartons de déménagement occupaient le coin de la rue depuis dix jours, une affiche est apparue disant : « Ce n’est pas un dépôt d’immondice, vous êtes priés de ne pas déposer vos cartons personnels ici », ensuite, des mots très agressifs sont apparus sur les parebrises des voitures stationnées que la dame estimait gênantes…

 

L’épisode du pot de fleurs que j’ai écrasé en me parquant un soir d’hiver a allumé le feu de la colère, je l’ai relaté ici (Zosio 78).

 

19:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

je me souviens de l'épisode du pot de fleurs :-)
mais la suite? la suite?
:-)

Écrit par : Adrienne | 10/02/2014

Répondre à ce commentaire

ça vient Adrienne, ça vient... Demain je serai au bureau, je prendrai du temps car pour l'instant, à la maison, c'est chantier dans tous les coins !

Écrit par : Zosio | 10/02/2014

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.