11/08/2014

Zosio (110)

Qu’est-ce que c’est que 3 h 30 ?

Rien du tout dans une journée, et pourtant c’est la durée durant laquelle je n’ai pu fumer parce que j’étais hospitalisée !  Si, rien que ça pour une opération du syndrome du canal carpien. 

Le plus dur, actuellement alors que le bras et la main s’éveillent, c’est de tapoter le clavier d’une seule main.  Ai-je eu mal ? Non, je ne peux pas dire, même la piqûre dans le nerf, à proximité de l’aisselle n’a été que désagréable, j’en conserverai le souvenir d’un bel anesthésiste, jeune et drôle.  A vrai dire, j’ai beaucoup plaisanté, même durant l’opération, entourée de ma géante chirurgienne et de ses assistantes.  J’étais prévenue : ne pas crier sans quoi, de surprise elle criait plus fort que moi et on n’entendait plus la musique d’ambiance.  Donc, je pouvais faire un signe, sous mon drap bleu cachant ma figure.  Un signe du pied ?  Pourquoi pas.  Mais nul besoin de me plaindre, aucun ressenti, un bras mort, chaud, lourd et comme chez le dentiste, je le croyais gonflé. Dix minutes d’opération, ensuite la couture, puis le plâtre.  Et toujours retenir ce bras qui tombe.  J’étais prévenue, une patiente s’était cassée le nez avec son plâtre !

 

Retour en chambre, télévision personnelle à portée de main, la haute technologie dernier cri, le luxe.  Enfin un plateau pour me sustenter, j’ai faim moi !  Et l’infirmière :

-        Il n’y a personne avec vous ?

-        Non, je suis seule, je vis seule.

Son regard en dit long sur son incompréhension, pas d’enfant pour l’accompagner, pas de mari, compagnon, sœur, frère, amie, ami ?  Non, la solitude absolue, ça existe vraiment, j’en suis la preuve.  Elle me prépare mon thé, ma tartine, m’ouvre mon yaourt et ma crème vanille.  Je mange de bon appétit même si je suis gênée par la perfusion pour plier le bras valide.

Une dernière prise de tension et me voilà libérée de mes derniers tuyaux, il me reste à m’habiller, et là, bien qu’ayant prévu des vêtements faciles à enfiler, le soutien-gorge est récalcitrant.  Par bonheur, l’infirmière est de passage.  Elle s’inquiète de mon retour à domicile.  Ce sera un taxi.  Une connaissance ou un taxi-taxi ?  Un taxi-taxi.  Oui, je sais, la solitude est un état qui coûte cher quand on a des problèmes de santé.  Je m’interroge même : le taxi ne va-t-il pas me coûter plus cher que l’opération partiellement remboursée ?

Elle m’interroge encore :

-        Et à la maison ?  Vous êtes seule cette nuit ? 

-        Non, j’ai mon locataire, il a eu un AVC, il lui reste le bras gauche, et moi le droit, à nous deux on fait la paire.

-        Parce que vous ne saurez pas cuisiner ce soir…

Comme si j’espérais que le Papé me préparerait un repas…  Je mange mes tomates-cerises du jardin en avalant mes médicaments.  Il est déjà suffisamment déconfit de ne pas être servi comme les autres soirs.

Les doigts bougent, le coude plie tout seul.  Ça picote, mais j’attends d’avoir vraiment mal pour avaler les antidouleurs.

Je ne suis pas une femmelette !  Et je n’ai besoin de personne pour vivre…

19:27 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

Commentaires

Bon eh bien une bonne chose de faite. Je suis contente que cela se soit bien passé.
Eh oui quant on est seul(e) ce n'est pas toujours évident mais est-ce que cela va te consoler de savoir qu'il y en a de plus en plus, des gens seuls ?
Tu vas sûrement voir comme moi, au fil des jours, c'est là qu'on se rend compte à quel point nos deux mains sont in-dis-pen-sa-bles! on n'y pense jamais, d'habitude ... comme on ne pense jamais à tout ce qu'on a, tant qu'on l'a!
Mais je suis surprise par le mot "plâtre". On ne t'a pas mis un simple pansement?
Bisous et bonne convalescence. Tu en as pour combien de temps ?

Écrit par : _Petit Sucre_ | 12/08/2014

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Le plâtre s'explique par mon hyperactivité, c'est pour me contraindre au repos. L'état de mes mains avant l'opération a sans doute révélé mon trait de caractère...
En congé jusqu'au 28 septembre ! Plâtre jusqu'au 20 août, suivi d’attelles, toujours pour les mêmes raisons. Je sais conduire ma voiture et je n'ai pas mal, même sans antidouleurs. Cool quoi ! Je m'en sors pas trop d'un main, l'autre me sert de cale, et j'ai mon coude libre.
Merci Petit Sucre pour ton soutien et tes conseils. Bizzzz

Écrit par : Zosio | 12/08/2014

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Je me souvenais que la "convalescence" est assez longue! mais je suis surprise de cette "liberté" (comme celle de pouvoir reconduire tout de suite) qui n'était pas de mise quand moi mm j'ai subi cette intervention il y a seulement 8 ans; les choses évoluent dans le bon sens, et tant mieux!
Un peu de repos forcé pour la demoiselle toujours stressé, ils ont repéré l'Oiseau! :-)
Bisous à toi!

Écrit par : _Petit Sucre_ | 13/08/2014

Zosio super woman :-) Nickel :-)

Écrit par : Un homme | 12/08/2014

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Yes, et je commence même à taper de neuf doigts !!!!
J'ai juste besoin d'un petit coup de main pour ma douche. T'es partant l'HOMME ?
:-))))

Écrit par : Zosio | 12/08/2014

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Ok. File-moi un SMS, j'viendrai ramasser le savon :-)

Écrit par : Un homme | 13/08/2014

Zosio, pourtant je suis là !!!

Bisou :)

Écrit par : pouleastucieuse | 12/08/2014

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Et ma Petite Poule a quitté le beau Danube bleu ? J'espère que tu as rencontré mes ancêtres de là-bas, tous ces Konrad qui n'ont pas été déportés en 1944, enfin, plutôt leurs descendants...
Mais t'as pas de permis, ni de caisse ma Petite Poule...
Gros bisous, on se voit bientôt ???

Écrit par : Zosio | 13/08/2014

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