28/06/2014

Zosio (106)

Mon messager volant est reparti, mais auparavant, il m’a encore gratifiée de quelques familiarités, il est monté sur mon pied, puis sur ma jambe, puis sur mon bras, alors que je m’étais assise sur la pelouse et que le fils était à côté de moi.  Lorsque j’ai voulu approcher ma main libre, il s’est envolé…

Mardi, au bureau, mon GSM m’a interpellée, il s’agissait de l’institut du fils pour une mauvaise nouvelle : un de ses compagnons de vie était décédé.  41 ans.  Sans entrer dans les détails, il devait s’agir d’une récidive d’un cancer, et à 41 ans, ça va très vite.  Le fils a sans doute participé à la cérémonie, le fils va peut-être manifester de la tristesse, du vague à l’âme, et même s’il n’en manifeste pas, cela ne signifiera pas qu’il ne ressent pas de sentiments.  Son problème est de les exprimer.  Je serai attentive à respecter son ressenti dans les prochaines semaines.  Ce départ implique donc une nouvelle arrivée dans son cercle de vie, j’espère que ce souffle nouveau s’intègrera bien au groupe de base.

Le même soir, alors que nous finissions le repas, le papé et moi, il m’interpelle :

-        Qu’est-ce qu’il fait là ton pigeon ?

Effectivement, un pigeon est sur le sol, du côté route, blotti près de la poubelle du voisin.  Non, ce n’est pas « Mon Pigeon », c’est seulement un pigeon.  Mais pourquoi ne bouge-t-il pas ?  Il est bagué, c’est aussi un pigeon de concours.  N’étant pas à un pigeon près, je vais m’enquérir de son état.  Il se laisse prendre sans manifester la moindre rébellion.  Nous relevons le numéro inscrit sur sa bague, il vient des Pays-Bas, sa bague date de 2013.  Je le place dans une cage vide que je garde dans la cave pour le cas où, parce que je l’avais achetée pour Prosper lorsqu’il sort au jardin, mais Prosper refuse d’entrer dans cette cage !  C’est une cage de canari ça !

Le pigeon ne bouge pas, ne mange pas, ne boit pas.  Les chats s’intéressent à lui d’un peu trop près, je le parque pour la nuit dans l’appentis du jardin et je cherche sur le net les sites où le déclarer à son propriétaire.  Evidemment, tout est en néerlandais, mais au hasard, j’écris mon message sur deux sites distincts.

Le lendemain matin, je file d’abord voir le pigeon, il est toujours dans la même position qu’hier soir, à la différence qu’il ne bouge plus du tout !  Ses yeux sont restés ouverts, il est mort, peut-être d’épuisement…

Deux réponses arrivent dans ma boîte mail suite à mes annonces sur les sites.  L’un est en français, et je ne peux qu’annoncer la perte de la bête.

Evidemment, ça m’attriste un peu, c’est nettement plus valorisant de le voir se remettre, reprendre vie, puis qu’il continue sa route dans le ciel !  Pas cette fois.

L’insolite de l’histoire est quand même d’avoir deux pigeons en trois jours qui me rendent visite. 

Oui, maman me l’a toujours dit :

-        Mais pourquoi tous les animaux malades, perdus ou n’importe quoi tombent-ils toujours chez toi ?  Tu ramasses tout ce qui passe, personne n’a jamais ça et toi tout le temps !

-        Ben oui maman, et les avec les hommes, c’est du pareil au même !  Je me ramasse tous les bras cassés, tous les handicapés, et le seul fils que j’ai pondu, j’ai réussi à l’avoir handicapé aussi ! 

 

Sûr, j’ai été marquée à la naissance par une bonne fée parce que le contact et l’acceptation de la faiblesse des autres n’est pas donné à tout le monde…

19:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

22/06/2014

Zosio (105)

Première journée d’été et une visite inattendue : Mon Pigeon !  Celui de l’an dernier qui avait passé une semaine de vacances à la maison.  Il porte trois bagues maintenant.  Je l’ai immédiatement reconnu, il s’est posé sur le toit de l’appentis maintenant végétal, exactement au même endroit que l’an dernier.  Je lui ai tout de suite parlé, et il m’a observée, attentif à mes mots de bienvenue.  Aucun pigeon ne vient jamais chez moi, j’ignore même s’il y en a dans le coin.  Ici, ce sont les bernaches, les mouettes (parfois), les poules d’eau et autres oiseaux aquatiques.  Et mon pigeon débarque, reconnait la maison malgré toutes les transformations effectuées pendant l’hiver quant aux toitures.

