25/03/2014

Zosio (94)

L’activité reprend, les rêves changent un peu, sauf que ce matin, je rêvais de mes neveux et nièces, les frères et sœurs de l’autre apprenti Tarzan dans la jungle européenne.  Je les surveillais sur un parcours aquatique très naturel dans le jardin (imaginé) de mon ex-homme de longue durée et de ses parents puisqu’ils n’ont jamais été à même de couper le cordon ombilical, tout comme Dam et sa maman.  Et je récupérais les enfants (encore en bas âge), je devais les ramener, j’ignore où, et en passant en voiture, je voulais leur montrer ma nouvelle maison.  Il s’agissait d’une grande place forte en pierre avec une tourelle de défense dans un angle…

Ensuite, je voyais un médecin qui me montrait les photos de leurs visages sur lesquels des traces de moisissures ressemblant à des écorces d’arbre envahissaient leur nez, puis tout le visage.  Une autre personne apparaissait, me confiant des maillots de bains « répulsifs » de cette réaction cutanée causée par le ruisseau dans lequel ils avaient pataugé.

Et lorsque je me suis éveillée, je les ai comptés : ils n’étaient que quatre.  L’aîné manquait…

Non, toujours aucune nouvelle digne de ce nom.  Les questions demeurent, l’angoisse a disparu, elle n’apporte rien…

 

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21/03/2014

Zosio (93)

Effroyable paresse en cours !

Je suis victime d’un manque d’entrain général et je baigne dans la morosité et une fatigue chronique.

Mes rêves sont chahutés par le décès de mes parents, de la tante Maria, l’apparition de ma défunte sœur qui ne fait que passer parce qu’elle vit toujours avec son nouveau mari aux USA, et mon retour dans des maisons anciennement occupées ou pas, mais dans ce second cas elles proviennent de la famille, dans lesquelles j’ignore si je vais rester, de l’argent que je trouve, que je perds, des amies de l’école primaire qui réapparaissent comme par enchantement et des grandes roues de foire ou des engins futuristes qui me transportent d’un endroit à l’autre dans un tourbillon.

Qu’est-ce que tout cela signifie ?

Au moment où ma vie est d’un calme absolu mes rêves contrebalancent le mouvement et me plongent dans une fatigue malsaine.  Je préfère nettement être moulue d’activité physique que dans ce brouillard de sentiments où la tristesse domine, et le manque m’envahit. 

Je suis contrainte de m’emplir le ventre sans cesse, et pour éviter les trop tentantes sucreries, je mange des galettes de maïs infâmes.

Je ne fais que remplir un vide dont j’ignore l’origine.

Je suis dépourvue de toute envie, robotisée…

J’ai séché une réunion des AA, puis j’y suis revenue cette semaine, et j’ai parlé de mon doute quant à ma place au sein du groupe.  Ils l’avaient lu sur mon visage, le sentaient.  Ils interprètent ce doute comme un moment à risque.  Soit, ils ont l’expérience de la durée que je ne maîtrise pas encore, j’arrive à peine à une année de sobriété, mais le problème (pour autant qu’il s’agisse d’un problème), en ce qui me concerne, n’a rien à voir avec la consommation d’alcool.  Je n’éprouve pas d’envie particulière, je n’éprouve même aucune envie concrète, non, rien, du vide…  Même pas de l’enfermement, de l’évitement…

Le vide…

 

 

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06/03/2014

Zosio (92)

Mais que se passe-t-il donc chez les alcooliques anonymes ?  Les deux dernières réunions ont été franchement nulles !

