26/05/2014

Zosio (102)

Demain je reprends le boulot après deux semaines de décrochage et le moins que l’on puisse dire est que cette échéance ne m’emballe vraiment pas !

L’idée de retrouver mon patron et son stress légendaire et disproportionné me gave déjà.  Puis, il y a le Dam.  J’ignore ce qui se passe mais depuis mon retour de France il ne décroche plus son téléphone quand j’appelle, et ne répond pas à mes messages, pourtant je sais (par sa mère) que son numéro est toujours en fonction, mais aussi qu’il a reçu sa note annuelle des contributions.  Alors, la taque tique de la tête dans le sable, ça le connait !  J’avais besoin d’aide pour monter des sacs de galets sur mon toit végétal, il ne s’est pas manifesté…

Ma troisième année de soutien débute, et je vais le lâcher dans la nature.  Où en est-il 24 mois plus tard ?  Toujours au même point.  Peut-être n’a-t-il pas replongé dans l’héro, mais peut-être aussi a-t-il consommé de temps en temps ?  Qu’en est-il de son sevrage alcoolique ?  Là aussi c’est le néant.  Qu’en est-il de l’équilibre de son budget ?  Néant, encore et toujours malgré son affirmation de sevrage.  Deux ans durant lesquels je me suis investie, pendant lesquels j’ai souffert parce que je l’ai aimé, puis, maîtrisant enfin mes sentiments amoureux, encore de longs, très longs dialogues de motivation l’encourageant à continuer sa route, à ouvrir les portes devant lui, à saisir sa chance d’être entouré et apprécié, à tenter de lui apprendre à réfléchir « utile », « besoin », « incontournable » et autres mots du vocabulaire qu’il ne connaissait pas, mais rien n’y fait, tant qu’il a mon soutien il se contente de vivoter, de se laisser porter par le vent léger telle la cigale qui chante tout l’été…

Ma rencontre, en France, avec le couple que forme mon ancien amour de jeunesse m’a plongée dans ma réalité.  J’ai une réponse quant à la survie de l’amour au-delà de la passion, au-delà des enfants à élever ensemble.  Mais j’ai maintenant surtout acquis l’idée de mon impossibilité de réaliser ce parcours parce qu’il commence dans la fleur de l’âge alors que je suis déjà un fruit bien mûr, presque blet, sur le point de tomber de l’arbre…

J’ai aussi découvert mon plaisir de voyager seule, de programmer sans dépendre de personne.  Lorsque l’occasion se représentera, j’envisage d’en profiter à nouveau, un WE promotionnel dans des thermes ou autre chose du genre.  Seule…  rien qu’avec moi-même pour compagnie, loin de ceux qui dépendent de moi, même de mes animaux.  Le Papé a bien fait face à mon absence, j’en étais étonnée au retour de le voir poursuivre quelques initiatives nouvelles.  Quel héroïsme !

J’ai seulement envie de RIEN, rien faire, rien dire, rien penser, transporter mon enveloppe corporelle vide sur la surface de la terre…

12:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

22/05/2014

Zosio (101)

Journée de la pétition…

L’une de mes amies est fraîchement pensionnée et semble un peu désœuvrée par cette inactivité.  Vivant seule dans un minuscule appartement, en ville, elle passe sa journée sur son écran de pc. 

Au début, elle a suivi des cours d’anglais qu’elle a très vite abandonnés, les participants étaient snobs, et il ne s’agissait pas de conversation comme annoncé, mais d’un cours très scolaire.  Sa connaissance de la langue lui permet de voyager partout dans le monde, même de donner des cours d’alphabétisation.  Exit la sortie hebdomadaire !

Son employeur (asbl) a dû se séparer de sa secrétaire pour restriction budgétaire, elle va donc bénévolement aider en cas de besoin.

Et puis, elle milite !  C’est-à-dire qu’elle suit toutes les grandes causes : humaines, animales, environnementales, et même politiques.  Mais son militantisme se limite aux pétitions.  J’en reçois de plus en plus, rien que 5 en ce début de soirée.

