06/03/2014

Zosio (92)

Mais que se passe-t-il donc chez les alcooliques anonymes ?  Les deux dernières réunions ont été franchement nulles !

C’est frustrant, j’y vais toujours avec joie, mais deux semaines de suite, les participants sont chiants.  Les amuseurs sont absents pour diverses raisons : santé du conjoint, football, congés, que sais-je moi ?  Alors, il reste les branleurs qui racontent toujours les mêmes histoires, avec les mêmes mots, comme si leurs histoires étaient la quintessence du témoignage de poids.  Tout se déroule sans émotion, froidement.  Et comme l’échange du quotidien ne franchit pas la frontière des lèvres, on fait du « programme ».  Car nous suivons un guide écrit par les pionniers du mouvement des AA.  Et ça me gave.  Je ne m’y retrouve pas, les textes sont lus par un vieillard sans timbre de voix, pire qu’un mauvais sermon récité par un curé du haut de sa « chaire de vérité », parlant d’attitudes à tenir, post sevrage, par rapport à ce que nous étions devenus, hommes sans conscience, menés par le besoin d’ingurgiter de l’alcool pour tenter d’être « normaux », alors que nous étions pathétiques.

Et non, je ne suis pas concernée, j’ai arrêté trop tôt !  Je n’ai pas attendu de ne plus pouvoir gérer, de jeter mes factures à la poubelle dès réception au lieu de les payer, de casser dix fois ma voiture et état d’ébriété, de ne plus savoir m’occuper de mon fils, ni de ma maison, non, je ne dois pas m’amender devant mes proches, j’ai pris le taureau par les cornes quand je me suis sentie sombrer, lorsque j’ai compris que je n’avais plus assez de plages de sobriété pour continuer de fonctionner.  Alors, je décroche de la discussion, d’autant que j’ai travaillé en thérapie d’autre part, et c’était autrement plus intéressant car ça ne tournait pas seulement autour de la consommation alcoolique, la boisson était un des éléments d’analyse, pas le centre du problème.

Il n’y a pas un simple nœud à dénouer, il y a tout un ensemble d’histoires qui ont marqué nos existences et nous ont entraînés dans l’abus, voire les abus !

Puis, réunion ouverte du premier mercredi du mois oblige, des visiteurs d’autres groupes sont passés, des membres Al anon, dont une femme d’un certain âge que j’ai pris pour une vieille bonne sœur !  Puis, l’autre qui pleurnichait parce que sa femme l’a largué vendredi soir et en a épousé un autre mercredi après-midi.  Et qu’il se demande s’il va devoir travailler ou pas parce que la mutuelle ne veut plus de lui, et qu’il n’a jamais bossé sérieusement à cause d’un accident quand il était ado.  Par bonheur, je n’ai jamais donné mon numéro de téléphone comme ça se pratique entre membres qui s’entraident.  Pour plusieurs raisons : mon GSM traîne toujours n’importe où et la messagerie s’enclenche après 4 sonneries, et puis, je travaille la journée et je n’ai pas le loisir de tenir une personne en souffrance en ligne pendant une plombe.  Et je viens de me rendre compte que si mon numéro circulait, j’hériterais encore de tous les paumés qui me tiendraient au bout du fil pendant des soirées entières, comme je l’ai vécu avec une amie d’antan, alcoolique et déprimée permanente. 

Parce que si l’alcool et la dépression sont toujours liés, le sevrage n’arrête pas pour autant la dépression et certains s’y complaisent avec jouissance. 

Je suis du bord des battants, des gagnants, de ceux qui décident d’avancer, de construire leur existence.  Je n’ai plus le temps de tirer derrière moi les loosers de service, et je me sens orpheline dans le groupe amputé de quelques-uns de ses moteurs.

J’espère retrouver l’ambiance que j’apprécie la semaine prochaine, et puis, mes copines avec lesquelles je prolonge la réunion autour du cendrier, à la sortie.

Oui, j’ai côtoyé beaucoup d’alcooliques dans ma vie, une fois partie de la cellule familiale et évoluant dans un milieu artistique marginal.  Peu s’en sont sortis, mais ceux qui y sont arrivés ont fait le chemin tout seuls, sans le groupe, sans même le connaître…  Voilà ce qui a déterminé mon inquiétude précoce et mon besoin d’en finir avec la dépendance.

Je vais persévérer dans ma participation aux réunions, mais à condition qu’elles reprennent la direction que j’apprécie, soit un véritable lieu d’échanges et d’expression plutôt que ce déballage de lieux communs insipides auquel j’assiste depuis deux semaines.

18:08 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

Commentaires

Voilà bien la preuve que tu es "en avant" !!

Écrit par : Pierrot Bâton | 06/03/2014

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Oui, mais c'est frustrant que le groupe n'avance pas au même rythme, c'est comme à l'école quand il fallait se coltiner les explications 50 X parce que l'un ou l'autre n'arrivait pas à assimiler alors qu'on avait pigé dès la première démonstration. ça crée une lourdeur que je ne souhaite plus assumer, l'âge me rend impatiente de vivre encore un maximum de trucs positifs tant que je peux encore... Comme une urgence de savourer pleinement...

Écrit par : Zosio | 06/03/2014

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Zosio,

bats-toi - tu es déjà très loin par rapport aux autres !

PS. je t'attends ce samedi 08/03 ;) on en discutera.

Au plaisir de te voir!!! :D

Écrit par : pouleastucieuse | 07/03/2014

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Oui, oui, demain c'est la fête !!!!
bisous !

Écrit par : Zosio | 07/03/2014

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Hellooooo, Zosio (u) (diminutif de Sophie en version polonaise : Zofia - Zosia - Zosienka, en nominatif et Zosiu en vocatif !)

Gros bisous plaqués sur ton front ! ;)

C'est fait !

:D

Écrit par : pouleastucieuse | 11/03/2014

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Merci ma petite Poule Astucieuse, bisous itou !!!

Écrit par : Zosio | 11/03/2014

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Vous êtes venue chez Blogborygmes merci, une petite visite s'impose chez vous, billet très in téressant, je ne connais pas, et n'ai pas connu cette dépendance, je sais par d'autres que ça n'est pas facile, alors je tombe dans une banalité affligeante en vous disant courage. C'est banal et con à la fois je le sais.

Écrit par : Andiamo | 13/03/2014

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Merci Andiamo, le courage il le faut surtout pour prendre la décision, après, le temps de transition passé, les habitudes modifiées, l'aide psychologique pour comprendre comment et pourquoi, et la vie reprend de plus belle, tellement belle que je n'ai plus tellement à raconter. Le bien être, chez moi, n'est pas très loquace, il se vit, simplement.
Belle soirée.

Écrit par : Zosio | 13/03/2014

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Oui, ma première impression fut également que c'est bien là, la preuve que tu es plus "avancée" que la plupart des participants ! J'espère que les "sympas" reviendront pour te permettre de continuer la bataille avec le courage qui te caractérise.

Puisque Pouleastucieuse en parle, têh, c'est le moment de te poser la question qui me brûle "les doigts" depuis un certain temps mais que j'oublie toujours de te poser : Zosio, quelle est la signification de ton pseudo ??

56 zoubis... au moins ! :-)
xoxooxx

Écrit par : Khayaa | 18/03/2014

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