17/09/2017

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Et donc cette semaine j’ai été rendre visite aux blogs délaissés durant quelques années, et surprise je les ai retrouvés à peu de choses près tels que je les avais laissés.  C’est aux photos des petits-enfants, qui occupent une part des « nouvelles », que j’ai constaté le temps écoulé. 

 

J’ai ainsi remarqué l’une de mes différences essentielles par rapport aux femmes de ma génération : je n’ai pas et n’aurai jamais de descendance au-delà de mon fils unique et autiste.

 

Et je me souviens d’une voisine, maman, qui apprenait l’homosexualité de sa fille adulte, et qui pleurait les petits-enfants qu’elle n’aurait pas !  Comme si, de nos jours, la conception d’enfant exigeait la mise en présence physique d’un homme et d’une femme…  Mais non, mais non…  Bientôt même les hommes pourront porter un enfant en eux !  T’inquiète pas, si elle veut des enfants, elle en aura !

 

Alors, qu’ai-je à raconter, à partager ? 

A décharger en quelque sorte ?

 

Ah oui, mes crachats de lune !  C’est un truc peu connu, et ça se répand dans les jardins tellement infertiles que la bactérie se développe sur la terre nue.   

 

Longue phase d’observation, mutisme et discrétion.  Conversations avec mon Prosper (perroquet), Titine (ma vieille chatte psychotique), Gribouille (le chat du voisin qui vit pratiquement chez moi), et mon fils, un Week end sur deux, qui n’a jamais parlé.  Ça le fait ça non ?  Et bien sûr ma vie professionnelle, un automatisme bien huilé.

 

A l’écoute des « infos », rien qu’à la radio, je poursuis l’ignorance de la télévision.  Bien que ça me prive d’un petit nombre d’émissions « intéressantes », voire « instructives », j’y gagne un temps considérable à ne pas m’attarder sur la publicité débile, obsédante, intrusive.  J’en ai profité pour lire, énormément…

 

Je conserve du « passé » la musique en continu, sur une base rock, blues, soul, jazz, tous les dérivés et une attirance particulière pour le grunge avec l’absolue dévotion à Eddy Vedder qui occupe une place majeure sur ma clé usb « play list de crémation » préparée spécialement pour les oreilles du fils, quand l’heure sera venue…

 

Je suis passée de l’autre côté, je prévois maintenant le demain sans moi plutôt que ma vie de demain.

 

A force de pratiquer des biopsies tous les six mois, de me faire retirer des morceaux « qui ne sont pas encore, mais qui pourraient le devenir », d’avoir en moyenne un dépistage ou des soins qui ne guériront plus mais tentent de limiter les dégâts, chaque mois, d’un côté ou de l’autre, je me dis qu’un jour ou l’autre « il » va bien finir par se déclarer là où ne l’a pas encore cherché.  Sans compter sur le reste : l’accident vasculaire qui ne s’annonce pas et se contente de frapper.  Bien sûr depuis vingt ans je souffre d’hypertension, bien sûr j’ai fumé durant quarante ans, et même si j’ai arrêté en janvier, les dégâts sont présents et ne s’effacent pas, puis j’ai quand même consommé de l’alcool durant des années, au point de devenir alcoolique, et même si mon abstinence est totale depuis plus de quatre ans, j’ai agressé mon corps qui s’en souviendra en son temps.

 

Je me suis prise le vieillissement en pleine poire !  C’est arrivé aussi vite que l’adolescence et ses transformations express.  Cinq ans et tant de changements !  Je m’étais promis de ne pas me laisser avoir par l’âge, et il m’a pris de vitesse, je n’ai rien pu faire, et je souris doucement lorsqu’on me dit que « pour l’arthrose, il faut essayer ça, c’est super bien, pas toxique, à base de plante… », pour les « ceci » il faut faire « cela », mais les « ceci » sont maintenant tellement nombreux que je devrais me lever à quatre heures du matin pour avoir le temps de tout faire comme on me le conseille avec bienveillance…

 

Oui, un seul mot résume tout cela : vieillissement

11:14 Publié dans Blog | Tags : vieillissement | Lien permanent | Commentaires (12)

Commentaires

Ah oui, quand même...
Je savais que tu ne faisais pas les choses à moitié, chère Zosio...
Je suis de tout coeur avec toi.
¸¸.•*¨*• ☆

Écrit par : celestine | 17/09/2017

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Merci Célestine !
Je vis ça avec ironie, il vaut mieux prendre du recul face à l'inéluctable, apprendre à accepter et vivre avec, anticiper pour ne pas laisser au fils un bordel auquel il ne pourra rien faire.
Je suis juste redescendue sur terre après tous mes sevrages, y compris des antidépresseurs. Au sucre maintenant, il reste le sucre...
A bientôt !

Écrit par : Zosio | 18/09/2017

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Bah dit donc pas très folichon tout ça!!!! La vieillesse attaque tout le monde tu sais...faut faire avec et rester jeune dans sa tête! bises

Écrit par : manoudanslaforet | 18/09/2017

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Oui Manou, j'assimile l'inéluctable, et je suis étrangement troublée par l'écart qui se marque entre ce que la tête conserve en terme d'idéal que l'on cultive depuis que l'on est apte à la réflexion, et le corps qui se déglingue. C'est comme si deux entités vivaient en moi à des rythmes dysharmoniques: le physique et la pensée (je ne veux pas parler de spiritualité pour éviter les amalgames).