Si au début, je lisais encore les revendications, aujourd’hui je clique « delete » tout de suite.  Je n’aime pas donner mon nom, mon adresse mail, afficher des opinions personnelles sur des sujets de controverse.  Le pistage qu’autorise internet me fait peur, et je crois savoir que ces multiples pétitions sont parfaitement inutiles.

Le Papé me demandait si je pouvais faire en sorte de ne pas les recevoir, mais si je place l’adresse de mon amie en spam je ne recevrai plus ses autres messages d’amitié, donc je me contente de trier, d’après l’intitulé du mail.  Il pensait que cette démarche me coûtait, que ça m’ennuyait d’être « importunée », mais non, ça ne m’atteint pas et je n’éprouve aucun énervement.  Je ne souhaite pas me compliquer la vie en demandant à mon amie de ne plus m’envoyer ces pétitions, et l’action de supprimer m’est devenue toute naturelle.

Mais pourquoi irais-je me compliquer la vie hein ???

20:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

20/05/2014

Zosio (100)

De retour de mon périple en France et mes retrouvailles avec mon grand amour de jeunesse, presque d’enfance, tellement j’étais jeune encore…

Fantasmes envolés, mais baume au cœur : l’amour peut durer !  Je l’ai vu, ils respirent d’amour l’un pour l’autre, ils ont la sensualité à fleur de peau, ils forment une équipe soudée à tous les niveaux puisqu’ils partagent non seulement leur vie de famille, mais également professionnelle, bref, ils représentent tout ce à quoi j’aspirais !

Et puis, j’ai appris beaucoup de détails sur cette époque et sur sa vie à lui durant notre amour de folie : il est le fils d’un industriel, cinquième des sept enfants, le « mouton noir » comme il se décrit, celui qui a été sacrifié pour tenir compagnie à son frère atteint de la polio, qui a subi de nombreuses opérations pour lui rendre un minimum de mobilité.  Le lien qui s’est tissé entre eux est indestructible, les deux doigts d’une même main.

Elle, étrangement elle me ressemble, une femme élancée sur ses longues jambes, insouciante, légère, et pourtant les pieds sur terre, dans les bilans financiers, dans l’implication administrative de leurs affaires, dans le souci de le séduire chaque jour, une mère attentive pour leurs deux enfants maintenant installés en Belgique et indépendants.  Une femme qui a su patienter pendant qu’il partait de longues semaines en chantier au loin parce qu’ils sont indépendants et qu’en fonction de leurs besoins, ont dû accepter, parfois, d’être séparés pour survivre et faire face aux études des enfants. 

Il a grandi avec une nurse, un père absent, une mère présente qui se partageait entre ses sept enfants.  Ses enfants ont connu un père attentif, éducatif, dur et tendre à la fois mais surtout présent et attentionné, encore maintenant qu’ils ont quitté le nid.

Effectivement, l’amour peut survivre au temps qui passe.  Mais comme il me l’a dit, il faut le remettre en question lorsque la donne change, ce qui fut leur cas au départ des enfants, ils ont parlé, ont réfléchi au sens de leur vie et à la richesse qu’ils voulaient lui conserver alors qu’ils se retrouvaient à deux.  Leur relation a repris comme à leur rencontre : seulement un couple et une équipe de travail.  Le partage d’un même atelier en journée, d’un même lit et d’une même table hors de l’atelier.

Plus de trente années sans même penser à déraper…

Evidemment ça ne m’arrivera pas.  On ne refait pas sa vie, on la continue seulement…

Alors, mon baluchon sur l’épaule, j’ai repris la route du retour.

J’ai vu un miracle, je sais que je suis passée à côté de la vie dont je rêvais et que jamais je ne rattraperai le temps perdu.

J’éprouve un étrange sentiment épicé d’admiration et de tristesse.  La nostalgie qui m’a emmenée là-bas a disparu cédant le pas à une conscience accrue de ma solitude et de mon isolement affectif.

Je ferai avec et retrouverai l’envie de construire rien que pour moi et mon fils…

 

10:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)