J’ai encore les graines achetées l’an dernier, je lui prépare sa gamelle et la dépose d’abord près de lui, oubliant que les chats n’attendent que ça.  Et tout de suite, ils sortent de mes fleurs où ils se cachaient du soleil, et atteignent le toit.  Mon Pigeon s’envole sur un toit voisin.  Je déplace sa gamelle sur la tablette de fenêtre de la salle de bain, endroit inaccessible pour les chats.  Il revient sur le toit de l’appentis, je monte lui montrer, pour la seconde fois, le nouvel emplacement de la bouffe (l’an dernier aussi j’avais dû faire ça).  Mais il reste interrogatif et attend sa pitance.  Je travaille dans le jardin, assise sur mon tabouret, j’arrache le trèfle qui envahit la pelouse.  Le fils est à mes côtés, assis sur une chaise, récupérant les extractions pour en remplir un sac destiné aux containers.  Pigeon prend son envol et vient se poser sur mon dos !  Le fils est surpris, mais pas tant que ça, habitué aux envolées de Prosper.  Je ne bouge pas durant un moment, puis je tente de le regarder, et mon mouvement provoque sa fuite.  Je monte une troisième fois à l’étage pour lui montrer sa salle à manger.  J’ouvre grand la fenêtre, je l’appelle, il finit par se poser sur l’appui de fenêtre.  Je lui parle, il me regarde.  Je me recule pour ne pas l’effrayer.  Il commence à manger.  Je quitte la pièce sur la pointe des pieds.

Je suis ébahie, j’ai envie de penser qu’il est messager de quelque nouvelle (ou un rappel de ma situation de pigeonne ?).  Comment, après une année, a-t-il pu revenir chez moi ?  Développer encore plus de familiarité ?  L’esprit animal me surprend vraiment.  Et qu’on ne vienne pas me dire qu’ils sont exempts d’intelligence et de mémoire !

J’espère que « Mon Pigeon » restera encore quelques jours, comme l’an dernier.  J’espère qu’il reviendra encore aussi.  Au fait, ça vit combien de temps un pigeon ???DSCN2924.JPG

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20/06/2014

Zosio (104)

Il n’y parait pas, de prime abord, mais je suis en mode communication permanente, voilà pourquoi je ne ressens pas l’envie d’exprimer ici.  Je fonctionne au direct maintenant !  Et paf dans la tronche ! 

Ce matin, c’est Patron qui s’en est pris une fameuse (aller/retour).  Depuis deux jours il me cherche, et j’ai fini par céder à son besoin de défoulement.

Ben quoi ?  Faut pas m’emmerder pour l’instant, d’ailleurs il ne faut jamais m’emmerder !  Et le boulot, il commence à peser lourd, enfin le salaire est allégé de 77 € net par mois depuis janvier (quand on gagne péniblement 1300 à 1400 € mensuellement le pourcentage est élevé), mais on voudrait qu’on se batte encore plus pour tenter de sauver nos emplois qui sont condamnés à plus ou moins brève échéance.  Et oui, dans un pays en crise, la décadence s’installe, ou inversement.  Et quand on bosse dans le domaine de la culture, nous sommes les premiers sacrifiés.  C’est bien normal, mais ce n’est pas forcément ainsi que le feu du savoir va se rallumer !

Non, laissons les cons dans l’ignorance, évitons de les titiller avec nos origines, laissons les illuminés biens pensants répandre leurs croyances multiples basées sur des écrits anciens interprétés par des fumistes sectaires, et tout pourra continuer dans un semblant de démocratie ignorante du sens critique et de l’analyse.

Illustration ?  Ce soir, je vais chercher mon fils à l’institut où il vit le plus clair de son temps.  Les bâtiments abritaient un ancien couvent, et sur son mur extérieur d’enceinte, une niche religieuse abrite l’effigie d’une sainte derrière ses petits barreaux en fer.  Et que vois-je délicatement posés entre les barreaux ?  Des œufs !  Plein d’œufs !  De véritables œufs de poule.  La place manquant, un sac plein d’œufs y était également attaché…

Vous connaissez Sainte Claire ?  Moi je sais juste qu’on l’invoque pour avoir du beau temps.  On dit qu’il faut déposer des œufs à Sainte Claire pour faire fuir la pluie. 

La saison étant aux barbecues, aux festivités de plein air, aux mariages (oui les communions sont passées maintenant), on invoque à nouveau ces diables de saints à la manière du moyen-âge, quand seuls les ecclésiastiques étaient lettrés et partageaient leur savoir avec quelques nantis. 

Mon fils est dans cette institution depuis 14 ans, je n’avais encore jamais vu cette dévotion manifestée aussi ostensiblement, alors je suis interloquée…

Bon, mis à part mes coups de gueule, je me prépare pour le grand rush de juillet, et je suis déjà full dans l’intendance pour les 40 personnes prévues…

Enfer, damnation !  C’est quels saints qu’il faut prier pour se soustraire à ce calvaire ?

Et oui, j’emploie plein de mots religieux.  Paradoxal ?  Pas tant que ça.  On ne se défait pas si facilement des conditionnements de l’enfance, même si on a pris le temps d’analyser ces discours basés sur l’unique croyance en l’invisible et défiant les lois de la nature.

20:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)