15/08/2014

Zosio (111)

Convalescence active et reprise des réunions AA…

Depuis le 18 juin je n’y étais plus allée.  Le stage, la fatigue, la bronchite, le manque d’envie après les quelques dernières réunions « subies » et les SMS harcelants d’un membre du groupe, j’avais besoin de m’éloigner du milieu.

Oh, j’avais prévenu que je serais absente, mais je connais la peur qu’engendre l’éloignement de la part des membres, je suis donc venue surtout les rassurer, et leur annoncer que j’étais pleine de projets intéressants pour mon après contrat actuel qui prendra fin, irrémédiablement, dans un avenir relativement proche.  Actuellement, nous sommes assurés d’avoir suffisamment d’argent pour être payés jusqu’en novembre 2015.  Au-delà, c’est l’incertitude.  Nous progressons d’échéance en échéance, ce qui pour moi n’est pas inconfortable, je retire mes billes progressivement.

Le groupe AA s’est un peu étoffé depuis juin, quelques anciens, que j’apprécie, sont revenus.  Leur absence était au nombre des éléments qui avaient provoqué mon éloignement.  Et puis, bonne surprise, ma petite jeune femme amie et sœur d’anniversaire d’abstinence, qui a changé de groupe après notre premier jubilé, était là.  Je l’ai tout de suite rejointe.

Lorsque mon tour de parole arrive, je leur parle de mon état de bonheur, de sérénité, du non manque de réunion, de l’absence de pensée en rapport avec l’alcool, sauf quand je pense aux réunions que j’élude.  Non, je ne leur dirai pas que mes dernières lectures (encore un Douglas Kennedy notamment) m’ont menée aux confins du Sud des USA dans les congrégations religieuses, dans l’esprit étroit des prédicateurs et des croyants inconditionnels, dans la ségrégation radicale.  L’origine du mouvement des AA est issue de ces gens, et dès la première réunion j’ai été « dérangée » par la « prière » que l’on prononce à la fin de l’assemblée, même si la médiatrice précise que le Dieu que l’on invoque peut être n’importe qui du moment que cela nous convienne.  Faire partie du groupe implique que l’on se soumette aux règles imposées par ses créateurs, fervents croyants aux vies régies pas DIEU dans sa toute puissance.  My God !!!!

Non, je n’invoque pas mon malaise agnostique pour justifier mon détachement du groupe.  Je sais qu’il n’y aura pas de débat et que mon opinion n’aura aucun impact, mais je peux l’exposer ici.  Etant adepte de la « thérapie » de groupe, j’aimerais que ces réunions soient encadrées par des professionnels de la psychologie plutôt que par un bénévole qui n’a aucune notion de ce qui est important à évoquer et ce qui ne l’est pas, qui peut estimer le caractère parasite et néfaste de certaines interventions malvenues, qui a le recul nécessaire et l’autorité pour offri à chacun le droit d’intervenir et ne pas laisser le dernier mot à celui qui crie le plus fort, même si c’est pour dire des conneries.  Si je lâche ça en réunion, je me fais luncher !

Me voilà donc heureuse d’être là, rassurant tout le monde sur ma bonne santé mentale, et annonçant que je viendrais moins souvent pour l’instant parce que j’avançais dans un bien-être captivant qui occupait une grande partie de mon temps.

Au lieu de réjouir l’assistance, comme je l’attendais, je me suis prise deux sermons du pire jus : c’est quand on croit tout savoir qu’on replonge, c’est le petit nuage rose qui me porte et m’emporte dans la rechute, c’est justement à ce moment-là qu’on est le plus en danger et qu’il faut plus que jamais aller aux réunions, voire les multiplier.  Je suis dans l’inconscience du danger auquel je m’expose, j’ai perdu la raison !

Me voilà diabolisée et au ban, le diable est à mes côtés et je ne le vois pas, j’ai perdu la tête !

Je suis en colère, j’en ris avec mon amie, nous échangeons des œillades complices, et nous quittons les premières la réunion, d’une part pour fumer une clope bien méritée et puis pour continuer le débat loin de ces agités du ciboulot.  Elle tempère ma colère, elle écoute mon argumentation.  On m’a servi du :

-        Sans les AA personne ne peut rester sobre.  Abandonner AA signifie la fin de ta sobriété.

-        Ai-je dit que je quittais les AA ?  J’ai dit que je prenais quelques distances pour l’instant.

-        Oui, mais tu vas rechuter et tu ne reviendras pas, et si tu reviens, ce sera beaucoup trop tard, tu laisseras passer du temps et tu t’enfonceras de plus en plus.

-        Si j’ai le moindre problème de « soif », j’ai la liste des numéros d’urgence sur moi, et j’ai bien l’intention de m’en servir.

