30/08/2014

Zosio (112)

J’imaginais que j’allais écrire, travailler mon ancien blog pour le transcrire en roman…  J’ai travaillé 7 pages sur 600…

Durant ma dernière semaine au bureau j’ai trouvé intéressant de m’inscrire sur « Meet un gars ou une fille », j’ai publié une photo avantageuse bien sûr, un message assez précis, presque sec, et depuis, je trie, je discute un peu, je plaisante avec un neuropsychiatre, je rencontre un peu, mais décidément, je ne crois guère croiser le mec qui fera exploser mon cœur…

Et puis, jeudi en fin de journée, tombe le message d’un gars que je n’avais pas encore croisé sur la toile : 43 ans, s’annonçant « premium », donc possibilité de lui répondre même si je ne suis pas abonnée (mais je le suis pour 3 mois).  Les messages s’enchaînent à un rythme de salsa (il est musicien professionnel, compositeur et danseur de salsa évidemment).  Bien vite, je lui donne mon numéro de téléphone en lui précisant bien que je le perds tout le temps et que je réponds rarement.

Il m’appelle, le courant passe bien, nous prévoyons de nous rencontrer mardi.  Nous plaisantons sur mon statut de cougar.  Décidément, ça me poursuit ça.  J’ai pratiquement toujours eu des relations avec des hommes plus jeunes que moi, jusqu’à 18 ans de différence.  Le plus âgé a 11 ans de plus que moi, ce fut mon mari.  Depuis lors, et plus je prends de l’âge, plus mes hommes rajeunissent.  Encore une fois, la demande est venue de l’homme.

Et d’ici mardi ?  SMS, mails, appels téléphoniques, nous ne nous quittons plus.

Cette situation m’emballe et m’angoisse, cet homme réveille ma libido endormie, en hibernation depuis une grosse année.  Je me sens aimée, recherchée, taquinée, attendue.

Espoir ?  Illusion ?

J’en saurai plus mardi, je partagerai, promis !

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15/08/2014

Zosio (111)

Convalescence active et reprise des réunions AA…

Depuis le 18 juin je n’y étais plus allée.  Le stage, la fatigue, la bronchite, le manque d’envie après les quelques dernières réunions « subies » et les SMS harcelants d’un membre du groupe, j’avais besoin de m’éloigner du milieu.

Oh, j’avais prévenu que je serais absente, mais je connais la peur qu’engendre l’éloignement de la part des membres, je suis donc venue surtout les rassurer, et leur annoncer que j’étais pleine de projets intéressants pour mon après contrat actuel qui prendra fin, irrémédiablement, dans un avenir relativement proche.  Actuellement, nous sommes assurés d’avoir suffisamment d’argent pour être payés jusqu’en novembre 2015.  Au-delà, c’est l’incertitude.  Nous progressons d’échéance en échéance, ce qui pour moi n’est pas inconfortable, je retire mes billes progressivement.

Le groupe AA s’est un peu étoffé depuis juin, quelques anciens, que j’apprécie, sont revenus.  Leur absence était au nombre des éléments qui avaient provoqué mon éloignement.  Et puis, bonne surprise, ma petite jeune femme amie et sœur d’anniversaire d’abstinence, qui a changé de groupe après notre premier jubilé, était là.  Je l’ai tout de suite rejointe.

Lorsque mon tour de parole arrive, je leur parle de mon état de bonheur, de sérénité, du non manque de réunion, de l’absence de pensée en rapport avec l’alcool, sauf quand je pense aux réunions que j’élude.  Non, je ne leur dirai pas que mes dernières lectures (encore un Douglas Kennedy notamment) m’ont menée aux confins du Sud des USA dans les congrégations religieuses, dans l’esprit étroit des prédicateurs et des croyants inconditionnels, dans la ségrégation radicale.  L’origine du mouvement des AA est issue de ces gens, et dès la première réunion j’ai été « dérangée » par la « prière » que l’on prononce à la fin de l’assemblée, même si la médiatrice précise que le Dieu que l’on invoque peut être n’importe qui du moment que cela nous convienne.  Faire partie du groupe implique que l’on se soumette aux règles imposées par ses créateurs, fervents croyants aux vies régies pas DIEU dans sa toute puissance.  My God !!!!

