18/02/2014

Zosio (88)

 

 

La vie devient impossible pour ma pauvre voisine !

 

Elle a maintenant deux rues à surveiller : en façade là où la grue travaille et transporte du matériel par-dessus mon toit, mais également la petite rue latérale dont elle tient à régenter le stationnement de tous ces malotrus qui veulent utiliser la place qu’elle destine à sa fille lorsque celle-ci vient lui rendre visite.

 

Pour plus de facilité, elle ouvre une partie de ses rideaux, mais elle s’attarde aussi, de plus en plus longuement, dans la rue.

 

Un ouvrier, par mégarde, a cassé un de ses pots de fleurs.  Il l’a tout de suite jeté dans le camion, au milieu des détritus à évacuer.  Son patron se moquait de sa panique à l’idée de subir la vindicte de la voisine en furie.

 

Elle s’est sûrement aperçue de l’absence d’un pot au milieu de ses petites plantes qu’elle aime tant, mais n’en a accusé personne directement.

 

Un soir, le repas terminé, déjà en tenue de soirée décontractée, la sonnette retentit dans le hall.  Le Papé m’interroge du regard, j’en fais de même.

 

Surprise de taille lorsque j’ouvre ma porte et aperçois madame ma voisine qui ne me parle plus depuis la mésaventure de son pot de fleurs écrasé par mes soins.  D’une petite voix fluette elle tient à m’entretenir de ses récriminations au sujet de mon toit mitoyen du sien :

 

  • Je voudrais que vous disiez aux couvreurs qu’ils doivent changer ça, vous avez vu ?  Ce n’est vraiment pas esthétique, ça ne va pas du tout.

  • Vous serez aimable de leur dire ça demain, je ne serai pas là, et je n’ai rien remarqué de particulier.  Bonsoir.

 

J’ai tout de suite le regret de ne pas lui avoir demandé de mettre ses doléances par écrit afin de les leur transmettre.  Une nouvelle collection s’imposerait, ses petits mots adressés à ses voisins…

 

Je préviens le patron par mail le soir même, et dors du sommeil du juste jusqu’au matin.

 

Durant la matinée du lendemain, mon ardoisier patron m’appelle.  Il tient à me faire partager son fou-rire, elle l’a appelé car il n’est pas venu personnellement sur le chantier, et après avoir invectivé les ouvriers qui l’ont envoyée paître sans ambages, elle devait pouvoir défouler sa rancœur sur quelqu’un.

 

Auparavant, elle avait déjà appelé le service urbanisme de la ville.  Ceux-ci lui avaient certifié que le chantier se déroulait dans le plus parfait respect des règles urbanistiques en vigueur, mais comme elle insistait, ils lui ont conseillé de s’adresser au service de la police locale pour que l’agent de quartier vienne confirmer qu’il n’y avait absolument rien à redire quant à mon chantier.

 

Sentant le ridicule la guetter, elle s’est donc adressée au patron, tentant de le fléchir à sa cause, et surtout expliquant mieux à ce dernier son véritable souci d’esthétique :

 

  • Mais ma maison va en être dévalorisée quand les travaux de Mme Zosio seront finis !

 

Et voilà, elle a lâché le morceau !  Son problème est donc l’envie, la jalousie, la peur d’une « infériorité » apparente aux yeux des idiots qui jugeraient en fonction de l’avoir plutôt que de l’être.

 

Bien sûr, mon homme de l’art lui a de suite proposé un devis pour la réfection de son toit de manière à rester en accord avec la nouvelle fraîcheur du mien, mais elle a décliné l’offre parce qu’elle n’en a pas les moyens.

 

Attaque loupée !

 

Mais l’histoire ne s’achève pas ici…

 

15:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Ah ben ma pauvre, quelle emmerdeuse tu as dans le voisinage:(, elle n'a rien d'autre à faire de ses journées que de faire la fouine?

Enfin, elle a bien été mouchée par la Mairie et le charpentier, c'est déjà ça:)

Écrit par : Angèle | 22/02/2014

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Mais elle n'en restera pas là, elle ira jusqu'au bout de ses ressources. Je reprendrai le récit plus tard, je vis des heures d'horreur et d'angoisse pour un membre de ma famille. Par respect pour eux je ne peux m'exprimer actuellement, tant que la médiatisation prend cet événement en point de mire. Je ne peux que suivre l'actualité, attendant le dénouement de ce drame. Mon anecdote attendra sa chute...

Écrit par : Zosio | 22/02/2014

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Oui, tu en as parlé brièvement et j'espère de tout coeur que ça se terminera bien. je pense bien à toi en tous cas!

Écrit par : Angèle | 24/02/2014

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Merci à toi, c'est toujours l'attente du dénouement...

Écrit par : Zosio | 24/02/2014

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