22/09/2014

Zosio (115)

Encore ?

Oui, encore d’autres profils de tarés, il faut croire que nous nous attirons mutuellement.

D’abord, un banquier.  Il m’envoie sa photo par mail (homme public n’est-ce pas).  Et un dialogue s’installe qui semble annonciateur d’une bonne entente.  Le gars me dit partir en voyage d’affaire en Suède pour quelques jours, il rentre dimanche soir, me propose une rencontre, mais j’ai mon fils.  Ce sera donc durant une soirée en semaine.  Et là, revirement de situation, crise de jalousie : qu’ai-je fait de mon WE ?  En ai-je vu d’autres ?  Avec qui ai-je dialogué ?  D’ailleurs je ne l’intéresse plus, je ne lui écrit que tous les dix jours !  Quand on se connait depuis 5 jours, c’est compliqué.  EXIT !  Poubelle !  Via FB, j’avais constaté qu’il était plus jeune de 5 ans que sur son annonce…  Mais en ce qui concerne son métier, il était confirmé.  Evidemment, il était veuf !

J’ai recontacté le neuro-psychiatre déjà croisé en août, sollicitant ses connaissances de la thérapie pour qu’il me renseigne un groupe sérieux qui travaille sur l’assuétude et ainsi sortir du cercle des AA qui me sortent des yeux.  De fil en aiguille, il me dit qu’il cherche une maîtresse : une heure de sexe et une heure de discussion en mangeant un gâteau.  Il n’a rencontré personne d’autre que moi qui remplirais les deux conditions.  La vie de couple n’est plus pour lui, mais il aime se montrer en galante compagnie dans sa petite ville de province.  Le personnage m’avait semblé sympathique, je décide donc de me prêter au jeu, nous nous rencontrons.  L’heure gâteau fut bien meilleure que la précédente.  Oui, le gars est intéressant, mais comme pote !

Deux français se sont faits passer pour des belges, se présentant comme parfaitement honnêtes dans leur annonce, désireux de rencontre sérieuse, de construction à deux.  Très vite, ils se sont trahis, l’un, de Namur m’écrit qu’il a une grande maison dans la Sarthe, l’autre bondit quand il a accès à ma page FB et constate que j’ai de nombreux amis de couleur.  J’ai refusé la conversation filmée qu’il voulait m’imposer, et je ne compte même pas les fôtes qui émaillent ses mails, c’est valables pour tous les deux d’ailleurs.  Direction poubelle ! 

Et mon juge ?  Jules dans tout ça, s’est fait discret, un second rendez-vous s’est annulé de lui-même, il était en réunion. 

Puis, un petit mot, un autre petit mot, Maîtresse joue le jeu, elle l’a bien fait avec le psy.  Vient toute une journée de dimanche en profond dialogue érotique.  Il me vouvoie, je le tutoie, chaque mot est pesé, précis, sans jamais tomber dans la vulgarité.  Je passe au clavier entre deux couches de plafonnage, il me supplie de l’insulter, de lui dire que faire de sa copine que je dois également humilier.  Et en soirée, alors que sa fille est repartie chez sa mère, il souhaite me rencontrer.  Je ne l’ai encore jamais vu, même en photo.  Je suis partante, et sur la route, vers le lieu de rendez-vous, un parking de magasin fermé à proximité d’un fast food, je me prends à penser que je suis totalement fêlée, je vais peut-être dans un coupe-gorge, il m’a peut-être menti autant que les autres, ils seront une bande de sadiques, je vais me faire tuer, je suis vraiment devenue cinglée à force d’être plongée dans ce milieu de tarés.

Je resterai dans ma voiture verrouillée, garée dans le sens du démarrage pour fuir si le besoin s’en fait sentir…

Le parking est bien garni, des clients vont et viennent, je suis en avance, l’éclairage est puissant.  Jules arrive, il repère tout de suite ma voiture, se gare à ma droite.  Il s’approche de moi, il a un visage tout poupon, il est seul, je déverrouille, je l’invite à s’asseoir.