-        Souviens-toi de tous ceux qui nous ont quittés, qui sont réapparus 6 mois plus tard, et qui nous ont de nouveau quittés.  Sans les réunions tu ne peux pas rester sobre !

Discussion de sourds.  Et pourtant j’ai connu des alcooliques qui sont devenus sobres, sans jamais passer chez AA.  J’ai effectué la démarche pour me donner un maximum de chances parce que je savais que l’alcool est plus fort que moi, et les réunions m’ont apporté une aide immense.  Mais maintenant, c’est en sortant de là que j’ai envie de me vider un verre tellement le discours tenu tient du dictat.  C’est là que le modérateur devait intervenir, il ne l’a pas fait.  Un second membre en a remis une couche.

Mon amie a bien saisi mon sentiment, et elle m’a parlé de son groupe d’attache du jeudi, j’irai avec elle prendre contact la semaine prochaine.

Je ne veux plus fréquenter une assemblée où seules les plaintes sont admises.  Il faut geindre, évoquer sa difficulté à vaincre le diable pour que les participants puissent apporter leur soutien et leurs encouragements en disant qu’ils ont aussi eu du mal, de la souffrance, qu’ils souffrent encore malgré les années passées, mais qu’ils sont arrivés à stabiliser leur dépendance.

Je sais que la vigilance sera de mise pour le restant de mes jours, mais cela ne m’empêche pas de vivre et d’éprouver du plaisir à entreprendre de nouvelles expériences.

Les cons sont partout, je vais faire comme ma jeune amie : faire abstraction de leurs mots, jouer avec mon GSM pendant qu’ils parlent pour ne pas les entendre.

J’ai prolongé longuement ma discussion avec elle, nous avons beaucoup ri, nous sommes sur une même longueur d’ondes, et surtout, nous sommes très contentes de nous être retrouvées. 

11:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

Le malheur suscite la solidarité, la compréhension, l'union. Le bonheur, lui, ne suscite que la jalousie...

Écrit par : Un homme | 16/08/2014

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J'ai bien peur que tu aies raison l'HOMME. Le bonheur doit-il se vivre caché ??? Ne puis-je en parler qu'ici où j'évoque tour à tour mes peines ou mes joies ???
Passe un bon WE !

Écrit par : Zosio | 16/08/2014

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Coucou toi,
Je te lis mais la tête trop pressurée pour commenter.
Alors je dépose devant "ta porte" une corbeille pleine de zoubis et pensées, et te dis à bientôt ici ou là, quand ce sera plus calme.
Prends bien soin de toi, toi aussi... ^^
xoxoxoxox♥ @+
Elsa

Écrit par : Elsa | 16/08/2014

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Ben oui, je suis tes déménagements, en différé...
Je ne suis pas trop difficile à suivre, j'écris peu.
Gros bisous et pensées et encouragements !!!

Écrit par : Zosio | 16/08/2014

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Intéressent ton exposé . Je me suis toujours demandée justement comment il était possible de rester sobre en faisant simplement parti d'un groupe qui se rencontre et qui parle de sa problématique, et ceci sans aide de professionnels.
Pour moi, c'est envie irrésistible de boire doit être analysée pour mieux la comprendre. On doit apprendre à la reconnaître, à la détecter.
Je la connais bien cette envie et comme tu dis il s'agit d'en être conscient tous les jours.
C'est en ayant confiance en soi qu'on peut la gérer, la manipuler, la saisir, et non en étant avec des gens qui n'ont pas confiance en toi, qui lourdement t'enfoncent dans un truc plaintif et qui ne font que ressasser les mêmes trucs, toujours et encore....
Ce n'est en tous les cas pas le groupe qui fait qu'on ne consomme pas, c'est toi toute seule......mais ceci n'est que mon avis :-)

Écrit par : Rubynessa | 17/08/2014

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Et je partage entièrement ton avis Rubynessa ! Merci d'être passée pour le donner.

Écrit par : Zosio | 17/08/2014

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Attérissant ici par le blog de Jeanne (Anecdotes..) je crois, j'y laisse mon grain de sel... abstinente depuis bientôt 3 ans, je comprend ton ras le bol des groupes de paroles... Moi je participe à un groupe Vie libre, beaucoup plus positif que les AA (il me semble) qui m'a beaucvoup aidé, mais parfois je n'ai pas envie d'aller aux réunions juste pour dire que ça va... peut être envie de tourner la page... et en mêm temps je sais qu'en y allant j'assure une vigilance et qu'au cas où j'ai envie d'aborder un sujet lié à l'alcool je serai écoutée et comprise! C'est vrai qu'on peut se dire que c'est que par nous même qu'on arrive à s'en sortir mais je crois que ces groupes sont importants...peut être devrais tu essayer autre chose que les AA... A+

Écrit par : manoudanslaforet | 02/09/2014

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