22/05/2014

Zosio (101)

Journée de la pétition…

L’une de mes amies est fraîchement pensionnée et semble un peu désœuvrée par cette inactivité.  Vivant seule dans un minuscule appartement, en ville, elle passe sa journée sur son écran de pc. 

Au début, elle a suivi des cours d’anglais qu’elle a très vite abandonnés, les participants étaient snobs, et il ne s’agissait pas de conversation comme annoncé, mais d’un cours très scolaire.  Sa connaissance de la langue lui permet de voyager partout dans le monde, même de donner des cours d’alphabétisation.  Exit la sortie hebdomadaire !

Son employeur (asbl) a dû se séparer de sa secrétaire pour restriction budgétaire, elle va donc bénévolement aider en cas de besoin.

Et puis, elle milite !  C’est-à-dire qu’elle suit toutes les grandes causes : humaines, animales, environnementales, et même politiques.  Mais son militantisme se limite aux pétitions.  J’en reçois de plus en plus, rien que 5 en ce début de soirée.

Si au début, je lisais encore les revendications, aujourd’hui je clique « delete » tout de suite.  Je n’aime pas donner mon nom, mon adresse mail, afficher des opinions personnelles sur des sujets de controverse.  Le pistage qu’autorise internet me fait peur, et je crois savoir que ces multiples pétitions sont parfaitement inutiles.

Le Papé me demandait si je pouvais faire en sorte de ne pas les recevoir, mais si je place l’adresse de mon amie en spam je ne recevrai plus ses autres messages d’amitié, donc je me contente de trier, d’après l’intitulé du mail.  Il pensait que cette démarche me coûtait, que ça m’ennuyait d’être « importunée », mais non, ça ne m’atteint pas et je n’éprouve aucun énervement.  Je ne souhaite pas me compliquer la vie en demandant à mon amie de ne plus m’envoyer ces pétitions, et l’action de supprimer m’est devenue toute naturelle.

Mais pourquoi irais-je me compliquer la vie hein ???

20:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

20/05/2014

Zosio (100)

De retour de mon périple en France et mes retrouvailles avec mon grand amour de jeunesse, presque d’enfance, tellement j’étais jeune encore…

Fantasmes envolés, mais baume au cœur : l’amour peut durer !  Je l’ai vu, ils respirent d’amour l’un pour l’autre, ils ont la sensualité à fleur de peau, ils forment une équipe soudée à tous les niveaux puisqu’ils partagent non seulement leur vie de famille, mais également professionnelle, bref, ils représentent tout ce à quoi j’aspirais !

Et puis, j’ai appris beaucoup de détails sur cette époque et sur sa vie à lui durant notre amour de folie : il est le fils d’un industriel, cinquième des sept enfants, le « mouton noir » comme il se décrit, celui qui a été sacrifié pour tenir compagnie à son frère atteint de la polio, qui a subi de nombreuses opérations pour lui rendre un minimum de mobilité.  Le lien qui s’est tissé entre eux est indestructible, les deux doigts d’une même main.

Elle, étrangement elle me ressemble, une femme élancée sur ses longues jambes, insouciante, légère, et pourtant les pieds sur terre, dans les bilans financiers, dans l’implication administrative de leurs affaires, dans le souci de le séduire chaque jour, une mère attentive pour leurs deux enfants maintenant installés en Belgique et indépendants.  Une femme qui a su patienter pendant qu’il partait de longues semaines en chantier au loin parce qu’ils sont indépendants et qu’en fonction de leurs besoins, ont dû accepter, parfois, d’être séparés pour survivre et faire face aux études des enfants. 

Il a grandi avec une nurse, un père absent, une mère présente qui se partageait entre ses sept enfants.  Ses enfants ont connu un père attentif, éducatif, dur et tendre à la fois mais surtout présent et attentionné, encore maintenant qu’ils ont quitté le nid.

Effectivement, l’amour peut survivre au temps qui passe.  Mais comme il me l’a dit, il faut le remettre en question lorsque la donne change, ce qui fut leur cas au départ des enfants, ils ont parlé, ont réfléchi au sens de leur vie et à la richesse qu’ils voulaient lui conserver alors qu’ils se retrouvaient à deux.  Leur relation a repris comme à leur rencontre : seulement un couple et une équipe de travail.  Le partage d’un même atelier en journée, d’un même lit et d’une même table hors de l’atelier.