Faut passer le cap et continuer la route, elle va plus vite maintenant, elle descend :-)))

Bises aussi

Écrit par : Zosio | 18/09/2017

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Aaaah Zosio... Ma soeur, qui te suivait aussi à l'époque, m'a prévenu de ton retour... Fou ça, hein? Alors qu'est-ce que je lis? Tu prendrais un coup de vieux, genre coup de râteau dans les dents? Ben, join the club, comme on dit en espagnol. Bienvenue à la Confrérie de la Grande Déglingue. Mais au moins tu pourras dire que tu as Vécu, avec un grand V. Plus même: tu continueras à vivre avec un grand V: t'as pas le choix, c'est gravé dans ton ADN. Et ça y en a pas des masses qui peuvent en dire autant. Allez, continue à écrire, Zosio, tu m'intéresses.
PS : j'ai totalement quitté la blogosphère pour cause de parce que.
Bises

Écrit par : Un homme | 21/09/2017

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Ah, UN HOMME !!!
Je te cherchais, de lien en lien, je ne te trouvais plus, même google ne te trouvait pas ! Pas normal ça... T'as tout quitté (je parle de la blogo), dommage, tu soulevais des réflexions intéressantes, puis j'aimais bien te contredire, te montrer les choses sous d'autres angles, je me rappelle même avoir parfois tenté de te remonter le moral, mais quand tu broyais du noir, c'était le noir profond, et t'as fini par retrouver une âme soeur ! Paf, comme ça ! Simplement une voisine de palier !
Oui, me voilà dans la confrérie de la grande déglingue. On se croisera peut-être dans une salle d'attente d'hôpital :-)))) et on se racontera la vie qu'on a vécue, les épisodes censurés dans les blogs !
Ben oui, on livre des instants choisis, il nous en reste, toujours enfouis dans les coins sombres, non exploités, domaine privé...
Bonjour à ta soeur, et j'espère qu'on continuera le dialogue interrompu le temps que j'accepte de prendre des claques.
C'est pas que les claques s'arrêtent, c'est que j'ai commencé à les accepter...
Tu vois, tout un programme !

Écrit par : Zosio | 21/09/2017

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J'aime bien ton message, je me retrouve un peu. j'aime bien la conclusion, surtout: le vieillissement en pleine poire, LOL!
Oui, c'est tout à fait ça, mais en sus, une conscience plus aigüe des dégâts qu'on peut s'éviter.
Tu t'es sevrée de beaucoup de choses d'un coup, sacré courage!!!!
Essaie à présent d'être très très douce avec toi même.. Pour le reste on fait comme on peut...

Écrit par : Ambreneige | 22/09/2017

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Et oui Ambreneige c'est une gifle brutale que l'on n'arrive pas à éviter le vieillissement. Alors je me dis que c'est une étape "normale" de la vie, d'une femme ou d'un homme, donc, je dois la vivre, point final.
Dans mes sevrages, il y a eu aussi les antidépresseurs, mais tout cela s'est fait en douceur, étalé sur plusieurs années, pas plus d'un par an, en douceur, passer les premiers mois avec la colère qui se manifeste plus facilement, accepter cette colère, se dire que cet état est passager, qu'il est le résultat d'un sevrage, puis ça passe...
Entrer dans la vieillesse c'est apprendre l'acceptation, veiller à ne pas devenir un vieux machin grincheux et geignard malgré les maux qui ont envahi notre corps, tenter de garder la joie de vivre ce qui reste à vivre (c'est là l'objectif qui me fait défaut).
Mais aussi prendre conscience que chaque jour, plus qu'avant, peut être le dernier...

Écrit par : Zosio | 22/09/2017

je suis contente de te retrouver! vraiment, c'est tout bizarre si on veut trouver ça bizarre, mais c'est fou comme on s'attache aux gens qu'on n'a jamais vus "en vrai" mais dont on a suivi un bout de vie...
moi en tout cas je m'attache ;-)
je t'embrasse!

Écrit par : Adrienne | 22/09/2017

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Oui, c'est bizarre, ça prouve que nous sommes encore humains, dans le bon sens du terme et que notre capacité d'attachement est restée intacte.
C'est très agréable de vous retrouver, tous les "anciens", de constater qu'on a une existence dans leur vie. Et le fait de ne pas se "voir", de ne pas mettre de visages sur des pseudos, permet peut-être des liens plus vrais, parce que simplement gratuits !
C'est l'écho des mots qui nous unis, et les mots sont un peu le reflet de nos "âmes"... sans doute...

Je suis en cours d'organisation pour trouver l'espace temps "blog" à situer dans mon espace personnel. Le vieillissement me ralentit dans mes tâches quotidiennes, l'ordi a quitté mon living, il y prenait trop de place, il est redevenu un simple outil de travail. Il y a l'envie de m'exprimer qui est là, et le reste suivra...

Très bon dimanche Adrienne, je t'embrasse également !

Écrit par : Zosio | 24/09/2017

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"notre capacité d'attachement est restée intacte." j'aime beaucoup ces mots!

Écrit par : Ambreneige | 29/09/2017

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Oui, notre capacité d'attachement est restée intacte, il n'y a que notre volonté qui nous amène au détachement, le détachement en tant que protection des désillusions, du rejet, du temps perdu dans de mauvais investissements affectifs...
Ce qui conduit à vivre en évitant les coups... et en perdant les occasions de prendre du plaisir !

Chaque médaille a son revers.

Et donc, c'est un plaisir de voir que revenant après quelques années, ça provoque du plaisir pour vous et donc un étonnement heureux pour moi.

L'espace "blog" est-il donc un investissement affectif non superficiel ?

Il semble qu'il reste un espace de "résistance" où des gens s'apprécient...

C'est réconfortant !!!

Écrit par : Zosio | 29/09/2017

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