Non, je n’invoque pas mon malaise agnostique pour justifier mon détachement du groupe.  Je sais qu’il n’y aura pas de débat et que mon opinion n’aura aucun impact, mais je peux l’exposer ici.  Etant adepte de la « thérapie » de groupe, j’aimerais que ces réunions soient encadrées par des professionnels de la psychologie plutôt que par un bénévole qui n’a aucune notion de ce qui est important à évoquer et ce qui ne l’est pas, qui peut estimer le caractère parasite et néfaste de certaines interventions malvenues, qui a le recul nécessaire et l’autorité pour offri à chacun le droit d’intervenir et ne pas laisser le dernier mot à celui qui crie le plus fort, même si c’est pour dire des conneries.  Si je lâche ça en réunion, je me fais luncher !

Me voilà donc heureuse d’être là, rassurant tout le monde sur ma bonne santé mentale, et annonçant que je viendrais moins souvent pour l’instant parce que j’avançais dans un bien-être captivant qui occupait une grande partie de mon temps.

Au lieu de réjouir l’assistance, comme je l’attendais, je me suis prise deux sermons du pire jus : c’est quand on croit tout savoir qu’on replonge, c’est le petit nuage rose qui me porte et m’emporte dans la rechute, c’est justement à ce moment-là qu’on est le plus en danger et qu’il faut plus que jamais aller aux réunions, voire les multiplier.  Je suis dans l’inconscience du danger auquel je m’expose, j’ai perdu la raison !

Me voilà diabolisée et au ban, le diable est à mes côtés et je ne le vois pas, j’ai perdu la tête !

Je suis en colère, j’en ris avec mon amie, nous échangeons des œillades complices, et nous quittons les premières la réunion, d’une part pour fumer une clope bien méritée et puis pour continuer le débat loin de ces agités du ciboulot.  Elle tempère ma colère, elle écoute mon argumentation.  On m’a servi du :

-        Sans les AA personne ne peut rester sobre.  Abandonner AA signifie la fin de ta sobriété.

-        Ai-je dit que je quittais les AA ?  J’ai dit que je prenais quelques distances pour l’instant.

-        Oui, mais tu vas rechuter et tu ne reviendras pas, et si tu reviens, ce sera beaucoup trop tard, tu laisseras passer du temps et tu t’enfonceras de plus en plus.

-        Si j’ai le moindre problème de « soif », j’ai la liste des numéros d’urgence sur moi, et j’ai bien l’intention de m’en servir.

-        Souviens-toi de tous ceux qui nous ont quittés, qui sont réapparus 6 mois plus tard, et qui nous ont de nouveau quittés.  Sans les réunions tu ne peux pas rester sobre !

Discussion de sourds.  Et pourtant j’ai connu des alcooliques qui sont devenus sobres, sans jamais passer chez AA.  J’ai effectué la démarche pour me donner un maximum de chances parce que je savais que l’alcool est plus fort que moi, et les réunions m’ont apporté une aide immense.  Mais maintenant, c’est en sortant de là que j’ai envie de me vider un verre tellement le discours tenu tient du dictat.  C’est là que le modérateur devait intervenir, il ne l’a pas fait.  Un second membre en a remis une couche.

Mon amie a bien saisi mon sentiment, et elle m’a parlé de son groupe d’attache du jeudi, j’irai avec elle prendre contact la semaine prochaine.

Je ne veux plus fréquenter une assemblée où seules les plaintes sont admises.  Il faut geindre, évoquer sa difficulté à vaincre le diable pour que les participants puissent apporter leur soutien et leurs encouragements en disant qu’ils ont aussi eu du mal, de la souffrance, qu’ils souffrent encore malgré les années passées, mais qu’ils sont arrivés à stabiliser leur dépendance.

