20/05/2014

Zosio (100)

De retour de mon périple en France et mes retrouvailles avec mon grand amour de jeunesse, presque d’enfance, tellement j’étais jeune encore…

Fantasmes envolés, mais baume au cœur : l’amour peut durer !  Je l’ai vu, ils respirent d’amour l’un pour l’autre, ils ont la sensualité à fleur de peau, ils forment une équipe soudée à tous les niveaux puisqu’ils partagent non seulement leur vie de famille, mais également professionnelle, bref, ils représentent tout ce à quoi j’aspirais !

Et puis, j’ai appris beaucoup de détails sur cette époque et sur sa vie à lui durant notre amour de folie : il est le fils d’un industriel, cinquième des sept enfants, le « mouton noir » comme il se décrit, celui qui a été sacrifié pour tenir compagnie à son frère atteint de la polio, qui a subi de nombreuses opérations pour lui rendre un minimum de mobilité.  Le lien qui s’est tissé entre eux est indestructible, les deux doigts d’une même main.

Elle, étrangement elle me ressemble, une femme élancée sur ses longues jambes, insouciante, légère, et pourtant les pieds sur terre, dans les bilans financiers, dans l’implication administrative de leurs affaires, dans le souci de le séduire chaque jour, une mère attentive pour leurs deux enfants maintenant installés en Belgique et indépendants.  Une femme qui a su patienter pendant qu’il partait de longues semaines en chantier au loin parce qu’ils sont indépendants et qu’en fonction de leurs besoins, ont dû accepter, parfois, d’être séparés pour survivre et faire face aux études des enfants. 

Il a grandi avec une nurse, un père absent, une mère présente qui se partageait entre ses sept enfants.  Ses enfants ont connu un père attentif, éducatif, dur et tendre à la fois mais surtout présent et attentionné, encore maintenant qu’ils ont quitté le nid.

Effectivement, l’amour peut survivre au temps qui passe.  Mais comme il me l’a dit, il faut le remettre en question lorsque la donne change, ce qui fut leur cas au départ des enfants, ils ont parlé, ont réfléchi au sens de leur vie et à la richesse qu’ils voulaient lui conserver alors qu’ils se retrouvaient à deux.  Leur relation a repris comme à leur rencontre : seulement un couple et une équipe de travail.  Le partage d’un même atelier en journée, d’un même lit et d’une même table hors de l’atelier.

Plus de trente années sans même penser à déraper…

Evidemment ça ne m’arrivera pas.  On ne refait pas sa vie, on la continue seulement…

Alors, mon baluchon sur l’épaule, j’ai repris la route du retour.

J’ai vu un miracle, je sais que je suis passée à côté de la vie dont je rêvais et que jamais je ne rattraperai le temps perdu.

J’éprouve un étrange sentiment épicé d’admiration et de tristesse.  La nostalgie qui m’a emmenée là-bas a disparu cédant le pas à une conscience accrue de ma solitude et de mon isolement affectif.

Je ferai avec et retrouverai l’envie de construire rien que pour moi et mon fils…

 

10:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

30/04/2014

Zosio (99)

C’est la course constante, tellement de charges actuellement, celles que j’aime, celles qui correspondent à des obligations que je me fixe.  Le besoin de lever le pied se fait sentir, et je vais le faire, dans une grosse semaine, je m’arrêterai pour une quinzaine professionnellement parlant.  Ça ne signifie pas le repos, mais le loisir d’entreprendre selon mon envie du moment.  Et aussi mon escapade en Provence durant 4 jours.

 

Je suis descendue de mon nuage, il n’est pas indiqué de rêver.  Non, ce n’est pas à 56 ans qu’on recommence tout à zéro, ça c’est pour les films et je ne veux pas me faire de film, d’ailleurs le zéro n’existe pas, il est immatériel, intouchable, inabordable.  Et l’histoire est tracée, elle est derrière.  J’ai des acquis que je ne veux pas perdre.  Je ne peux faire comme mon neveu et disparaître pour un ailleurs qui risque surtout de ne pas être meilleur.  Alors je fais avec ce que j’ai !  Et j’ai de moins en moins…  De temps d’abord, mais ça c’est valable pour tout le monde.  D’argent, et là j’ai eu une frayeur, ma carte a été refusée à la caisse d’un magasin !  C’est quoi ça ?  « solde insuffisant » ?  On rigole là ?  Et c’était vrai !  Je n’arrive plus à boucler un mois !  OK, en début d’année on a été diminué de 77 € nets par mois, mais quand même !  Plus qu’une solution : augmenter la participation de papy !  Il me l’a tout de suite proposé, même plus que ce que j’envisageais de lui demander.  Alors, maintenant il s’acquittera d’une participation pour services rendus (nettoyage des communs, lessives, déplacements multiples nécessaires au garnissage du frigo et des placards), bref, une participation plus équitable et une rétribution de mon travail qui jusqu’alors lui était offert gracieusement.