Plus de trente années sans même penser à déraper…

Evidemment ça ne m’arrivera pas.  On ne refait pas sa vie, on la continue seulement…

Alors, mon baluchon sur l’épaule, j’ai repris la route du retour.

J’ai vu un miracle, je sais que je suis passée à côté de la vie dont je rêvais et que jamais je ne rattraperai le temps perdu.

J’éprouve un étrange sentiment épicé d’admiration et de tristesse.  La nostalgie qui m’a emmenée là-bas a disparu cédant le pas à une conscience accrue de ma solitude et de mon isolement affectif.

Je ferai avec et retrouverai l’envie de construire rien que pour moi et mon fils…

 

10:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

30/04/2014

Zosio (99)

C’est la course constante, tellement de charges actuellement, celles que j’aime, celles qui correspondent à des obligations que je me fixe.  Le besoin de lever le pied se fait sentir, et je vais le faire, dans une grosse semaine, je m’arrêterai pour une quinzaine professionnellement parlant.  Ça ne signifie pas le repos, mais le loisir d’entreprendre selon mon envie du moment.  Et aussi mon escapade en Provence durant 4 jours.

 

Je suis descendue de mon nuage, il n’est pas indiqué de rêver.  Non, ce n’est pas à 56 ans qu’on recommence tout à zéro, ça c’est pour les films et je ne veux pas me faire de film, d’ailleurs le zéro n’existe pas, il est immatériel, intouchable, inabordable.  Et l’histoire est tracée, elle est derrière.  J’ai des acquis que je ne veux pas perdre.  Je ne peux faire comme mon neveu et disparaître pour un ailleurs qui risque surtout de ne pas être meilleur.  Alors je fais avec ce que j’ai !  Et j’ai de moins en moins…  De temps d’abord, mais ça c’est valable pour tout le monde.  D’argent, et là j’ai eu une frayeur, ma carte a été refusée à la caisse d’un magasin !  C’est quoi ça ?  « solde insuffisant » ?  On rigole là ?  Et c’était vrai !  Je n’arrive plus à boucler un mois !  OK, en début d’année on a été diminué de 77 € nets par mois, mais quand même !  Plus qu’une solution : augmenter la participation de papy !  Il me l’a tout de suite proposé, même plus que ce que j’envisageais de lui demander.  Alors, maintenant il s’acquittera d’une participation pour services rendus (nettoyage des communs, lessives, déplacements multiples nécessaires au garnissage du frigo et des placards), bref, une participation plus équitable et une rétribution de mon travail qui jusqu’alors lui était offert gracieusement.

 

Il n’empêche, ça fait mal, je vais devoir me serrer la ceinture…

 

Et puis, pour changer de registre et me distraire d’une trop longue solitude sentimentale, je m’offre les services d’un sex toy humain de 38 ans !  Zut à la fin, depuis le temps que le Dam me tanne en me reluquant les fesses, j’ai cédé !  La chair est faible…  Mais j’ai immédiatement mis les points sur les i : pas de sentiment, pas de vie commune envisageable, non, rien que du plaisir physique de temps à autre.  Je suis célibataire, il l’est également, et ça ne doit pas changer (pour moi en tous cas).  Arrangement à l’amiable, et surprise au bout du compte : le plaisir n’est plus au rendez-vous !  Est-ce dû à ma sobriété ?  A l’absence de sentiment amoureux ?  Aux deux ?  Même plus moyen de m’envoyer en l’air ! 

 

En attendant, je vais consulter un ostéopathe, marre de mes douleurs articulaires !  J’ai du boulot qui m’attend moi !  Je ne suis pas prête à entrer au home, pas maintenant !  L’homme de la maison c’est moi, j’assume.  Mais je suis la femme aussi, et là, j’ai peut-être un double emploi envahissant.  Ah comme j’aimerais déléguer cette charge ritournelle quotidienne pour me consacrer à la création, à l’aménagement, au travail considéré comme lourd et qui provoque une bonne fatigue physique.  Mais non, il faut sans arrêt interrompre pour des balivernes : cuisiner,  s’occuper des animaux, nettoyer, ranger, trier, laver, repasser, coudre…

 

Dans ma prochaine vie je veux être mâle…

08:33 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)