  • Ma Maîtresse est belle, ma Maîtresse est belle, chuchote-t-il…

Je m’interroge sur le film qu’il se fait, sur le film dans lequel je suis l’actrice principale.

Il me propose d’aller sur un autre parking plus sombre.  Je refuse, ça c’était pour quand je vivais chez mes parents.  Il me propose de m’emmener chez lui, à condition de me bander les yeux.  Je refuse encore !  Mais c’est qu’il veut se protéger, nous ne nous connaissons pas, sa profession est en jeu, il ne peut se permettre la moindre tache sur sa réputation d’intégrité. 

Je lui propose de venir chez moi.  Il me suit sur la route, et nous passons une heure ensemble.  Il repart très vite, il se pourrait que sa copine l’appelle avant de se mettre au lit, sur sa ligne fixe, il doit être chez lui.  Il tremble devant elle, et se défoule avec moi…

Etrange petit bonhomme à la bouille attendrissante.  Il n’a pas quarante ans, il me semble encore gamin.  On constate directement au toucher de ses vêtements qu’il ne s’habille pas chez C&A.  Non, c’est un homme très classe.

 

Bon, il me semble que je devrais prendre un rendez-vous avec ma psy pour me remettre de ces rencontres dans un monde  à la limite du glauque.

Peut-être ai-je besoin de tout ça pour me convaincre que ce pan de mon existence est définitivement terminé ?

Peut-être…

13:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

08/09/2014

Zosio (114)

L’aventure de la rencontre amoureuse se poursuit par quelques découvertes significatives : étrangement le taux de veuvage est particulièrement élevé pour ces hommes en quête d’amour.  Aurais-je affaire à des psychopathes patentés ?  D’où vient cette épidémie de décès au sein d’une population de femmes plutôt jeunes encore ?

Ou, plus prosaïquement, nos « veufs » considèrent-ils simplement que puisqu’elle est partie, elle est morte pour eux ?

Autre constatation, nos hommes ne s’ennuient pas, ne se morfondent pas dans la solitude.

90 % de leur activité sur le site de rencontres se situe en semaine, soit depuis leur travail en journée, soit depuis leur domicile, en soirée.  Et quand le WE arrive, ils ont disparu !  Ils feront une brève apparition dimanche matin, se relevant d’une sortie magistrale du samedi soir, avant de repartir vers d’autres « activités sportives » après le brunch dominical.  Ces hommes sont libres d’enfin pouvoir sortir à leur guise, pourquoi resteraient-ils enfermés devant leur écran, tentant de converser avec des salopes qui n’ont comme envie que de brider leur plaisir ?  Mais que non !  Et c’est tout à fait légitime, autant passer une partie du WE avec une salope qui cherche à s’envoyer en l’air sans autre objectif avoué.  C’est étrange, ils me racontent que la plupart des femmes ne cherchent que « ça », est-ce pour justifier leur propre attitude ou est-ce vraiment le cas ?  J’avoue que je ne regarde pas les profils féminins, mais un ami m’a raconté un jour qu’il avait retrouvé la même femme avec différents profils, affichant des photos assez subjectifs.  Pourquoi pas d’ailleurs, l’attrait de la jouissance n’est pas une exclusivité masculine, non, je ne vais pas devenir sectaire ou castratrice.

Et le Jules ? 

Non, je ne l’ai toujours pas rencontré, mais l’avancée est conséquente : dans un mail (très court chaque fois, une seule phrase allant à l’essentiel), il m’indique qu’il aime être dominé !

Je l’imagine en Juge de tribunal, avec son déguisement noir, son écharpe garnie d’hermine, et moi le fouettant en le traitant de chien bâtard, putain de sa race !

