25/02/2014

Zosio (89)

 

Il est des personnes qui ne se découragent jamais.  Ma voisine en fait partie.

 

La semaine ne peut se terminer sans qu’elle revienne à la charge, et cette fois-ci, elle appelle la police, après avoir longuement regardé ma toiture accompagnée d’un homme d’environ son âge.  Aurait-elle un petit-ami ?  Le pauvre, il va devoir subir sa tyrannie, mais peut-être est-il masochiste ?

 

Je suis à la maison ce jour-là.  Toujours à torchonner, et il y a matière à.  Je croise un des ardoisiers courant dans les escaliers appeler son collègue à l’œuvre dans le grenier :

 

  • La police est là !  Elle va m’entendre cette fois-ci la voisine !

 

Insidieusement, j’ouvre la porte.  Une femme agent de police accompagnée d’un collègue écoute les doléances de la dame en grandes explications. 

 

Elle me demande l’autorisation d’entrer.  C’est avec un plaisir non dissimulé que nous l’invitons à venir se rendre compte du délire qui taraude la voisine.  En passant dans le living, elle se présente : elle est notre nouvelle agent de quartier !  Tiens donc !  Ils ont enfin compris que le précédent nous menait en bateau ?  Et elle a la tête bien accrochée sur les épaules.  Je lui glisse le règlement communal concernant l’interdiction d’utiliser les trottoirs pour n’importe quel dépôt dont les pots de fleurs.  Elle apprend alors l’origine de ce différend et le harcèlement dont la voisine nous gratifie presque jour et nuit.  Elle saisit immédiatement la situation et accepte spontanément de lui transmettre l’article du règlement.  Dans le grenier, elle constate sans prendre de mesures, ni faire de longues études architecturales, que les murs sont complètements tordus et ne suivent aucune logique de perpendicularité, c’est donc en toute logique parfaitement normal que cela se marque à l’extérieur.  Elle ajoute même que c’est tout à l’avantage de la voisine puisque nous protégeons une partie de « son » mur.

 

Elle nous quitte et entre chez la voisine qui jubile déjà du plaisir qu’elle ressentira d’apprendre les irrégularités que fourbissent mes ardoisiers…

 

Quelle déception a-t-elle du ressentir, la voilà attaquée pour sa mauvaise foi, et de plus, elle apprend qu’elle est dans l’illégalité avec ses pots de fleurs !

 

Elle appelle à son secours sa fille qui déboule comme une furie, se gare à l’épicerie qui ne dispose que de deux places de stationnement pour ses clients, traverse la route d’un pas de militaire en manœuvre et entre chez sa mère, elle doit voir de ses yeux la vérité, trouver la faille, ne pas admettre qu’elle a eu tort.

 

Mais rien ne joue en sa faveur, elle repart la queue entre les jambes, et depuis ce jour béni, j’ai la paix !  Enfin !

 

Pour combien de temps ?  Je l’ignore.  Gageons que le bras de fer va se poursuivre à chaque occasion qui se présentera. 

 

Toujours est-il que les pots de fleurs sont toujours là, attendant la maladresse d’un conducteur du voisinage. 

 

Tous les habitants sont au courant de ce scandale avorté, de la règlementation en vigueur et des droits que nous avons tous.

 

Personne n’est enclin à sympathiser avec cette femme, que du contraire.  Et moi, je suis maintenant connue partout comme porte drapeau de quartier.  Si je m’ennuie, je pense que je pourrais me lancer en politique aux prochaines communales…

 

Ah qu’il fait bon vivre au village !!!!

 

 

 

17:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

18/02/2014

Zosio (88)

 

 

La vie devient impossible pour ma pauvre voisine !

 

Elle a maintenant deux rues à surveiller : en façade là où la grue travaille et transporte du matériel par-dessus mon toit, mais également la petite rue latérale dont elle tient à régenter le stationnement de tous ces malotrus qui veulent utiliser la place qu’elle destine à sa fille lorsque celle-ci vient lui rendre visite.

 

Pour plus de facilité, elle ouvre une partie de ses rideaux, mais elle s’attarde aussi, de plus en plus longuement, dans la rue.

 

Un ouvrier, par mégarde, a cassé un de ses pots de fleurs.  Il l’a tout de suite jeté dans le camion, au milieu des détritus à évacuer.  Son patron se moquait de sa panique à l’idée de subir la vindicte de la voisine en furie.