 

Il n’empêche, ça fait mal, je vais devoir me serrer la ceinture…

 

Et puis, pour changer de registre et me distraire d’une trop longue solitude sentimentale, je m’offre les services d’un sex toy humain de 38 ans !  Zut à la fin, depuis le temps que le Dam me tanne en me reluquant les fesses, j’ai cédé !  La chair est faible…  Mais j’ai immédiatement mis les points sur les i : pas de sentiment, pas de vie commune envisageable, non, rien que du plaisir physique de temps à autre.  Je suis célibataire, il l’est également, et ça ne doit pas changer (pour moi en tous cas).  Arrangement à l’amiable, et surprise au bout du compte : le plaisir n’est plus au rendez-vous !  Est-ce dû à ma sobriété ?  A l’absence de sentiment amoureux ?  Aux deux ?  Même plus moyen de m’envoyer en l’air ! 

 

En attendant, je vais consulter un ostéopathe, marre de mes douleurs articulaires !  J’ai du boulot qui m’attend moi !  Je ne suis pas prête à entrer au home, pas maintenant !  L’homme de la maison c’est moi, j’assume.  Mais je suis la femme aussi, et là, j’ai peut-être un double emploi envahissant.  Ah comme j’aimerais déléguer cette charge ritournelle quotidienne pour me consacrer à la création, à l’aménagement, au travail considéré comme lourd et qui provoque une bonne fatigue physique.  Mais non, il faut sans arrêt interrompre pour des balivernes : cuisiner,  s’occuper des animaux, nettoyer, ranger, trier, laver, repasser, coudre…

 

Dans ma prochaine vie je veux être mâle…

08:33 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

15/04/2014

Zosio (98)

Google je te remercie !

Lui, il l’a retrouvé, et j’ai su tout de suite que c’était lui !  Son métier d’art y est inscrit en toutes lettres.

Un premier mail plutôt neutre, de prise de contact lui est envoyé, et tout de suite, une réponse inespérée, un cri de joie, et une question : lui avais-je pardonné ?

Oh il me craignait, il croyait que j’étais en colère.  Son épouse me connait, elle a entendu parler de moi, sans doute que notre escapade en camping sauvage le temps d’une nuit a marqué sa famille au point que tout le monde sache et en parle.  Et il y a notre attachement réciproque qui est resté intact depuis 37 ans. 

Si, j’accepte son invitation, je vais lui rendre visite, dans un mois, en Provence où il vit et exerce sa profession depuis son retour de 5 années au Canada dans les années 80.  Il a deux grands enfants, il est heureux en ménage, il parait que sa femme est géniale, échange de photos d’hier et d’aujourd’hui.  Il était déjà très beau lorsque je l’ai rencontré, mais c’est pire encore aujourd’hui, le temps n’a pas de prise sur lui, et mis à part ses cheveux blancs (il était tout blond dans le passé), il resplendit et a conservé un corps et un port magnifique…

Oui, j’ai trouvé un homme normal !  Donc il en existe, mais ils sont mariés et heureux en ménage et se préservent des petites vieilles qui ont raté leur vie une fois, deux fois, trois fois, un nombre incalculable de fois au point d’être devenue des célibataires chroniques.

J’ai tout faux et ça remonte très loin dans le temps.  Il faut réussir du premier coup ou passer son tour à vie.

Je suis très impatiente de le retrouver, il est très impatient de me revoir.  Il fait partie de ma vie, comme je fais partie de la sienne.  Il m’admire beaucoup et nous restons en contact chaque jour, il m’appelle au téléphone, il est soulagé de comprendre enfin que je ne lui en ai jamais voulu, que je n’ai rien à lui pardonner.  Nous étions des enfants, nous nous sommes aimés intensément.  Nous avons été séparés.  Il a réalisé sa vie, il y a trouvé son bonheur.  J’ai réalisé la mienne, j’y ai trouvé quelques plages de bonheur, quelques chaos, lui non plus n’a certainement pas été épargné des soucis, mais il a tenu sur la distance et m’a déjà avoué qu’il n’avait pas profité de son atout charme et beauté, c’est donc qu’il est heureux en ménage et je mets un point d’honneur à ne pas porter atteinte à cette sérénité qu’il vit.

 

En conclusion, s’il en fallait une, je voudrais dire qu’il ne faut jamais hésiter à rechercher les personnes qui ont compté dans notre vie, simplement pour pouvoir leur dire qu’elles ont compté et qu’elles comptent encore.

Et puis, envie de dire à la jeune génération, celle qui en est aux premiers amours sincères, qu’elle vit un grand moment de son existence, qu’il est précieux, c’est un joyau à préserver.  Peut-être les parents d’aujourd’hui sont-ils plus respectueux des émois de leur progéniture qu’à mon époque.  Je l’espère de tout cœur.

Et encore, il faut parler, exprimer ses sentiments, prendre confiance en soi, ne pas se laisser bouffer par les complexes, oser parler de ses ressentis sincères.

 

Et cela me ramène au roman que nous avons écrit mon grand frère et moi, cet hiver.  Il a cherché ma sœur trop tard, et je n’ai pas voulu qu’il soit trop tard pour moi retrouver mon amour de jeunesse, j’ai déjà perdu tellement d’amis auxquels je n’ai pu dire au revoir, je vous ai aimé, vous étiez mes amis.  A l’heure qu’il est, à l’âge que j’ai, c’était une démarche importante, voir indispensable pour moi.

17:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)