Puisqu’il en est ainsi, et que mon frère de cœur partage une partie de sa vie avec une escort girl de luxe, j’ai parfois entendu parler de ce type de personnage, des insultes qu’ils aiment subir, de la soumission qu’ils aiment affecter, je vais donc approfondir le sujet. 

Dès la réception de ce message, je pars dans son sens :

-        Mais je te domine déjà puisque c’est moi qui décide !

Je sais maintenant qu’un dialogue d’humain n’est pas à l’ordre du jour, je continue en lui donnant mes ordres :

-        Tu viendras samedi à 14 h, à tel endroit, et comme je ne t’ai jamais vu, tu me diras « Bonjour Maîtresse », je saurai ainsi qu’il s’agit de toi.  Selon mon premier regard, ma première impression, je déciderai de la suite à donner à cette rencontre.

Pétard mouillé, il me répond :

-        Je ne peux pas, j’ai mes enfants ce WE !

J’aurais pu rétorquer qu’il n’avait qu’à prendre une baby-sitter, mais non, je ne suis pas encore habituée à ce type de maso.

Et il m’envoie encore un petit mail :

-        Oh Maîtresse, j’adore ça !

-        Merci Maîtresse !

Pour ce que je sais de ces hommes, ils ont des positions sociales importantes de décisionnaires, c’est pourquoi j’ai fait de Jules un Juge au tribunal, j’en apprendrai sans doute plus quand je le rencontrerai.  Est-ce pour cette raison qu’ils éprouvent le besoin de subir les décisions d’une femme ?

Bon, puisque nos enfants ont des WE inversés, je vais donc le convoquer à un autre rendez-vous durant la semaine, en soirée…

11:06 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

03/09/2014

Zosio (113)

Mardi, les échanges avec le danseur de salsa se sont faits de plus en plus explicites : s’il fait chaud, tu me reçois en sous-vêtements ?  Nue sous ton trench coat ?  Tu as des chaussures à hauts talons ?  Aimes-tu les hommes complètement rasés ?  J’ai envie…

Bref, il est clair qu’il cherche une professionnelle en vitrine mais qu’il croit la mériter gratuitement !  Je lui envoie quelques mails de réflexion à ce sujet, sa réponse est sibylline : « Je pense comme toi ».  Surtout ne pas se mouiller !

Je sais, ma rencontre avec un pédophile, lorsque j’avais trois ans, m’a marquée au fer rouge, et plus d’une fois je me suis comportée comme une putain avec les hommes, parce que c’est ce qu’ils attendaient de moi, parce que je ne pouvais m’accorder aucune valeur en terme de respect de moi.  Mais aujourd’hui, alors que je me reconnais enfin le droit d’exister en tant que femme « aimable », dois-je encore succomber à l’insulte ?

C’est décidé, je le recevrai habillée avec classe, soignée comme je le suis généralement, sans ostentation.  Il me rencontrera telle que je suis et non telle qu’il voudrait me voir.

Il joue le clandestin en frappant discrètement à ma porte pour s’annoncer.  Le moment du regard est là, derrière la vitre sablée… et …  c’est le ratage total !  Il est d’une laideur à faire peur, un pif gros comme une patate, rouge et piqué, comme un buveur de mauvaise piquette.  Ses lèvres sont tellement minces qu’on se demande s’il a des dents, ses yeux sont à peine ouverts, fines fentes qui n’arrivent pas à cacher le vice qui s’y reflète malgré lui.  Il est torse nu sous une parka, tel que je lui avais suggéré dans son jeu.  Il se peut qu’il porte un string léopard comme je lui avais suggéré, sous son pantalon, mais je n’irai pas vérifier !

Il veut m’embrasser tout de suite, m’enlacer.  Je le tiens à distance.  Sans doute est-il prêt à me sauter sur la table du living ?  Plus je sens sa chaleur, plus la distance s’installe. 