 

Elle s’est sûrement aperçue de l’absence d’un pot au milieu de ses petites plantes qu’elle aime tant, mais n’en a accusé personne directement.

 

Un soir, le repas terminé, déjà en tenue de soirée décontractée, la sonnette retentit dans le hall.  Le Papé m’interroge du regard, j’en fais de même.

 

Surprise de taille lorsque j’ouvre ma porte et aperçois madame ma voisine qui ne me parle plus depuis la mésaventure de son pot de fleurs écrasé par mes soins.  D’une petite voix fluette elle tient à m’entretenir de ses récriminations au sujet de mon toit mitoyen du sien :

 

  • Je voudrais que vous disiez aux couvreurs qu’ils doivent changer ça, vous avez vu ?  Ce n’est vraiment pas esthétique, ça ne va pas du tout.

  • Vous serez aimable de leur dire ça demain, je ne serai pas là, et je n’ai rien remarqué de particulier.  Bonsoir.

 

J’ai tout de suite le regret de ne pas lui avoir demandé de mettre ses doléances par écrit afin de les leur transmettre.  Une nouvelle collection s’imposerait, ses petits mots adressés à ses voisins…

 

Je préviens le patron par mail le soir même, et dors du sommeil du juste jusqu’au matin.

 

Durant la matinée du lendemain, mon ardoisier patron m’appelle.  Il tient à me faire partager son fou-rire, elle l’a appelé car il n’est pas venu personnellement sur le chantier, et après avoir invectivé les ouvriers qui l’ont envoyée paître sans ambages, elle devait pouvoir défouler sa rancœur sur quelqu’un.

 

Auparavant, elle avait déjà appelé le service urbanisme de la ville.  Ceux-ci lui avaient certifié que le chantier se déroulait dans le plus parfait respect des règles urbanistiques en vigueur, mais comme elle insistait, ils lui ont conseillé de s’adresser au service de la police locale pour que l’agent de quartier vienne confirmer qu’il n’y avait absolument rien à redire quant à mon chantier.

 

Sentant le ridicule la guetter, elle s’est donc adressée au patron, tentant de le fléchir à sa cause, et surtout expliquant mieux à ce dernier son véritable souci d’esthétique :

 

  • Mais ma maison va en être dévalorisée quand les travaux de Mme Zosio seront finis !

 

Et voilà, elle a lâché le morceau !  Son problème est donc l’envie, la jalousie, la peur d’une « infériorité » apparente aux yeux des idiots qui jugeraient en fonction de l’avoir plutôt que de l’être.

 

Bien sûr, mon homme de l’art lui a de suite proposé un devis pour la réfection de son toit de manière à rester en accord avec la nouvelle fraîcheur du mien, mais elle a décliné l’offre parce qu’elle n’en a pas les moyens.

 

Attaque loupée !

 

Mais l’histoire ne s’achève pas ici…

 

15:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

12/02/2014

Zosio (87)

Les fêtes approchent, synonymes de trois semaines de congés (pour moi).  Les premiers « avertissements » de stationnement illégal agrémentent les voitures garées à l’avant, à proximité de la chaussée principale, là où elles n’ont jamais dérangé personne. 

 

J’en fais les frais.  Durant trois mois, je m’abstiendrai de choisir cet endroit même s’il est face à ma maison et qu’il dispose d’espace libre.  Successivement, mes voisins subissent le même sort, nous nous disputons d’autant plus les places de la petite rue J.  Ma voisine n’en est que plus dérangé puisque ses pots de fleurs ne sont décidément pas dissuasifs.

Sa sympathique fille s’arrête maintenant devant la maison maternelle, en façade.  Elle n’y reste pas suffisamment longtemps que pour être sanctionnée.

 

Lors d’une de mes visite à la pharmacie, j’apprends que le jeune homme qui y officie a croisé l’agent de quartier le long de la Meuse, il lui dressait un avertissement parce qu’il abimait le gazon du parc (fréquenté par les seuls propriétaires de chiens qui ne ramassent jamais la moindre déjection), et qu’en plus il a une jeep, donc un véhicule qui est plus lourd qu’une petite voiture (les pénalités sont donc distribuées à la tête du client, en fonction de la cylindrée). 

 

Le feu couve dans le quartier.  Que se passe-t-il pour que soudainement nous soyons surveillés de la sorte ?