Je sais que la vigilance sera de mise pour le restant de mes jours, mais cela ne m’empêche pas de vivre et d’éprouver du plaisir à entreprendre de nouvelles expériences.

Les cons sont partout, je vais faire comme ma jeune amie : faire abstraction de leurs mots, jouer avec mon GSM pendant qu’ils parlent pour ne pas les entendre.

J’ai prolongé longuement ma discussion avec elle, nous avons beaucoup ri, nous sommes sur une même longueur d’ondes, et surtout, nous sommes très contentes de nous être retrouvées. 

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11/08/2014

Zosio (110)

Qu’est-ce que c’est que 3 h 30 ?

Rien du tout dans une journée, et pourtant c’est la durée durant laquelle je n’ai pu fumer parce que j’étais hospitalisée !  Si, rien que ça pour une opération du syndrome du canal carpien. 

Le plus dur, actuellement alors que le bras et la main s’éveillent, c’est de tapoter le clavier d’une seule main.  Ai-je eu mal ? Non, je ne peux pas dire, même la piqûre dans le nerf, à proximité de l’aisselle n’a été que désagréable, j’en conserverai le souvenir d’un bel anesthésiste, jeune et drôle.  A vrai dire, j’ai beaucoup plaisanté, même durant l’opération, entourée de ma géante chirurgienne et de ses assistantes.  J’étais prévenue : ne pas crier sans quoi, de surprise elle criait plus fort que moi et on n’entendait plus la musique d’ambiance.  Donc, je pouvais faire un signe, sous mon drap bleu cachant ma figure.  Un signe du pied ?  Pourquoi pas.  Mais nul besoin de me plaindre, aucun ressenti, un bras mort, chaud, lourd et comme chez le dentiste, je le croyais gonflé. Dix minutes d’opération, ensuite la couture, puis le plâtre.  Et toujours retenir ce bras qui tombe.  J’étais prévenue, une patiente s’était cassée le nez avec son plâtre !

 

Retour en chambre, télévision personnelle à portée de main, la haute technologie dernier cri, le luxe.  Enfin un plateau pour me sustenter, j’ai faim moi !  Et l’infirmière :

-        Il n’y a personne avec vous ?

-        Non, je suis seule, je vis seule.

Son regard en dit long sur son incompréhension, pas d’enfant pour l’accompagner, pas de mari, compagnon, sœur, frère, amie, ami ?  Non, la solitude absolue, ça existe vraiment, j’en suis la preuve.  Elle me prépare mon thé, ma tartine, m’ouvre mon yaourt et ma crème vanille.  Je mange de bon appétit même si je suis gênée par la perfusion pour plier le bras valide.

Une dernière prise de tension et me voilà libérée de mes derniers tuyaux, il me reste à m’habiller, et là, bien qu’ayant prévu des vêtements faciles à enfiler, le soutien-gorge est récalcitrant.  Par bonheur, l’infirmière est de passage.  Elle s’inquiète de mon retour à domicile.  Ce sera un taxi.  Une connaissance ou un taxi-taxi ?  Un taxi-taxi.  Oui, je sais, la solitude est un état qui coûte cher quand on a des problèmes de santé.  Je m’interroge même : le taxi ne va-t-il pas me coûter plus cher que l’opération partiellement remboursée ?

Elle m’interroge encore :

-        Et à la maison ?  Vous êtes seule cette nuit ? 

-        Non, j’ai mon locataire, il a eu un AVC, il lui reste le bras gauche, et moi le droit, à nous deux on fait la paire.

-        Parce que vous ne saurez pas cuisiner ce soir…

Comme si j’espérais que le Papé me préparerait un repas…  Je mange mes tomates-cerises du jardin en avalant mes médicaments.  Il est déjà suffisamment déconfit de ne pas être servi comme les autres soirs.

Les doigts bougent, le coude plie tout seul.  Ça picote, mais j’attends d’avoir vraiment mal pour avaler les antidouleurs.

Je ne suis pas une femmelette !  Et je n’ai besoin de personne pour vivre…

19:27 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)