11/02/2014

Zosio (86)

« Madame, Monsieur

 

Je me permets de vous soumettre un conflit de voisinage ayant amené ma voisine à m’invectiver hier en début de soirée, manifestant son intention de faire appel à vos services pour régler ce « litige »…

J’habite rue du B au n° 223, elle habite juste à côté, la maison faisant le coin avec la rue J.  Toutes deux avons une porte secondaire dans la rue J que j’emprunte chaque jour pour prendre mon véhicule que je gare, selon les possibilités, rue J ou le long de la Meuse, comme tous les habitants de ce quartier aux rues étroites.

Madame ma voisine, depuis cet été, époque approximative de son arrivée dans sa maison fraîchement acquise a décidé que plus personne ne pouvait se garer devant sa porte secondaire, et, pour se faire, obstrue le sol du minuscule trottoir (partie de la voie publique si je ne m’abuse) d’une multitude de pots de « fleurs » (je doute de son intérêt pour les plantes, celles-ci étant alors à l’ombre presque en permanence alors qu’elle dispose d’un bel espace inutilisable pour le stationnement en façade côté est).  Effectivement, lorsqu’une petite voiture se gare au ras des pots, elle n’a plus accès à sa porte sans les enjamber, mais à qui la faute ?  De même un passager d’une voiture garée à cet endroit ne peut sortir ni entrer dans la voiture, bref cette entrave imposée occasionne des problèmes à tous les propriétaires de véhicule.

Lorsque je m’en réfère au plan cadastral du quartier, de toute évidence les différents trottoirs ne font pas partie de nos propriétés respectives.  Voilà pourquoi je me gare à cet endroit même si la manœuvre est délicate et déplace parfois ces entraves insolites sur la voie publique.

J’ai constaté dès mon installation dans le quartier que la rue J était bordée de voitures garées sur le côté droit, qu’il n’existait pas de panneau d’interdiction de stationner et que la signalétique au sol était inexistante.

Entre voisins nous pratiquons la courtoisie et le respect mutuel.  Lorsque des travaux spécifiques sont prévus, nous en sommes avertis ou nous en avertissons les autres selon les cas, pour garder un accès facile au déchargement de marchandises.  Je ne suis pas la seule à me plaindre de la décision unilatérale de ma voisine, et il m’est même arrivé de déplacer ses pots avancés vers la route pour me garer, mais dans la journée ils sont repoussés à leur place initiale montrant avec insistance que le but recherché est seulement la gêne qu’ils peuvent causer.

Je m’adresse donc à vous pour éclaircir cette situation désagréable et qui semble devoir dégénérer à court terme pour autant que ma voisine s’obstine à vouloir réglementer l’utilisation de la rue J pour les autres usagers du quartier.

Je vous remercie pour votre bonne attention et vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes meilleures salutations. »

 

Voilà le courrier envoyé à la Police de la commune le 4 décembre dernier.

Une dizaine de jours plus tard, n’ayant reçu aucune réponse à ma lettre, je contacte le service d’ordre par téléphone. 

-          Non, je ne suis pas au courant de votre courrier, mais votre agent de quartier est absent, c’est lui qui devrait s’en occuper.

-          Pouvez-vous lui transmettre mon appel et lui rappeler mon courrier ?

-          Certainement.

Deux jours plus tard, j’ai l’agent de quartier en ligne :

-          Oh vous savez, il y a des gens comme ça, qui chicane pour un rien, qui n’ont rien d’autre à faire que critiquer tout le monde.  Je vous conseille vivement de vous garer le long de la Meuse, comme ça vous ne risquez rien.  Et puis, j’ai l’intention de mettre la rue J en stationnement interdit partout et de faire tracer un parking dans le petit parc du bord de l’eau pour tous les habitants du coin.

Je me laisse berner gentiment par le bavardage bonhomme de l’agent.

Lorsque je relate l’entretien à mes amis, et à la pharmacie voisine, je ne peux que conclure que je n’ai pas de réponse à ma question qui est : un trottoir est-il un espace public ou un espace privé ?

 

En Don Quichotte vaillante, je vais envoyer un second courrier à l’agent de quartier !

 

« Monsieur l’agent de quartier,

 

Faisant suite à mon courrier du 4 décembre dernier et après notre échange téléphonique du 16 décembre, je me rends compte que notre conversation n’apporte pas de réponse à ma question précise de demande d’arbitrage dans un conflit, qui, comme je vous le prédisais dans mon courrier précédent, prend de l’ampleur.  En premier lieu par l’intervention de la fille de madame ma voisine qui s’en est violemment prise à moi, exigeant mes papiers, exigeant le remboursement du pot de fleur et exigeant le nettoyage du trottoir qu’elle estime le sien, sans compter ses coups portés dans ma porte et le scandale qu’elle provoqua dans la rue interpellant les personnes présentes en clamant ma psychose du pot de fleurs et mon intention volontaire de les écraser.  D’autre part, par l’arrivée de nouveaux pots supplémentaires, cette fois bétonnés au trottoir !

Ma question est donc la suivante : les trottoirs sont-ils la propriété de l’acheteur de la maison et par conséquent, peut-on y installer tous les obstacles que l’on souhaite même si ceux-ci sont sources d’embarras pour les usagers de la route, qu’ils soient piétons ou automobilistes (considérant que tout automobiliste redevient piéton dès qu’il quitte son véhicule).

D’autre part, en discutant avec quelques voisins des projets que vous m’évoquiez au téléphone, d’interdiction de stationnement généralisée à la rue, il en ressort, de la part de ces personnes installées depuis de nombreuses années  au centre du village, que cette mesure ne pourra jamais être respectée pour de multiples raisons, dont, pour n’en citer qu’une, l’âge avancé des personnes concernées et les différents handicaps physiques qu’elles rencontrent.

Je crois savoir que la Ville subit de graves restrictions budgétaires.  D’éventuels travaux d’aménagement des voiries de nos quartiers en raison des plaintes d’une ou deux personnes dont la malveillance pourrait être le seul moteur, ne se concrétiseront pas avant un très long moment.  Il est donc essentiel que nous puissions continuer à vivre et exister avec la réglementation actuelle, que j’aimerais d’ailleurs pouvoir consulter pour éviter tout impair.

Une réponse écrite de votre part m’agréerait beaucoup.

Dans l’attente de vous lire, je vous prie, Monsieur l’agent de quartier, d’agréer mes meilleures salutations. »

 

Lettre du 18 décembre 2013…

14:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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