 

L’agent de quartier ne donne aucune suite à ma seconde lettre.  Je dois pouvoir trouver cet article du règlement communal moi-même.  Oui, effectivement, sur le site de l’entité j’obtiens ce que je cherchais, il est strictement interdit d’occuper les trottoirs que quelque manière que ce soit, et lors des manifestations particulières, une autorisation doit être obtenue, et un droit d’occupation sera perçu par la commune.  Je le tiens mon papier !  Mais je ne vais pas m’en servir maintenant car…

 

Lorsque janvier tire sur sa fin, mon chantier de toiture commence…

La grue indispensable est partiellement posée devant la maison de ma voisine, et le tas des bois de charpente est disposé le long de la paroi latérale de sa maison dans la rue J.  Le jour même elle s’inquiète de connaître la durée du chantier, mais surtout le temps que l’espace qu’elle estime sien, soit toute la longueur du trottoir et de la route le bordant, serra encombré d’objets qui ne lui sont pas personnels.  Sa grimace exprime son sentiment lorsqu’elle apprend que les bois passeront au moins la nuit à cet endroit.

  • Et où va se garer ma fille alors ?

Les ardoisiers sont tout de suite au parfum au sujet de la bonne entente qui règne entre nous, et ce premier contact avec elle présage du pire.

 

La précipitation avec laquelle les travaux ont commencé ne nous ont pas permis d’obtenir dans les temps l’injonction de police nous autorisant à bloquer la rue B.  Si elle l’avait su, sûre qu’elle nous aurait déjà fait déplacer la grue chaque soirs et matins, mais une semaine plus tard, nous avions le document à afficher.

 

Nous avons même eu plus…

 

Un tout nouveau panneau d’interdiction de stationnement art.00 du 00. Au départ de la rue J !

 

Personne ne l’aperçoit directement, ce sont les ardoisiers qui me l’ont fait remarquer car l’agent avait déposé un mot sur le tas de bois précisant qu’ils devaient laisser 3 mètres de largeur de route au minimum.

 

Décidément, l’agent de quartier a pris ses quartiers chez nous !  Il est vrai que nous devons dégager un sentiment de menace permanent pour une certaine personne du coin de la rue qui a maintenant bien du mal à surveiller ses pots de fleurs d’un côté, et une grue de l’autre !

 

Le feu a assez couvé, maintenant il flambe tout sur son passage. 

 

Je parle avec quelques personnes concernées, et, étonnamment, toutes me disent d’un coup de menton :

  • Ça vient de là ?  dirigeant leurs yeux vers la maison de ma voisine.

Ainsi donc, elle ne s’en prend pas qu’à moi ?

 

Non, elle a la haine pour tous !  J’en ai maintenant la confirmation.  Nous parlons d’une pétition, je suggère de la prendre en charge.

 

Je rédige, je prépare les documents à faire signer, j’ameute les deux commerces locaux outrés par le panneau certes, mais surtout par la dame qui est arrivée en quelques mois à se mettre tout le monde à dos.

 

Mes visites chez les gens du voisinage sont très bien accueillies, nous en profitons pour faire connaissance, et c’est ainsi que j’apprends les détails de la méchanceté très appliquée de ma voisine.

 

Les signatures remplissent les feuilles, le pharmacien est démonté, et surtout nous sommes choqués que cette décision aie été prise sans la moindre concertation, sans qu’aucune alternative ne nous soit proposée, simplement parce qu’une femme manifeste son exaspération maladive de vivre en société.

 

On en parle ! 

 

On en parle tellement de la pétition que l’administration doit en avoir eu vent, et ça sent le soufre maintenant…

 

Un petit responsable local explique à la pharmacie que nous pouvons continuer de nous garer dans la rue J à condition de conserver 3 mètres de large pour le passage dans la rue.  Nous sortons nos mètres et mesurons : c’est le cas partout où nous nous garons, sauf à l’endroit des pots de fleurs pour autant que l’on ne possède pas une micro voiture comme la mienne, une « Ka ».

 

Mais alors, pourquoi le service des travaux ne trace-t-il pas une ligne frontière délimitant l’espace que nous devons garder pour les interventions de secours ?  Pourquoi notre rue est-elle la seule pénalisée alors que plus de 50 % du village est desservi par des ruelles encore plus étroites où pourtant les riverains stationnent chaque jour sans être poursuivis ? 

En attendant, ma voisine a eu ce qu’elle voulait, elle doit donc trouver un nouvel os à ronger.  Lequel ?

 

Facile !  Mon toit !

21:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)