C’est frustrant, j’y vais toujours avec joie, mais deux semaines de suite, les participants sont chiants.  Les amuseurs sont absents pour diverses raisons : santé du conjoint, football, congés, que sais-je moi ?  Alors, il reste les branleurs qui racontent toujours les mêmes histoires, avec les mêmes mots, comme si leurs histoires étaient la quintessence du témoignage de poids.  Tout se déroule sans émotion, froidement.  Et comme l’échange du quotidien ne franchit pas la frontière des lèvres, on fait du « programme ».  Car nous suivons un guide écrit par les pionniers du mouvement des AA.  Et ça me gave.  Je ne m’y retrouve pas, les textes sont lus par un vieillard sans timbre de voix, pire qu’un mauvais sermon récité par un curé du haut de sa « chaire de vérité », parlant d’attitudes à tenir, post sevrage, par rapport à ce que nous étions devenus, hommes sans conscience, menés par le besoin d’ingurgiter de l’alcool pour tenter d’être « normaux », alors que nous étions pathétiques.

Et non, je ne suis pas concernée, j’ai arrêté trop tôt !  Je n’ai pas attendu de ne plus pouvoir gérer, de jeter mes factures à la poubelle dès réception au lieu de les payer, de casser dix fois ma voiture et état d’ébriété, de ne plus savoir m’occuper de mon fils, ni de ma maison, non, je ne dois pas m’amender devant mes proches, j’ai pris le taureau par les cornes quand je me suis sentie sombrer, lorsque j’ai compris que je n’avais plus assez de plages de sobriété pour continuer de fonctionner.  Alors, je décroche de la discussion, d’autant que j’ai travaillé en thérapie d’autre part, et c’était autrement plus intéressant car ça ne tournait pas seulement autour de la consommation alcoolique, la boisson était un des éléments d’analyse, pas le centre du problème.

Il n’y a pas un simple nœud à dénouer, il y a tout un ensemble d’histoires qui ont marqué nos existences et nous ont entraînés dans l’abus, voire les abus !

Puis, réunion ouverte du premier mercredi du mois oblige, des visiteurs d’autres groupes sont passés, des membres Al anon, dont une femme d’un certain âge que j’ai pris pour une vieille bonne sœur !  Puis, l’autre qui pleurnichait parce que sa femme l’a largué vendredi soir et en a épousé un autre mercredi après-midi.  Et qu’il se demande s’il va devoir travailler ou pas parce que la mutuelle ne veut plus de lui, et qu’il n’a jamais bossé sérieusement à cause d’un accident quand il était ado.  Par bonheur, je n’ai jamais donné mon numéro de téléphone comme ça se pratique entre membres qui s’entraident.  Pour plusieurs raisons : mon GSM traîne toujours n’importe où et la messagerie s’enclenche après 4 sonneries, et puis, je travaille la journée et je n’ai pas le loisir de tenir une personne en souffrance en ligne pendant une plombe.  Et je viens de me rendre compte que si mon numéro circulait, j’hériterais encore de tous les paumés qui me tiendraient au bout du fil pendant des soirées entières, comme je l’ai vécu avec une amie d’antan, alcoolique et déprimée permanente. 

Parce que si l’alcool et la dépression sont toujours liés, le sevrage n’arrête pas pour autant la dépression et certains s’y complaisent avec jouissance. 

Je suis du bord des battants, des gagnants, de ceux qui décident d’avancer, de construire leur existence.  Je n’ai plus le temps de tirer derrière moi les loosers de service, et je me sens orpheline dans le groupe amputé de quelques-uns de ses moteurs.

J’espère retrouver l’ambiance que j’apprécie la semaine prochaine, et puis, mes copines avec lesquelles je prolonge la réunion autour du cendrier, à la sortie.

Oui, j’ai côtoyé beaucoup d’alcooliques dans ma vie, une fois partie de la cellule familiale et évoluant dans un milieu artistique marginal.  Peu s’en sont sortis, mais ceux qui y sont arrivés ont fait le chemin tout seuls, sans le groupe, sans même le connaître…  Voilà ce qui a déterminé mon inquiétude précoce et mon besoin d’en finir avec la dépendance.

Je vais persévérer dans ma participation aux réunions, mais à condition qu’elles reprennent la direction que j’apprécie, soit un véritable lieu d’échanges et d’expression plutôt que ce déballage de lieux communs insipides auquel j’assiste depuis deux semaines.

18:08 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)