L’impossible rencontre m’a sauté aux yeux en ouvrant la porte.  Je l’emmène au jardin, il boit une eau pétillante et tente de me convaincre que je dois vivre mon plaisir avec lui, que je dois m’ouvrir à la vie au jour le jour, le discours typique des mecs qui veulent tirer un coup avant de se tirer !  Mais même si j’avais envie de tirer un coup, il ne ferait pas le poids, même dans le noir !  Je le congédie très vite, il ne demande pas son reste et repart la queue entre les jambes.  J’ai suggéré de modifier mon profil meet machin et de tarifier mes prestations, ce qui le ramène de suite à son statut de consommateur de professionnelles du sexe.  Il ne me manquerait que mon néon rose…

Soulagée après son départ, je retourne voir sa photo du site : était-ce lui ?  Comment une telle différence est-elle possible ?  Et ses 43 ans ?  Comment est-il possible d’être si laid à un âge où j’étais encore dans la fleur de l’âge ?

Je me précipite chez Papé pour lui dire à quel point le rendez-vous fut un fiasco retentissant. 

Que ce mec retourne à ses films pornographiques et se contente de ses deux mains pour se donner du plaisir !  Mes mains à moi, je les utilise pour gratter la terre de mon jardin, mes yeux me servent à regarder pousser mes fleurs…

Puis, il y a l’autre : Jules !  39 ans.  Depuis samedi il me poursuit, mais plus direct, il expose clairement son unique envie : me sauter !  Son profil n’expose pas son image.  Je le remets à sa place gentiment : va jouer aux billes gamin !  Mais il insiste, sans vulgarité.  Pourquoi s’intéresse-t-il aux femmes « mûres » ?  Parce qu’elles sont plus détachées, plus libérées, plus « coquines »…  Tout un programme !

J’efface ce profil des visiteurs, ce n’est pas ce que je recherche.  Lundi soir, il revient à la charge.  Je voudrais approfondir ces élans que je provoque par ma simple vue en images, je continue le débat par mail, sollicitant une photo.  Il refuse, c’est un homme public !  Il me demande mon numéro de GSM.  Dès qu’il l’a reçu, il m’appelle.    Sa voix est belle, son intonation agréable.  Il m’expose très clairement son objectif : « je veux que tu mouilles rien qu’à entendre ma voix ».  Poète en plus !  Et son métier, c’est dans « la Justice » avec un grand « J », pas avocat, non.

Je lui propose de m’offrir quelques jours de réflexion tout en reconnaissant qu’il a au moins l’avantage d’être direct, pas comme l’autre danseur de salsa.

Je l’ai recontacté pour lui proposer une rencontre sans engagement en préalable indispensable pour juger d’une potentielle attirance physique de ma part…

Wait and see.

Et encore : Eric !  Son annonce semblait correcte, nos échanges ont avancé petit à petit via flash, favori, quizz, et enfin, le mail.  Il m’annonce tout de suite que c’est la sensualité qui l’intéresse en premier lieu.  Pourquoi ne pas utiliser le mot précis « sexualité » ?  Et si le cul fonctionne, peut-être qu’une relation sur la durée peut être envisagée.  Je lui demandais quelles étaient ses priorités…

Ejecté !

Bilan d’un mois de tentatives de rencontres : j’ai rencontré les amateurs de professionnelles du sexe qui sont frileux du portefeuilles, les largués qui sont malheureux parce que personne ne s’occupe plus de leur linge sale, parce qu’ils ont un cancer et espère trouver une infirmière pour leur tenir compagnie et les soigner, les chômeurs et alcooliques (pas forcément liés), qui ont besoin d’un logement décent, les papas célibataires avec ados gentils comme tout, les retraités ventripotents, à la mine défaite, aux oreilles et tarin gonflés, qui pour paraître encore plus avachis laissent pousser leur barbe blanche, ce qui ajoute une touche complémentaire à l’âge déjà bien marqué qu’ils affichent.

08:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)