20/07/2014

Zosio (108)

Alors que je lis des histoires de vacances un peu partout, je suis au plus fort de mon année professionnelle.

Contrairement aux 10 années précédentes, j’ai le cœur léger, je me fiche de tout ! 

Je commence même à rassembler l’ensemble des objets et accessoires de travail que j’ai fourni au fil des années : chaises, fauteuils, tentures, luminaires, clavier et souris sans fil, nappe, Senseo, braséros, barbecue en inox, et encore d’autres.  Vider des maisons après des décès remplit les voitures, et 6 ans de relations intimes avec un propriétaire de grandes surfaces de bricolage agrémentent notre vie de bureau.

Je ne me suis d’ailleurs pas gênée pour le clamer haut et fort :

-        C’est avec mon cul que vous avez eu tout ça !  Je devrais vous poursuivre pour proxénétisme !

J’adore leur claquer le baigneur comme ça ! 

 

Le pire c’est qu’un des semi-chefs voudrait presque que je lui prouve que l’asbl n’a pas acheté ces objets.  Justement celui qui s’offre des repas pantagruéliques comme sa dernière « épée de bœuf » à 21 € parce qu’il escorte un « visiteur » (un scientifique), alors qu’il clame qu’il devient végétarien. 

Les rats quittent le bateau, les perspectives sont très maussades, et je m’en fiche royalement.  J’attends l’heure de ma libération.

Et d’ici là, je vais m’absenter beaucoup, pour raison de santé : je commence mes opérations par le poignet gauche le mois prochain.  Je ne passerai au bureau que pour les missions dont aucun autre ne peut s’acquitter…

08:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

07/07/2014

Zosio (107)

Pigeonne ?  Comment s’en sortir ?

Je commence doucement à me poser les questions élémentaires pour trouver la parade à cette exploitation affective :

-        Que m’apportes-tu d’autre que la fierté que je peux éprouver à t’aider, à te sortir de la merde ?  Où est l’échange ?  La contrepartie ?  Donner de moi à plus faible est-ce la seule solution pour me faire croire en ma force ou est-ce un leurre pour me complaire dans ma position et avoir quand même un contact sans prendre le risque du face à face égalitaire ?

 

Le Dam, qui d’amant-partenaire, après son départ il y a un an, est redevenu ami de toujours et amant occasionnel (sex friend), est toujours en attente de mon assistance, et dernièrement, il m’a encore interpellée pour compléter ses feuilles d’impôts.  J’ai accepté à la condition qu’il soit présent et que je lui explique comment procéder.  Il suffit !  Je ne vais pas le débarrasser de ses corvées at vitam aeternam, et partant du principe « Offre un poisson à quelqu’un qui a faim, il aura de quoi bouffer un jour, apprends-lui à pêcher, il bouffera toute sa vie », je veux qu’il apprenne à se prendre en charge une fois pour toute.  D’autant que toutes ses belles promesses d’aide passent à la trappe successivement.

-        Je viendrai t’aider, ce sera gratuit, après tout ce que tu as fait pour moi…

Alors, j’attends !  Et mes appels téléphoniques tombent sur la boîte à message, mes SMS « se perdent » dans la nature, et ses visites se limitent à la fin du mois, lorsque son crédit de bière est dépassé à l’épicerie d’en face et qu’il n’a plus de quoi payer sa boîte de cigarillos.  Cela donne :

-        Zosio, j’ai rendez-vous chez le toubib (pour sa méthadone), j’ai pas d’argent pour le payer, ni pour ma métha, ni pour mes bromas, je te rembourse dès que j’aurai touché !

Et Zosio allonge et attends parfois plusieurs mois pour avoir son remboursement qui arrive par petites coupures chaque mois.

Donc, relation déséquilibrée à l’infini.

La semaine dernière, il me pose son enveloppe avec les papiers à compléter sur mon bureau, pensant que je m’en occuperai pendant mes heures de travail, et ainsi éviter d’assister à ce fameux cours d’autonomie.  Et oui, le « stage » est en route depuis une semaine, il est occupé avec ses « élèves » de laboratoire.

-        Passe à la maison un soir avant 20 h, nous ferons ça ensemble !

Mais la soirée, il la passe avec les stagiaires campeurs, à boire !  Ses papiers traînent sur mon bureau et dès le lendemain, je les redépose sur son bureau !  Je n’y ai pas touché.  Il n’a rien dit, peut-être croit-il qu’ils sont complétés ?  NON !  Qu’il s’adresse à ses « amis » avec lesquels il passe son temps libre, à boire et rire quand il ne se dispute pas.  Par bonheur, il ne se bat pas.  Mais ses amis sont encore plus paumés que lui, et sans doute sa petite supériorité sur eux suffit-elle à son bonheur.  Là, il se débattra pour les assister, comme moi avec lui, il n’en tirera rien qu’une bière peut-être ?

C’est une façon de vivre que je maudis, parce qu’elle est la mienne aussi !  Mais sortie de ma dépendance, en cours de sevrage d’antidépresseurs, et toujours en analyse de mon comportement, je me fais violence et je trie le bon grain de l’ivraie : mes handicapés, je dois les aider, c’est ma vocation, c’est mon rôle, c’est mon engagement.  Ils ont des limites physiques et mentales qui ne se guérissent pas.  Mes handicapés sociaux ?  Mes sangsues même pas décervelées ?  Malgré toute mon affection, j’arrête ça !

Et je pense à « Mon Pigeon ».  Un animal qui revient un an plus tard, me saluer, me montrer son attachement simplement parce qu’un an plus tôt je l’ai nourri alors qu’il avait faim et besoin de repos, si ce n’est pas une preuve de reconnaissance alors je ne sais pas comment l’appeler. 

Et c’est là que la disproportion me saute au visage !  Un animal m’accorde sa reconnaissance, sa gratitude, un humain non, il demande encore plus !

Alors, pigeonne ?  Pigeon ?

Merci « Mon Pigeon » de m’ouvrir les yeux sur le sens du mot pigeonne, je savais que tu étais messager, que tu faisais partie de mon analyse du moment.  Je t’ai apporté, tu m’as apporté, continues ta route, j’ai compris le message !

18:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)